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Le Soldat rose, une armée de bonbons auditifs à consommer en famille

Vidéo Musique

Après ses deux premiers épisodes, le Soldat rose clôt l’histoire là où tout a commencé : à l’usine. C’est Renan Luce qui endosse le costume du Soldat et la famille Souchon qui compose les musiques. Une association gagnante. Festive même.

22 novembre 2017. L’Olympia de Paris est plein à craquer. Les enfants sont impatients sous l’œil des parents. Ou l’inverse. Ou les deux. C’est que le Soldat rose, en trois éditions, a fédéré des générations de familles autour du destin de ce jouet de petit garçon qui n’avait pas la bonne couleur pour être dans la norme. Sur la scène parisienne, pour deux représentations seulement, tout le casting (sauf Zazie) est présent pour l’ultime volet de la saga écrite par Pierre-Dominique Burgaud. Après Louis Chedid et Francis Cabrel, c’est Alain Souchon et ses fils qui se sont collés à la composition des musiques. Renan Luce campe quant à lui le Soldat pas encore tout à fait rose qui le deviendra au fil du spectacle. Défileront sur scène Jean-Louis Aubert, Calogero, Olivia Ruiz, Laetitia Casta, Sandrine Kimberlain, Gaetan Roussel, Alain Souchon,… pour un spectacle présenté et raconté par un Edouard Baer au top de sa forme. Un moment de Noël quasiment pile un mois à l’avance alors que quelques pas plus loin les Galeries Lafeyette brillent déjà des mille feux de la fête.

Quelques jours avant, dans un hôtel bruxellois, nous avions rencontré Alain Souchon accompagné de ses fils Ours (Charles) et Pierre mais aussi de Renan Luce.

Le prequel du Soldat rose

Le Soldat rose, pour ceux qui n’auraient plus d’âme d’enfant depuis longtemps, c’est l’histoire d’un jouet qui se retrouve dans les rayons d’un magasin de jouets puis dans un orphelinat. Mais la question du « pourquoi il était rose » n’avait jamais été tranchée. Le suspens trop fort, autant au moins que le succès des deux premiers opus, a poussé son auteur à proposer une dernière livraison de l’histoire.Un prequel en quelque sorte.

Pierre-Dominique Burgaud, le maitre d’œuvre du Soldat Rose depuis les débuts,  a proposé des textes qui parlent tant à l’enfant qu’aux parents. « C’était ensuite très facile de proposer des musiques tellement les textes étaient bons », explique Alain Souchon. « Ce fut très agréable à faire comme travail », continue-t-il.  « Quand on a composé, on a travaillé pour que les mélodies soient chantables par les enfants et parlent aussi aux adultes. Elles devaient être simples », explique Ours. « Simples mais belles », insiste un  Alain Souchon festif à l’affut du moindre bon mot possible.

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Festifs, les quatre artistes le furent tout au long de l’interview. Bien que la longue journée de promotion touche à sa fin, les comparses s’amusent de devoir faire l’interview debout sur une table pour avoir assez de lumière pour les filmer. S’amuser, un fil rouge, un fil rose, que l’on retrouve dans tout le travail sur l’album, dans le livre et sur scène. Cette légèreté vient contrebalancer des sujets pourtant très sérieux comme l’enfance qui part (un superbe Alain Souchon sur A la fabrique), la différence qui exclut, la solidarité ou les familles que l’on se crée quand on n’a pas la chance d’en avoir une qui est présente. Mais aussi la difficulté de s’aimer et d’être aimé.  « Je pense qu’il faut s’aimer pour séduire, pour être aimé. Comment faire pour aimer si on ne s’aime pas soi-même », s’interroge Renan Luce face à  Alain Souchon se mettant à chantonner un futur tube improvisé « Aimer pour être aimé » qui ne dépassera le bar de l’hôtel bruxellois.

S’aimer pour être aimé

Autre sujet abordé sur  Le Soldat Rose à la Fabrique de jouets, les talents cachés de chacun. L’occasion d’apprendre qu’Alain Souchon est un as du coupage de bois et que Renan Luce est capable de marcher sur les mains sur une distance de cinq mètres. Car sans dévoiler l’insoutenable suspense du « pourquoi le soldat rose est rose », dixit Edouard Baer sur la scène de l’Olympia, il en faudra des talents cachés à chaque jouet pour que le soldat « pas encore tout à fait rose » ne finisse pas dans les oubliettes d’une usine sous le joug d’un terrible contrôleur qualité interprété par Gaetan Roussel très crédible. C’est que les chansons collent vraiment  à chaque interprète. Pourtant, comme l’explique Alain Souchon, « les musiques ont été faites avant le choix des interprètes et ce sont les interprètes qui ont donné leur patte à chaque morceau ».

Le soldat rose a donc connu son dernier épisode. Il en reste un livre et un CD enchanteurs qui peuvent se raconter, être racontés, chantés durant toutes les fêtes à venir et bien au-delà.

L’occasion aussi de (re)découvrir certaines voix de la scène française et de regretter qu’aucun « nouveau » nom ne soit de la partie. Renan Luce faisant quasiment office de benjamin du casting.

Petit plaisir supplémentaire qu’est la narration par Edouard Baer. Tant sur scène  (on ne peut que regretter que ce spectacle ne tourne pas) que sur l’album, le fond et la forme donnent envie de s’enfoncer dans un canapé bien chaud, un maximum d’enfants autour de soi et d’arborer un sourire taquin mais bienveillant en se transformant le temps d’une plongée au cœur des lignes de production de la fabrique de jouets en une tante ou un tonton « histoires ».

Et en quittant les Souchon et Renan Luce, on apprend qu’Alain Souchon est en train de travailler sur de nouveaux titres pour un album à sortir en 2018. C’était vraiment Noël en novembre.

Le Soldat rose à la fabrique de jouets –  BMG (DVD + livre + CD)

 

 

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