Derrière le génie de Leonard de Vinci, une maladie oculaire rare

Da Vinci

Sa condition lui aurait notamment permis une compréhension hors norme des objets en trois dimensions. | © EPA PHOTO EPA / OLIVIER HOSLET

Art et Scène

De Vinci souffrait d’exotropie intermittente, ce qui lui permettait de peindre avec cette universellement célèbre précision distances et dimensions sur des papiers plats.

 

L’exotropie intermittente est une forme de strabisme selon laquelle l’œil se tourne vers l’extérieur, explique une étude publiée dans le journal JAMA Ophthalmology. Et elle ferait partie intégrante de l’art du génie italien : « En regardant son travail, j’ai constaté un fort strabisme dans toutes ses peintures », explique Christopher Tyler, l’auteur de l’étude. Celui-ci était encore plus évident dans plusieurs autoportraits et portraits réalisés par le génie. Et des propres aveux de Leonardo de Vinci dans ses écrits, chaque portrait reflète en partie l’apparence son auteur, rappelle CNN .

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Salvator Mundi De Vinci
La peinture « Salvator Mundi » montre le strabisme © Flickr

10,3° vers l’extérieur

Pour sa recherche, l’auteur de l’étude a systématiquement dessiné des ronds autour des yeux des personnages portraiturés par Léonard de Vinci. Il a alors constaté que l’artiste avait tendance à représenter des strabismes, avec un œil tourné 10,3° vers l’extérieur quand il était détendu. Il suppose ainsi que Da Vinci souffrait d’exotropie de l’œil gauche, qui pourrait grandement expliquer le génie de l’Italien. En effet, l’exotropie intermittente, dont souffre 1% de la population, offre une perspective différente sur le monde. « Ce qu’il regardait ressemblerait plus à une toile plate qu’à un écran en trois dimensions pour nous », a déclaré Tyler; ce qui rend également « plus facile de traduire les choses sur la toile ».

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Combinée à sa vision normale de l’œil droit, sa condition lui aurait également permis une compréhension hors norme des objets en trois dimensions, ce qui  lui aurait notamment permis cette utilisation géniale des ombres dans ses œuvres. Des recherches similaires sur plusieurs peintres ont permis des conclusions similaires, rappelle CNN. Ainsi, Rembrandt, Edgar Degas et Pablo Picasso auraient également soufferts de différentes formes de strabismes. Les conclusions sur de Vinci ont été reconnues comme très intéressantes par la recherche, même si elles restent dures à affirmer avec certitude des siècles plus tard. Dans tous les cas, comme explique Tyler, le génie était « une figure historiquement si convaincante qu’il est très intéressant d’explorer les racines de son génie ». On approuve !

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