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Jan Fabre accusé d’humiliation et d’intidimidation sexuelle dans une lettre ouverte

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Jan Fabre en janvier 2006. | © REPORTERS / Evy Raes.

Art et Scène

Après la lettre ouverte l’accusant de faits d’intimidation et d’harcèlement, Jean Fabre a réagi : « Ce n’était jamais son intention d’intimider ou blesser les gens psychologiquement ou sexuellement ».

Une vingtaine de collaborateurs et stagiaires de Jan Fabre ont dénoncé, ce mercredi, le comportement de l’artiste anversois mondialement connu. Dans une lettre ouverte publiée mercredi soir sur le site internet du magazine spécialisé dans l’art Rekto:Verso, ce collectif partage des faits d’humiliation et d’intimidation sexuelle.

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La tribune fait état d’activités photographiques semi-secrètes. L’artiste renommé y aurait invité des danseurs dans le cadre de performances d’art visuel, et sous couvert de ce prétexte, tenté un rapprochement sexuel. Certains danseurs se seraient vus offrir, après ces sessions, des sommes d’argent conséquentes. Qui les refusait voyait son rôle restreint, et s’exposait à des humiliations ou manipulations, indique les signataires, dont huit personnes ont apposé leurs noms, les autres personnes concernées gardant l’anonymat.

© Rekto:Verso.

Il est aussi reproché à Jan Fabre d’avoir humilié des femmes durant des répétitions à coup de « critiques douloureuses et souvent ouvertement sexistes »Une partie des signataires affirment avoir été victime de ces pratiques, une autre partie d’en avoir été témoin.

Interview polémique

Les auteurs précisent qu’ils ont rendu publiques ces révélations car les tentatives de dialogue avec Jan Fabre au sein de sa compagnie Troubleyn n’ont pas abouti. Les signataires s’offusquent également d’une interview durant laquelle l’artiste affirmait n’avoir jamais constaté de problèmes relatifs à des comportements sexuels transgressifs au cours de quarante ans de collaboration. Or, en deux ans, pas moins de six collaborateurs ont pourtant claqué la porte pour cette raison, signale le document.

L’artiste et Troubleyn réfutent les critiques sur le site internet de Rekto:Verso : « Nous ne forçons personne ici à faire des choses qui sont considérées pour l’un, l’une ou l’autre comme au-delà de ses limites ». Ils regrettent en outre qu’un procès soit mené dans les médias sans possibilité de se défendre et contestent tout comportement inapproprié.

« Ce n’était jamais son intention d’intimider ou blesser les gens psychologiquement ou sexuellement »

« Je sais bien qu’en tant que metteur en scène je peux paraître direct », a plus tard réagi l’artiste anversois dans un texte placé sur le site internet de l’ASBL Troubleyn. Il a cependant ajouté que « ce n’était jamais son intention d’intimider ou blesser les gens psychologiquement ou sexuellement. Celles qui affirment que j’ai franchi les limites, je les appelle à faire usage des procédures prévues. Je serai pleinement coopératif », a-t-il assuré.

Dans une nouvelle réaction, Fabre et sa troupe déplorent être victimes d’un procès « sans aucune plainte officielle préalable ». Des faits ont bien été rapportés par une danseuse la saison dernière, « mais elle a malheureusement refusé d’activer la procédure interne ou externe ». « La compagnie a tout fait pour aborder ce signalement d’une manière ouverte et objective », mais la principale intéressée n’aurait pas donné suite.

Troubleyn a indiqué sur son site internet « qu’une personne de confiance » a été désignée au sein de l’entreprise et que des procédures existent pour dénoncer tout comportement inadéquat. Par ailleurs, « une frontière claire est maintenue chez Troubleyn : tout est fait dans le consentement mutuel et le respect. Personne n’est forcé de faire quoi que ce soit qui serait vécu comme inacceptable pour lui ou elle ». Quand aux séances photo évoquées dans la lettre ouverte et décrites comme « semi-secrètes », qui auraient été mal vécues par certaines artistes invitées à y participer, il s’agit « d’un projet artistique connu de Jan Fabre », rétorque l’ASBL. Celle-ci dément aussi « fermement » tout système d’échange d’acte sexuel contre une performance en solo dans le cadre d’un spectacle.

Jan Fabre a, au cours de sa carrière, souvent créé des polémiques, notamment sur des thématiques périlleuses telles la nudité, la sexualité ou la scatologie. L’auditorat du travail d’Anvers a ouvert une enquête sur l’artiste flamand et sa compagnie d’arts de la scène Troubleyn, a indiqué jeudi l’auditeur du travail Pieter Wyckaert.

 

Avec Belga

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