Paris Match Belgique

L’antiquaire Nelly Drees affiche 27 ans de présence au salon Antica

Nelly Drees et de son fils Éric. Nelly est une grande habituée du carrefour international de l'art. | © Paris Match Belgique

Art et Scène

27e année de présence à Antica Namur pour Nelly Drees qui fête aussi ses 40 ans de métier ! 40 années de passion où numismatique et archéologie se relaient, tandis qu’en filigrane se dessine la génération suivante avec son fils Éric qui a repris le flambeau depuis une dizaine d’années.

Paris Match. Comment êtes-vous devenue antiquaire ?
Nelly Drees. Petite fille je suis partie avec mon père en Égypte. J’avais 8 ans et ce voyage m’a très fortement marqué. J’ai commencé à m’intéresser à tout ce qui touchait l’Histoire. J’ai aussi eu la chance d’avoir un père qui répondait à toutes mes questions.

Comment s’est profilée votre passion pour l’archéologie ?
À vrai dire, j’ai débuté par les monnaies antiques, grecques, romaines et byzantines. J’étais impressionnée par le fait que l’on pouvait créer d’aussi belles choses en miniature. Néron par exemple les collectionnait déjà. Je me suis lancée en 78, mais je me suis aussi rendu compte que les numismates étaient des personnes d’un certain âge. À l’époque, les jeunes ne se passionnaient pas pour les monnaies ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Je me suis ensuite tournée vers l’archéologie, c’est-à-dire une période qui remonte au quatrième millénaire av. J.-C. et moi, je m’arrête fin Byzance. L’archéo, c’est un peu une signature de culture. Les grandes familles s’y sont toujours intéressées, mais actuellement avec internet, le public s’est fort élargi.

C’est aussi votre 27e année de présence à Antica Namur !
C’était le premier salon où j’ai décidé de présenter l’archéologie alors que c’était surtout une foire de meubles anciens et je suis arrivée là avec des choses très légères comme du verre romain, des objets en faïence égyptienne. Je me suis retrouvée en première page du journal avec un gros titre « L’Archéologie est arrivée à Namur » ! Tout le monde a voulu visiter mon stand. Depuis, j’y viens presque chaque année. Je trouve que c’est un salon très sympathique. Les gens s’y sentent à l’aise, ils aiment s’y promener et c’est un endroit où il y a encore moyen d’acquérir des pièces à prix accessibles.

Lire aussi > Découvrez notre édition spéciale Antica Namur 2018

Parmi ces objets d‘art qui sont passés entre vos mains, y en a-t-il qui vous ont particulièrement marqué ou ému ?
Sincèrement, je les ai tous aimés sinon je ne les aurais pas achetés. Ça m’a permis de vivre au milieu de très beaux objets et ensuite de les transmettre pour un nouveau parcours parce que c’est çà être antiquaire. Nous trouvons l’objet, nous recherchons son origine et puis nous le cédons. Et ce n’est pas toujours celui qui est le plus cher qui émeut.

Est-il encore facile aujourd’hui de trouver de beaux objets authentiques ?
C’est une question de métier, il y a les expertises, les notaires, les ventes et avec internet on a accès au monde entier, mais je n’achèterais jamais un objet sans le voir. Je ne comprends même pas comment c’est possible.

Lire aussi > Gros plan sur ces Belges passionnés qui donnent un coup de jeune au métier d’antiquaire

Grande statuette de bronze votive représentant le dieu Anubis assis. Égypte. Époque Ptolémaïque
IVème au IIème siècle avant J-C.
H : 24 cm. Provenance : Ancienne collection luxembourgeoise, Madame V.D.B. en 1979
© Drees Archeology

Qu’avez-vous particulièrement apprécié dans ce métier ?
De sauver des objets, les relations de confiance que j’ai pu établir avec mes clients et puis aussi le fait que lorsque 6 experts dans une grande foire parisienne viennent pour authentifier mes objets, ils n’en trouvent pas un seul à retirer. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse me faire.

Un souhait ?
Je travaille avec mon fils Éric qui a repris la société depuis une dizaine d’années et je lui souhaite un aussi fructueux et aussi long parcours que celui que j’ai effectué.

Votre ticket d’entrée gratuit pour la 42e édition d’Antica !

CIM Internet