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[Interview] FùGù Mango : L’art de faire vibrer la musique traditionnelle sur les sons d’aujourd’hui

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Ce jeudi 23 novembre, le trio belge prenait ses quartiers au Palais 12 pour faire la première partie du concert de Julien Doré. Rencontre.

 

Leur premier opus était fort, très fort. Surprenant même. Car autant pour ceux qui connaissaient déjà que pour ceux qui les ont découvert, Alien Love a su faire briller FùGù Mango au-delà des frontières du plat pays. En Belgique, en Allemagne, en Suisse et en France, le groupe enchaîne les concerts aux airs de fiesta traditionnelle rythmée par des sons d’aujourd’hui. Au lendemain de leur première partie du concert de Julien Doré sur la scène du Palais 12 et en plein préparatifs de leur live prévu à l’Ancienne Belgique en février prochain, Paris Match Belgique a rencontré le trio de FùGù Mango pour parler musique, voyage et nouvelles influences. De la pop à l’afrobeat, de l’Europe à l’Afrique, le groupe promet d’aller loin et de nous embarquer avec eux.

Paris Match : Quoi de neuf depuis la sortie de votre album Alien Love ?

FùGù Mango : Beaucoup de choses ! Jusqu’à présent, on a reçu d’excellents retours sur l’album, autant en Belgique qu’en Allemagne et en Suisse. La France commence elle aussi à s’y intéresser tout doucement, donc on est ravis et on va continuer à donner le maximum dans la promotion du disque. Actuellement on prépare quelques dates, notamment à Paris. On prépare aussi un nouveau clip pour l’année prochaine et on envisage une tournée en Afrique (Bénin, Togo, Ouganda et Rwanda) dans le courant de l’année prochaine. On est en train de mettre pas mal de choses en place qui sont de superbes perspectives pour la suite.

Vous enchaîniez déjà les dates de concerts avant la sortie de votre premier album, comment ça se passe depuis ?

C’est beaucoup de travail, c’est clair. On apprend à s’adapter à un nouveau rythme professionnel avec des journées très chargées, des concerts qui s’enchaînent avec les tournées, etc. Contrairement à avant où l’on avait l’habitude de faire la fête après chaque concert, là on réalise qu’on ne peut plus se permettre certaines choses, sinon on ne chante plus. On fait de la musique dansante donc le boulot doit être très exigeant pour que l’énergie puisse passer. On se rend compte aussi que derrière l’image que l’on se fait de la vie d’artiste, il y a une autre réalité qui demande de s’impliquer à 100% et d’être concerné par ce que l’on fait.

Alien Love est un condensé de pop mondiale rythmé par des sonorités traditionnelles et acoustiques. Vos influences du moment sont-elles toujours les mêmes ?

Anne (chanteuse) : Pour ma part, les influences musicales ont pas mal changé avec le temps. Au début de FùGù Mango, j’étais encore très branchée rock. Aujourd’hui, je me rends compte que je suis plus intéressée par des styles que n’écoutais pas du tout avant, comme les musiques traditionnelles des îles ou les sons plus exotiques. Je ne me focalise plus exclusivement sur ce que j’écoute depuis toujours.

Vince (chanteur) : On s’inspire toujours de pleins de trucs, de l’afropop en passant par le maloya (musique traditionnelle réunionnaise) jusqu’aux sons des années 80, mais aussi des rythmes rap et hip-hop. Ce qu’on aime, c’est faire de la musique traditionnelle sur les sons d’aujourd’hui. En concert, c’est l’idée d’avoir un mélange entre une fête traditionnelle folklorique avec une ambiance « clubbing » d’aujourd’hui.

Quand on parle de FùGù Mango, on a toujours un peu de mal à décrire ce que c’est. Vous êtes quoi au juste ?

C’est vrai qu’il y a quelque chose d’un peu « indéfinissable » dans notre patte musicale. À la base, notre projet était totalement expérimental, surtout en live car on joue avec des percussions particulières, notre batteur ne joue pas comme un batteur traditionnel, on utilise des sons très personnels qu’on a créé nous-mêmes, etc. Du coup, forcément, ça ne ressemble pas à beaucoup de choses connues. L’idée, maintenant que l’on commence à se faire connaître, c’est d’aller vers quelque chose qui permette à plus de personnes de rentrer dans le délire. Si on fait quelque chose de trop hermétique, ce n’est pas bon.

Petit à petit, on essaye de rendre notre style plus lisible pour que les gens s’y raccrochent et qu’on puisse passer un chouette moment ensemble.

Évidemment, on garde notre singularité et notre originalité mais en y mettant un format de chanson un peu plus « pop » pour que les gens puissent mieux l’intégrer. Ce qu’on veut, c’est une mélodie de base avec les ingrédients sonores personnels qui viennent pimenter le tout.

(De g. à d.) Vincent Lontie, Anne Fidalgo et Jean-Yves Lontie, le trio des FùGù Mango dans la peau du groupe Velvet Underground, à Bruxelles le 21 novembre 2017. Direction artistique et stylisme : Eugénie Rittweger de Moor. Photo et coiffure : Nathalie Gabay – nathaliegabay.com. Maquillage : Noël Inocencio pour M.A.C Cosmetics – noel-inocencio.com.

Sur scène et en studio, c’est quoi votre leitmotiv ?

Depuis qu’on s’est lancés, l’objectif initial n’a pas changé. C’est de rechercher une cohésion avec le public, d’amener la fête aux gens et de les faire danser. Avec le temps, on a vraiment conscientisé ce truc de communion avec le public. Faire un show ça ne se fait pas tout seul. À l’époque, les gens ne nous connaissaient pas et étaient dans la pure découverte. On mettait quinze minutes à les apprivoiser, puis trente autres minutes pour qu’ils rentrent dedans. À la fin du show, ils étaient souvent encore en demande. Aujourd’hui, ils connaissent nos morceaux et sont en attente de quelque chose. On peut donc aller plus loin et se permettre davantage de choses pour les faire partir et déconnecter pendant une heure.

Où est-ce que vous vous voyez dans un an ?

On aimerait bien ressortir quelque chose très bientôt. Travailler cet été pour sortir un nouvel EP l’année prochaine, par exemple. Le prochain gros projet, c’est notre concert à l’Ancienne Belgique le 28 février prochain. On espère que ça se remplisse bien et qu’on puisse faire une vraie fête en préparant un super show, musicalement, mais aussi visuellement. On veut toucher le maximum de gens possible. Notre public s’élargit de plus en plus, particulièrement en Allemagne, mais aussi en Flandre où ça commence à prendre.

Jean-Jean (musicien) : Beaucoup de gens nous disent qu’en écoutant notre musique, ils ont l’impression de voyager. Pour continuer à faire vibrer le public, il faut donc qu’on voyage aussi un maximum ! En tous cas, on ne prévoit pas de faire une pause dans les mois à venir. Moi je suis un peu hyperactif donc si je sens que ça ralentit un peu, je ne vais pas hésiter à relancer une nouvelle idée ou un nouveau projet.

Vos prochaines destinations ?

Les États-Unis ? Y aller en vacances, oui, éventuellement (rires !). On est encore loin d’envisager d’aller travailler là-bas car c’est vraiment difficile. Ca peut être génial d’aller faire trois dates à New York, mais on est tout de même beaucoup plus attirés par l’Afrique, les îles et les petits festivals que le côté massif et urbain des États-Unis.

 

FùGù Mango sera en concert à l’Ancienne Belgique le 28 février 2018.

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