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Jon Hendricks, pionnier du jazz et maître du « vocalese », est mort

Jon Hendricks est mort à l'âge de 96 ans. | © Flickr : Richard Newhouse

Musique

La légende du jazz vocal s’est éteinte dans un hôpital de Manhattan. Il avait 96 ans.

Al Jarreau était un de ses admirateurs, Bobby McFerrin fut un de ses élèves : le chanteur et compositeur américain Jon Hendricks, une des toutes premières voix qui ont compté dans le jazz chanté, est mort ce mercredi 22 novembre à New York à 96 ans, a annoncé jeudi sa fille Michele sur Facebook.

Jon Hendricks, un des précurseurs du « vocalese » qui consiste à mettre en parole et en voix des solos instrumentaux de jazz, s’est éteint dans un hôpital de New York, a ensuite indiqué son agent, confirmant une information du New York Times.

Vocaliste hors pair

Spécialiste du scat, il s’était rendu célèbre dans les années 1950 avec le trio Lambert, Hendricks & Ross et l’album Sing A Song Of Basie sorti en 1957, une version vocale du big band de Count Basie.

Fils de pasteur, né à Newark, non loin de New York, le 16 septembre 1921, il a grandi à Toledo (Ohio), où il interprétait des spirituals à l’église. Vocaliste hors pair, il a 11 ans lorsqu’il chante à la radio avec le pianiste Art Tatum.

Engagé pendant la deuxième Guerre mondiale, il participe au débarquement en Normandie le 12 juin 1944. À son retour, il laisse tomber ses études de droit sur les conseils du saxophoniste Charlie Parker qui lui dit « tu n’es pas un avocat, tu es un chanteur de jazz », et part tenter l’aventure musicale à New York. Sa voix de ténor rauque qui n’avait pas le timbre suave d’un Frank Sinatra excellait par un sens aigu de la rythmique. Il a inspiré plus d’une génération de chanteurs jazz, de Mark Murphy à Tim Hauser, en passant par Dianne Reeves.

Jon Hendricks : Freddie Freeloader. © Flickr : Jazz Guy

Mémoire du jazz vocal

À la moitié des années 1960 il entreprend une carrière de soliste et accumule les professions : il travaille pour la télévision, devient critique San Francisco Chronicle, et même enseignant à l’université de Toledo, tout en continuant de chanter à travers le monde.

En 2000, Kurt Elling, l’un des grands chanteurs de jazz actuel, l’avait invité sur la scène du Green Mill. Tous deux s’étaient livrés à un morceau de bravoure sur le traditionnel « Goin’ back to Chicago ». Cette joute vocale figure sur l’album Live in Chicago de Kurt Elling.

– Avec Belga

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