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À la BRAFA, un tableau de Paul Delvaux, invisible depuis des années, réapparaît

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Extrait du tableau "Le Balcon, 1948". Paul Delvaux (Antheit 1897-1994 Veurne). | © Courtesy Stern Pissarro Gallery.

Art et Scène

C’est une œuvre de Paul Delvaux qui réapparaît après presque 40 ans d’absence grâce à la galerie londonienne Stern Pissarro qui l’a amené à la BRAFA.

La galerie londonienne Stern Pissarro a habitué les collectionneurs et visiteurs de la Brafa à la présentation d’oeuvres majeures. Elle ne fera pas exception pour sa 5ème participation consécutive, en dévoilant « Le Balcon » de l’artiste Paul Delvaux (1897-1994), un important tableau peint en 1948, qui réapparaît sur le marché après être demeuré dans une collection en Asie depuis les années 1980.

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Le Balcon, 1948. Paul Delvaux (Antheit 1897-1994 Veurne). Oil on canvas. 120.6 x 90.2 cm. Signé et daté en bas à droite : P. Delvaux 6-48. © Courtesy Stern Pissarro Gallery.

Cette toile est totalement représentative des fameuses séries de nus féminins semblant évoluer dans des paysages ou intérieurs teintés d’énigme et de poésie, qui l’ont rendu célèbre. Il a été influencé par les œuvres de Giorgio De Chirico, dont il disait : « Avec lui, je me suis rendu compte de ce qui était possible de peindre, une atmosphère à créer, une atmosphère de rues silencieuses baignée de personnes qu’on ne peut pas voir, je ne me suis jamais posé la question de savoir si c’était surréaliste ou non. Même si Delvaux fut un temps associé au groupe des Surréalistes belges, il ne s’est jamais considéré comme un surréaliste ».

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Sous les yeux d’Hergé

La galerie Rodolphe Janssen expose « Twee Figuren » de Karel Appel qui a fait partie de la collection d’Hergé, grand amateur de CoBra. Il vécut pendant longtemps avec ce tableau dans son bureau. Il l’avait acheté dans la galerie Carrefour, tenue par son ami et marchand d’art Marcel Stal et située à côté de son studio avenue Louise. « Cette œuvre de 1954 est encore très proche de la période CoBra qui s’étend de 1948 à 1951 », rappelle Julie Senden chez Rodolphe Janssen. « On y voit distinctement deux figures, dont l’une ressemble à un oiseau, d’où son titre. Elle est très caractéristique des œuvres de Karel Appel de cette période. Il laisse tomber l’abstraction de l’entre-deux-guerres pour s’intéresser à quelque chose de plus intuitif et spontané. C’est une œuvre très grande, puissante avec des traits presque agressifs, des couleurs vibrantes et beaucoup de texture. On peut constater depuis quelques années un grand regain d’attention envers les artistes de cette période non seulement du côté européen, mais également américain et on retrouve actuellement l’essence de ce langage CoBra chez de nombreux jeunes ». L’œuvre a ensuite été acquise par le marchand d’art Stéphane Janssen, père de Rodolphe.

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Hergé devant le tableau de Karel Appel. © DR.

Stern Pissarro Gallery, stand 121b & Rodolphe Janssen, stand 94d / www.brafa.be

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