Hier outsider, « la BRAFA est unanimement respectée aujourd’hui »

Hier outsider, « la BRAFA est unanimement respectée aujourd’hui »

BRAFA

Vue générale de la Brussels Art Fair, rendez-vous important sur la scène internationale. | © Fabrice Debatty

Art et Scène

64ème édition pour la BRAFA qui, plus que jamais créative, engrange les records d’affluence et continue à évoluer pour répondre à la réalité du marché. Entretien avec Harold t’Kint de Roodenbeke, Président de la Brafa, reconduit pour la troisième fois.

Paris Match Belgique. La BRAFA 2019 en est déjà à sa soixante-quatrième édition et elle semble se porter mieux que jamais.                                                
Harold t’Kint de Roodenbeke. C’est vrai et nous nous en réjouissons ! Il est incontestable que la Brafa continue de grandir. Considérée comme un outsider il y a encore quelques années, je pense que nous pouvons affirmer que la foire a gagné ses lettres de noblesse et qu’elle est unanimement respectée aujourd’hui. C’est du moins ce que j’en lis et ce que j’en entends, dans la presse, dans les commentaires de nos visiteurs, en Belgique et à l’étranger. Cela nous procure un double sentiment : une certaine fierté, bien entendu, mais aussi la volonté de continuer à aller de l’avant. Il y a une forme d’engagement que nous voulons respecter auprès de nos exposants, et une attente que nous ne pouvons pas décevoir auprès de notre public.

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Un nouveau record d’affluence a été établi l’an dernier avec plus de 65.000 visiteurs accueillis et la foire semble plus créative et plus appréciée que jamais. Existe-t-il une recette-miracle derrière ce succès ?
Les recettes-miracles n’existent pas, il faut surtout du travail, et de la continuité dans celui-ci ! Le souhait du Conseil d’Administration dans son ensemble est de continuer à faire évoluer la foire dans une perspective positive. J’évoque souvent le terme d‘ »évolution » plutôt que de « révolution ». Il s’agit d’affiner notre offre en la rendant plus complète, plus pointue ; d’exiger toujours une plus grande rigueur, tant dans les critères de sélection des galeries que dans ceux des œuvres exposées, afin de garantir le plus haut degré de qualité possible ; d’aller à la rencontre de nouveaux publics et de rester attentifs aux tendances d’un marché de l’art en perpétuelle transformation. Et de garder à l’esprit que c’est sans doute notre triptyque – qualité, éclectisme et convivialité – qui charme tant nos visiteurs et les incite à revenir plus nombreux chaque année.

Vous accueillez cette année 133 exposants, soit un nombre stable par rapport aux éditions précédentes. Des particularités notables ?                                     
Je pense qu’il est important que nous puissions offrir une forme de continuité, avec des marchands fidèles à l’événement depuis de très longues années et que nos visiteurs aiment à retrouver, tout en offrant une touche de découverte. Ainsi, parmi les 133 exposants belges et internationaux, il y aura seize nouveaux noms et deux retours. Cette proportion constitue pour moi, un pourcentage idéal.

Harold t’Kint de Roodenbeke est un président heureux et entreprenant.  © DR

Autrefois purement concentrée sur les antiquités et les arts anciens, la BRAFA s’est progressivement et largement ouverte à l’art moderne et plus récemment, à l’art contemporain. Comment expliquez-vous cette évolution ?
C’est non seulement la réalité du marché aujourd’hui mais aussi une volonté d’élargir notre offre. Aussi élégant et qualitatif soit-il, un événement comme la BRAFA n’a pas le pouvoir de créer les tendances du marché, il en est simplement le reflet. Certains nous ont critiqués parce que nous proposions plus d’art moderne et contemporain et moins d’art ancien qu’auparavant, mais je voudrais souligner que nous continuons à croire et à soutenir l’art ancien qui est d’ailleurs toujours très présent à la foire. La BRAFA est par essence, une foire généraliste, mais on pourrait tout aussi bien la définir comme un authentique salon de spécialités tant son offre est riche, variée, tout en étant pointue dans les divers domaines qu’elle présente. On y vient pour un objet particulier, et on peut repartir avec quelque chose de très différent. C’est le pari que nous faisons.

HIDE, 2008 – Gilbert & George – Mixed media – 226 x 254 cm. © Albert Baronian.

L’invité d’honneur de cette édition 2019 est le duo Gilbert & George. Le mariage de l’excentricité britannique et du surréalisme belge ?                             
En quelque sorte ! Gilbert & George sont de véritables icônes aujourd’hui, ils ont réussi à imposer un style personnel absolument unique. Bien que leur art puise son inspiration dans la (leur) vie quotidienne, ils en offrent une vision tantôt métaphysique, tantôt mystique, tantôt polémique, mais toujours teintée d’humour et porteuse de message. Une vision que nous pensons en totale symbiose avec le surréalisme belge ! Ils présenteront cinq photomontages de grand format à la Brafa, répartis dans divers endroits stratégiques du parcours. Ils ont été personnellement choisis par Gilbert & George et sont issus de séries récentes. Gilbert & George soulignent très souvent que les collectionneurs belges figurent parmi leurs plus fidèles clients et ce depuis leurs débuts. De ce point de vue, il faut souligner le travail d’Albert Baronian qui fut l’un des premiers à les présenter et à les promouvoir, et qui nous a aussi permis d’entrer en contact avec eux.

Autre événement, la Chambre Royale des Antiquaires et Négociants en œuvres d’Art de Belgique fête également son centenaire à la BRAFA.                                   
En raison des liens historiques forts entre les deux associations, il était évident que la BRAFA était le lieu adéquat pour accueillir le centenaire de la Chambre, dont elle est elle-même issue. Je pense que les deux associations partagent le même objectif : promouvoir et défendre le métier de marchand d’art. Ce centenaire sera décliné sous la forme d’une exposition de prestige qui rassemblera des œuvres issues de collections privées qui ont toutes été négociées par les membres de la Chambre ainsi que par la publication d’un livre qui abordera le métier de marchand d’art sous différentes thématiques et sera émaillé de mille anecdotes.

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Une dernière question, plus personnelle. Nous vous avions quitté l’an dernier à la fin de votre deuxième mandat en tant que Président et vous en entamez un troisième avec cette Brafa 2019 ? Est-ce une surprise ? Et quels objectifs précis poursuivez-vous?
Nous avons la chance de former un Conseil d’Administration très homogène et très consensuel et qui s’est montré désireux de poursuivre l’aventure dans un souci de continuité et de stabilité, au bénéfice de l’événement. Il faut bien se rendre compte que la BRAFA est avant tout le résultat du travail de toute une équipe et il est important que les relations interpersonnelles y soient harmonieuses. Notre souhait est de grandir et de consolider notre position au niveau international, de renforcer nos contacts à l’étranger pour faire venir toujours plus de collectionneurs étrangers. Nous y travaillons, nous sommes en progrès constant, mais il reste encore beaucoup de travail à accomplir !

La BRAFA, Tour & Taxis, Avenue du Port 88 – 1000 Bruxelles. Ouverte tous les jours, de 11 à 19h, jusqu’au dimanche 3 février inclus / www.brafa.art

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