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Ce soir à la télé: Al Pacino en braqueur maladroit et dépassé

Dans ce film Pacino joue un personnage explicitement bisexuel. Ce qui est plutôt rare à l'époque. | © Belga

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Un bon vieux braquage de banque est au programme de La 5 avec le film Un après-midi de chien (20h55) réalisé en 1975 par Sydney Lumet. On y retrouve l’acteur américain en pleine forme et une critique sociale bien sentie.

 

Le film est un classique du cinéma américain. A cette époque, Al Pacino a déjà connu le succès avec Le Parrain et Serpico. Dans ce dernier film, il incarne un flic intègre aux méthodes modernes qui s’attaque seul à la corruption dans sa corporation. Derrière la caméra, on retrouve déjà Sydney Lumet. Le duo remet donc le couvert deux ans plus tard pour une nouvelle histoire basée sur des faits réels.

Des gangsters en herbe braquent une banque au coeur de New-York dans laquelle il ne reste plus beaucoup d’argent. Très vite, ils sont cernés par la police. Ils décident de prendre les employés et clients en otages.  Les médias accourent pour ne pas en rater une miette ainsi que le public. La machine s’est mise en route…

On est loin de l’image de braqueurs professionnels, déterminés et impressionnants de maîtrise. Al Pacino (Sonny Wortzik) est plutôt un bras cassé qui se retrouve très vite au milieu d’un sacré pétrin. Dans ce film Pacino joue un personnage explicitement bisexuel. Ce qui est plutôt rare à l’époque pour un acteur de ce statut.

Ce film est réussi pour trois raison au moins. La performance d’Al Pacino tout d’abord en anti-héros formidable adulé éphèmèrement par le public massé aux abords de la banque. On retrouve un acteur habité, qui déroule tout un tas d’émotions, de failles, de mystères, d’espoirs et de désespoirs… Une tragi-comédie du 20e siècle que Lumet porte à merveille à l’écran. Mais, ce ne sont pas que deux heures de cabotinage de Pacino. Il s’agit aussi d’une critique social des Etats-Unis et de ses médias qui ont le pouvoir des créer des mythes, de broyer un homme ordinaire, de n’en fairer qu’un pantin… On y aborde aussi ce voyeurisme malsain du public. Enfin, la mise en scène est riche et inventive pour faire de ce huis clos un film qui n’étouffe ou ne lasse pas.

Les programmes de ce lundi 01 avril 2019

 

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