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Harry Fayt, l’homme qui photographie le stars belges sous l’eau

Typh Barrow prend la pause sous l'eau... | © Harry Fayt

Photographie

Son esthétique sublime les visages et les corps en mode subaquatique. Harry Fayt a fait du thème de l’eau l’élément central de son travail de photographe. Et ses modèles, anonymes comme personnalités célèbres, lui accordent sa confiance. Pour un résultat envoûtant.

Son livre Rebirth, aux nus magnifiques évoluant tels des sirènes, est paru cette année mais, pour l’heure, Harry Fayt expose à la Galerie Liehrmann de Liège dans une optique bien différente de ses séries habituelles, réflexion de toute beauté sur les arbres.

Le photographe reviendra pourtant bien vite à ses centres d’intérêt prioritaires, la mise en situation de personnalités belges avec « Heart Made In Belgium » ou encore la réinterprétation des grands thèmes de l’art avec « Modern Icons », poursuivant sa démarché étonnante au fond des piscines !

Kid Noize ©Harry Fayt

Né à Charleroi mais installé à Liège, Harry Fayt a exploré la photo sous différents angles : musique, cinéma, mode, bébés, famille… Jusqu’à trouver sa voie avec la photo subaquatique dans laquelle il excelle. Serait-elle sa quête aboutie ? « La photo subaquatique n’est ni une étape parmi d’autres ni une arrivée. J’ai voulu devenir photographe en feuilletant les magazines de mode à 15 ans. Mais je me suis orienté vers des photos de rock alternatif via un ami qui travaillait dans ce milieu. C’est en réalisant des photos de concert que l’envie de me consacrer à des personnalités m’a titillé. Encore fallait-il que je trouve un créneau original. En photographiant des bébés nageurs, j’ai eu l’idée d’effectuer le même travail avec des adultes que je pourrais mettre en scène. Le concept a pris forme. En 2012, j’ai eu l’occasion de collaborer avec Typh Barrow, et je rejoignais mon projet de photographier des personnalités belges. Le fait de réaliser des photos sous l’eau marque les esprits. Nous sommes peu nombreux et le champ des possibilités reste donc énorme. »

Au fond de la piscine

Un peu comme le ferait un réalisateur, le photographe est à l’affût de la moindre inspiration, imagine des mises en scènes, élabore un scénario. « Je plonge dans mon réservoir d’idées, je note toutes les possibilités qui se présentent à moi. Dès que je pense à un truc, je le répertorie dans mon iPhone : une photo, un coup de cœur dans un musée, un fait d’actualité…La plupart des personnes à qui j’ai proposé de les photographier sous l’eau ont accepté. »

S’ensuit une série captivante avec Pierre Kroll, Kid Noize, Jean-Luck Fonck, Stéphanie Crayencour, Nicola Testa… « J’ai toute une équipe avec moi : une maquilleuse, un à deux plongeurs, un assistant… Il s’agit de véritables petites productions qui peuvent prendre plusieurs jours. Je m’investis totalement, élabore les décors et les monte avec mes collaborateurs qui veillent également sous l’eau à rassurer les modèles et à leur sécurité. J’ai tourné une vidéo avec l’artiste Sidoine. Un procédé plus lourd mais que j’ai adoré et je compte bien tourner un court-métrage prochainement. »

La série Rebirth magnifie le nu. ©Harry Fayt

La démarche artistique d’Harry Fayt se perpétue aussi dans son studio de Liège, Heritage Studio, où il propose des portraits plus classiques de familles et de bébés. Mais la photo subaquatique prend de plus en plus le pas sur ses autres activités. « Je travaille essentiellement à la piscine de Waremme car j’y ai mes habitudes. Cela peut arriver qu’on se rende ailleurs, chez un client ou même à Nemo 33 à Bruxelles, le jour où nous avons eu besoin d’une très grande profondeur. » Le photographe n’en finit pas de susciter l’enthousiasme et bénéficie du fervent soutien de Wallonie-Bruxelles International WBI.

Je vis une renaissance par l’eau

La famille, les bébés, les grossesses, et un livre Rebirth, référence à la renaissance d’un artiste en quête perpétuelle et à la peinture de la Renaissance italienne. La démarche apparaît cohérente. « Mes toutes premières photos engagées en tant qu’étudiant étaient des photos de césarienne qui avaient pas mal bousculé à l’époque. La boucle est bouclée et je vis une renaissance par l’eau. Mon rapport à l’enfance est joyeux, j’ai grandi entouré par des parents très aimants. Je n’ai pas de réelle nostalgie car je suis resté un grand enfant. Disons que j’ai eu une longue adolescence ! J’ai toujours été quelqu’un de très passionné. Fils de boulangers, j’ai vu mes parents travailler dix-huit heures par jour. Sorte d’électron libre, j’avais décidé que je ne ferais que ce qui me plairait. J’ai pourtant multiplié les petits boulots avant de percer. Dès que j’ai pu élaborer mon propre projet, j’ai commencé mes photos de bébé en 2005. J’ai déménagé à Liège en 2006 où j’ai la plupart de mes amis. J’ai vécu une parenthèse d’un an aux USA en 2009, j’ai ouvert mon studio à New York, tout se déroulait à merveille mais des problèmes de visa m’ont obligé à rentrer en Belgique. Je me suis alors remis aux prises de vue sous l’eau. Je ne crois pas au hasard, si quelque chose rate c’est qu’autre chose de mieux m’attend ailleurs. »

Harry Fayt © DR

Quelle serait la définition d’un beau portrait pour ce photographe inventif ? « Pour beaucoup, il s’agira d’une photo incarnant l’âme et la beauté intérieure de la personne. Mais pour ma part, je préfère des portraits décalés et mis en scène plutôt qu’introspectifs. J’adore le travail de David Lachapelle ou Tim Walker. Mon rêve serait d’emmener dans mon univers Jean-Claude Van Damme et Benoît Poelvoorde ! »

Expo Arbres à palabres
jusqu’au 20 octobre Galerie Liehrmann à Liège.
www.harryfayt.comwww.galerie-liehrmann.be

En piste !
Coup de projecteur sur le travail de plusieurs
galeries et centres d’art de Liège. Harry Fayt figure parmi les
artistes contemporains mis en avant. 25 > 29.10.2019
laboverie.com/expos-evenements/les-prochaines-expos/en-piste

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Photos Liège
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