Brigitte : « Plus on raconte l’intime et plus cela fait écho auprès du public »

Brigitte : « Plus on raconte l’intime et plus cela fait écho auprès du public »

Aurélie Saada et Sylvie Hoarau s’y entendent pour délivrer des chansons entre mélancolie et malice. | © Production

Art et Scène

Le duo de la chanson française s’est rencontré il y a 10 ans. Aujourd’hui, le public est toujours plus charmé par leur pop pétillante et sensuelle. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Aurélie Saada et Sylvie Hoarau s’y entendent aussi pour délivrer des chansons entre mélancolie et malice. La vie est un combat, dans un style fleuri et coloré.

 

Paris Match. Vous participez cette année au Festival des Libertés. Une jolie invitation ?

Aurélie Saada. Nous sommes ravies de participer à ce type d’événement qui offre un peu plus que de la musique et démontre que le débat social peut aussi inclure quelque chose de léger. La réflexion n’induit pas forcément la gravité.

Un certain engagement féministe s’exprime-t-il aussi dans vos chansons ?

Nous parlons de nos expériences personnelles de femme tout en proposant des chansons populaires et extrêmement sincères. Ce qui nous intéresse avant tout, c’est d’assumer la pluralité des paradoxes, de montrer une image bien plus complexe qu’on ne le pense. Nous voulons proposer, dans chaque album, une multitude de facettes.

Cet album a été, en grande partie, composé sous le soleil californien. A-t-il, de ce fait, une couleur particulière ?

Composer à l’étranger représente toujours une expérience à part. On a travaillé avec des musiciens américains, enregistré à Los Angeles, l’ambiance et la lumière si différentes de la France ont bien sûr influé sur l’esprit de l’album. Sylvie et moi profitons au maximum de nos voyages. C’était déjà le cas pour l’album précédent, nous étions rentrées très marquées par un séjour en Asie du Sud-Est et nos belles rencontres avec des femmes religieuses ébahies d’apprendre qu’on vivait de notre expression artistique. L’engagement se situe là aussi : profiter de ce qu’on vit et le transformer dans nos chansons.

Plus libres que jamais après 10 ans ?

Nous avons encore moins peur. Une vie, on en a qu’une, alors il faut se lancer. Nos failles, nos doutes, nos déboires, nous les embrassons pour mieux les partager. Nous pourrions passer pour des wonder women hyper fortes mais ce n’est pas du tout notre démarche. Plus on raconte l’intime et plus cela fait écho auprès du public. Sylvie et moi avons cherché notre terrain émotionnel commun tout en appréciant nos énergies et nos styles différents.

Justement, comment arrivez-vous à marier vos styles si complémentaires, notamment vestimentaires ?

En osant. Lors de nos premiers concerts, nous trouvions formidable l’idée de porter des robes à paillettes, ce qui se faisait peu à l’époque. Nous avions envie de raconter nos rêves de petite fille ! Nous ne suivons pas particulièrement la mode mais adorons jouer de notre image. La mode est plus un récit. Nous avons, par exemple, pioché dans les vêtements de ma mère, des robes des années 70 qui parlent aussi de notre vie et touchent à quelque chose d’authentique. Passionnée par l’image, je m’occupe de la scénographie, des photos et des clips de Brigitte. Et c’est tout aussi important que nos voix, nos textes et nos musiques. Tout a du sens.

Vos enfants, à toutes deux, participent aux chœurs de ce dernier album. Pour le plaisir de partager cette aventure commune ?

Il est beaucoup question de famille dans cet album. Mais nos enfants étaient déjà présents dans le premier, on entend notamment gazouiller ma fille aînée sur le titre « Battez-vous » et j’étais enceinte de ma deuxième durant la tournée. Cet été, c’était l’occasion de les avoir avec nous à Los Angeles et de leur proposer de chanter, ils se sont lancés sans hésitation. Nous n’avons jamais tenu à cloisonner nos vies, la famille fait partie de l’aventure Brigitte.

Brigitte, Nues, Sony Music En concert le 18 octobre au Festival des Libertés au Théâtre National à Bruxelles. Une affiche impressionnante avec Grand Corps Malade, Girls in Hawaï, Femi Kuti… Et aussi du théâtre. www.festivaldeslibertes.be
CIM Internet