Arié Elmaleh s’interroge sur le couple à la scène comme à la ville

Arié Elmaleh s’interroge sur le couple à la scène comme à la ville

arié elmaleh

Arié Elmaleh et Barbara Schulz. | © DR.

Art et Scène

Arié Elmaleh, le frère de Gad, poursuit son chemin avec bonheur, principalement sur les planches de France et de francophonie. En reprenant La Perruche, qu’il joue avec sa compagne, Barbara Schulz, il s’est pas mal interrogé sur lui, sur la famille, sur le fait d’être un homme. Et nous livre ses réflexions avant de jouer en Belgique en novembre à Bruxelles.

Un couple attend des amis pour dîner mais ceux-ci n’arrivent pas, prétexte à soulever nombre de questions. Lui d’une arrogance crasse, elle soumise mais s’affirmant à la longue. Dans La Perruche, on rit beaucoup et on grince des dents. Arié Elmaleh et Barbara Schulz ont osé relever le défi : se déchirer sur scène tout en s’aimant à la ville. L’empoignade verbale passera par Bruxelles en novembre.

Paris Match. Quel recul avez-vous aujourd’hui par rapport à cette pièce qui rencontre un très grand succès ?

Arié Elmaleh. Nous avons joué 140 représentations et la reprenons, après 3 mois d’interruption. On a laissé les personnages se reposer dans un petit coin de notre cerveau, pour aller les rechercher et les retravailler, avec beaucoup de plaisir. Mon personnage est fort, je joue un macho très sûr de lui, condescendant, un type qui pense avoir tout réussi dans sa vie parce qu’il a du fric. Mais il se rend compte que sa vie personnelle est un désastre. J’éprouve beaucoup de jubilation à interpréter un tel personnage, même si au début il m’effrayait un peu. Pourtant, au plus je me montre odieux avec Barbara, qui joue mon épouse, et plus le public rit ! On adore toujours, en tant que spectateur, se délecter des personnages détestables. Mais au-delà de la comédie, cette pièce soulève pas mal de questions quant au couple, au mensonge, au désir, à l’amour, à la fidélité… De quoi susciter des rires nerveux. On nous a dit que, pour certains, la pièce continue à la maison, une fois les spectateurs rentrés chez eux !

Comment fonctionne la mécanique du jeu entre deux partenaires à la scène qui le sont aussi à la vie ?

À présent que nous maîtrisons bien la pièce, nous sommes toujours tentés de nous faire marrer mutuellement. Certains soirs, je pousse encore plus le trait en me montrant odieux avec Barbara et je vois comme cela l’amuse et provoque chez elle une émulation. Du coup, elle aussi, dans son personnage d’apparence soumis, va chercher à m’amuser et me surprendre. Il existe une complicité assez exceptionnelle entre nous. Mais les débuts de la pièce n’étaient pas faciles car nous devions faire abstraction du fait que nous sommes ensemble dans la vie. Or, la pièce secoue de par ses interrogations sur le couple. Cette pièce nous effrayait mais nous avons réussi à nous libérer de ces questionnements pour ne garder que le plaisir de jouer.

“Certains soirs, je pousse encore plus le trait en me montrant odieux avec Barbara et je vois comme cela l’amuse ”. © DR.

Votre frère Gad, votre sœur Judith et vous-même partagez ce même amour de la scène et du jeu. Merci papa, mime amateur et féru de théâtre ?

Papa nous a fait découvrir le théâtre à travers ses spectacles. Mon frère et moi avons deux façons différentes d’aborder la scène. Il a un contact direct avec le public, joue avec lui, fait du stand-up. Pour ma part, je cherche à m’attacher à des personnages et j’adore raconter des histoires. Et comme notre sœur Judith est auteur, scénariste et metteur en scène, et travaille notamment sur les spectacles de Gad, les réunions de famille tournent beaucoup autour de la scène et du cinéma. Mais c’est un tel bonheur de partager cette passion !

Vous avez aussi fait de la mise en scène, des doublages de films d’animation… Quel sera la prochaine étape ?

Je fais beaucoup de photos. J’ai d’ailleurs un site, www.arieelmaleh.com Je fais aussi bien des portraits de gens du métier que dans la rue, genre Street Photography. C’est ma façon à moi d’être metteur en scène aujourd’hui.

Comme votre frère, vous venez souvent nous rendre visite en Belgique.

Je suis belge d’adoption, des amis m’ont adoubé il y a quelques années et m’ont dit que je méritais d’être belge ! Pour ça, je pense qu’il faut apprécier les bonnes choses, et avoir une certaine résistance à la bière…

Quelle est, selon vous, l’élégance au masculin ?

Réussir à trouver un équilibre et une harmonie avec sa propre sensibilité. J’ai des pièces fétiches : un sweat qui correspond à mes moments cool et où je me sens moi-même, un très beau trench Ferragamo dans lequel je me sens chic, et une paire de chaussettes rayées que je porte régulièrement. J’aime bien la fantaisie dans l’élégance.

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