Eurantica 2019 : Une jeunesse aux goûts éclectiques

Eurantica 2019 : Une jeunesse aux goûts éclectiques

L'arrivée d'exposants plus jeunes ? C’est l’une des bonnes surprises de cette édition... | © GALERIE TANDEM

Art et Scène

Avec le printemps, Eurantica Brussels a  pris un sérieux coup de jeune, non seulement du côté des exposants, mais aussi du public, de plus en plus composé de jeunes collectionneurs ou de curieux venus  découvrir un écrin de surprises. Tous poussent d’autant plus volontiers les portes du salon que celui-ci séduit par son ouverture sur le monde de l’art dans tous les domaines de son expression. Diane Kervyn, Exhibition Manager, nous livre son propre parcours !

 

Paris Match. La jeunesse semble décidément à l’honneur, cette année, avec, côté galeries et antiquaires, l’arrivée d’une nouvelle génération. Quels sont ces nouveaux-venus prêts à apporter un sang neuf ?

Diane Kervyn. C’est l’une des bonnes surprises de cette édition et il est toujours agréable de se confronter à de nouveaux visages propices à de nouvelles découvertes. Personnellement, je retiendrai des noms comme Tom Tavcar ainsi que Jaegy-Theoleyre, l’un allemand, l’autre français,  tous deux passionnés par les miniatures et les tabatières. Nous saluons aussi la venue de Wolvesperges qui nous avait déjà rejoints à Namur l’automne dernier. Cet antiquaire bruxellois propose du mobilier design dans un mélange des genres étonnant avec du mobilier 18e et 19e, ce qui s’avère pertinent sous un angle décoratif. Rodolphe de Spoelberch (galerie Arthus) fait également son entrée et nous apporte un vent frais dans l’art contemporain, tout comme la galerie Framing, la galerie Duret, la knokkoise Cafmeyer, l’italienne Esh, l’espagnole Gaudi  et la parisienne Manceau. Nous accueillons avec le même entrain De Cock Antiques  et son mobilier anglais du 17e au 19e, de Iglesia & Faucheux pour ses céramiques d’artistes tels que Picasso, Blue Elephant et son art asiatique ainsi que Tobogan Antiquités de l’avenue Montaigne, à Paris, spécialisé en Napoléon III.

Et puis, il y a le noyau dur, les fidèles entre les fidèles,  qui participent au salon depuis parfois 30 ans…
Oui, les Raf van Severen, Laurence Lenne, de Spa, Jean Nélis, Veronique Malaise, Tercelin de Joigny, Van De Ven, America Antigua,  Barrez, Chimara, Bert Nordin, the old Treasury, Frédéric Muller, Claeys Gallery  et bien d’autres… tous sont heureux de nous retrouver comme par le passé, à l’image de Yannick David qui donnent au salon tout son lustre et sa légitimité.

Qu’est-ce qui a retenu particulièrement votre attention dans les pièces exposées cette année ?
Le Cubisme et l’abstraction sont largement représentés, que ce soit par la Claes Gallery avec René Guiette, la NF Gallery avec André Lanskoy ou encore la galerie Raf van Severen avec l’artiste Marcel-Louis Baugniet. Ces trois habitués de la foire sont de grands spécialistes de la Modernité belge et française, de l’avant-comme de l’après-guerre. J’ai aussi été très séduite par les stands surprenants  d’Axel Pairon où le design prend place dans un écrin contemporain. Très originale aussi est la démarche de Wood Fox qui présente une série de photographies et de manuscrits dont la photo signée de Neil Amstrong et de son équipage avant de poser le pied sur la lune, événement dont on commémore d’ailleurs cette année le 50ème anniversaire. Et puis, la présence du musée Horta qui fête, lui aussi, son 50ème anniversaire a manifestement suscité une certaine émulation parmi les exposants comme Het Ware Huis, Jan Panné, Tandem ou encore la galerie namuroise Joly chez qui on retrouve un beau florilège d’objets, vases, sculptures et luminaires Art Nouveau.

 

Diane Kervin est Exhibitjon Manager à Eurantica. ©Fairtime

L’Art Nouveau fait aussi scintiller les bijoux, un secteur toujours très porteur à Eurantica.
En effet, le bijou apporte toujours son lot de surprises, que ce soit en bijoux anciens, tel que chez Bernard Bouisset,  en bijoux de fantaisie ou en montres anciennes comme celles présentées par la galerie lyonnaise Riondet, spécialisée dans les montres de collection et qui a fait une entrée très remarquée l’automne dernier à Namur. J’ai aussi un faible pour les bijoux vintage de chez Katheley’s  qui présente des pièces fascinantes, en maroquinerie comme en bijoux issus des grandes maisons françaises de luxe comme Hermès ou Dior et Chanel.

Lire aussi >Eurantica 2019 : Jamais au bout de ses surprises !

On évoquait le dynamisme d’un salon marqué du sceau de la jeunesse, mais qui, dans le même temps, semble de plus en plus s’internationaliser.
J’y vois une relation de cause à effet avec ce coup de jeune que vous évoquez. Rien que la France nous envoie une trentaine d’exposants provenant de Paris, Toulouse, Dijon, Aix-en-Provence, Lyon, Rouen, Bézier et Cannes. S’ajoutent à cela des participants venus des quatre coins de l’Europe, en particulier d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne, de Suisse, de Luxembourg et des Pays-Bas.

 

©Victor Noel. Raf Van Severen

Et l’ancrage belge dans tout cela ?
Il est omniprésent et s’exprime en particulier à travers la peinture moderne avec des signatures prestigieuses, Permeke, Rassenfosse, Rops, Stevens, Van Lint, Tytgat… Au rang des pièces exceptionnelles, on peut épingler le carnet de croquis inédit du peintre symboliste Fernand Khnopff qui sera présenté sur le stand d’Arnaud et Sylvie de Spa à l’occasion d’Eurantica. Une édition d’Emile Verhaeren de la collection particulière de l’artiste dont il a illustré certains feuillets sera également exposée par la galerie.

Quel est, selon vous, le profil de ces jeunes visiteurs qui manifestent un vif intérêt pour un salon comme Eurantica Brussels ?
Je crois que nous sommes en présence d’une clientèle jeune qui commence à bien s’établir dans la vie et qui est prête à se lancer dans l’aventure d’une collection ou, tout simplement, des jeunes curieux qui manifestent l’envie de découvrir un monde qu’ils connaissent peu. Un salon aussi éclectique que celui-ci se prête bien à un tel état d’esprit et leur donne l’occasion de faire leurs premiers pas dans une ambiance totalement décontractée. Ils ont l’opportunité de parcourir des allées compassées où le classique fait son grand siècle et cohabite avec l’art moderne, l’art contemporain, la peinture, le design, les bijoux, bref tout ce qui fait miroiter le plaisir du beau sous toutes ses formes.

INFOS PRATIQUES
28/31 MARS 2019
Heures d’ouverture de 11h à 19h
BRUSSELS EXPO
Place de Belgique 1 – 1020 Bruxelles
Prix Entrée : 21,50 € à la caisse – 16,50 € en ligne
Gratuit pour les jeunes jusqu’à 18 ans
Informations : 010 560 230 – www.eurantica.be

©AXEL PAIRON GALLERY
Mots-clés:
Eurantica Brussels Expo
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