Thomas Azier enflamme le Botanique avec son nouvel album Stray

Thomas Azier enflamme le Botanique avec son nouvel album Stray

Thomas Azier

Concert du 26 mai 2019 à la Rotonde (Botanique). | © Elodie Métral / Paris Match Belgique

Art et Scène

À l’occasion de sa venue à Bruxelles, Paris Match Belgique a rencontré Thomas Azier. Avec sa voix profonde et sa musique aux sonorités électro, il a complètement séduit la salle de la Rotonde du Botanique.

 

Dimanche 26 mai, 20h. Alors que la Belgique découvre petit à petit les résultats des élections, c’est un autre genre de spectacle qui attire le public au Botanique à Bruxelles. La salle de la Rotonde se remplie, prête à accueillir Thomas Azier. Ce chanteur originaire des Pays-Bas revient à Bruxelles deux ans après s’être produit aux Nuits du Botanique en 2017. Le public est au rendez-vous, impatient de voir le retour de l’artiste.

20h20. Ses trois musiciens entrent en premier sur la scène, et la musique aux sonorités électro surchauffe la salle. Le chanteur néerlandais arrive sous les acclamations de l’audience qui semble visiblement déjà conquise. Après une introduction musicale « The Dreamer in Her », Thomas Azier commence par « Hymn », une chanson en anglais et en français qui est dans la version studio un duo avec Schérazade. Le public se laisse captiver par cette musique suave et la personnalité imposante de l’artiste.

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Thomas Azier commence son concert par « Hymn ». © Elodie Métral / Paris Match Belgique

Un artiste indépendant

En 2014, le grand public découvre ce chanteur à la voix si spéciale, lors de la sortie de son premier album Hylas. Sa chanson « Red Eyes » tourne alors sur toutes les radios, mélangeant un chant à la voix très claire et des notes de synthétiseurs profondes. Elle sera d’ailleurs reprise dans une publicité en noir et blanc pour un parfum d’Yves Saint Laurent.

Il sort par la suite un autre album en 2017 intitulé Rouge et débute sa tournée par la capitale belge. « Je suis très content d’être de retour, j’adore cette ville » nous confie le chanteur originaire des Pays-Bas. « J’ai vécu pendant quatre ans à Paris, et Bruxelles a toujours été un entre-deux, donc je suis beaucoup venu ici. » L’artiste connaît bien notre pays, il a notamment collaboré avec Stromae sur la composition des chansons « Ta fête », « Bâtard » et « Merci », issues de l’album Racine carrée. Pour son retour à Bruxelles, Thomas Azier a décidé de revenir au Botanique. Après avoir joué en 2017 dans la plus grande salle, l’Orangerie, il a choisi cette fois-ci la Rotonde. « C’est un endroit très spécial. J’aime la forme arrondie de la salle, et sa capacité également. C’est petit, et ce sont les spectacles que je préfère je pense. »

Cette fois-ci, le chanteur nous présente son troisième album, Stray, ainsi qu’un nouvel EP de 4 chansons Raven On The First Floor, sorti durant sa tournée. « J’ai voulu soutenir cette tournée en sortant de la musique, et non pas l’inverse. » Thomas Azier n’est pas seulement chanteur : il est auteur-compositeur-interprète, et également producteur. Après avoir signé un premier contrat avec Universal Music France, Thomas Azier sort maintenant sa musique depuis trois ans sous son propre label Hylas. « C’est mieux car je suis plus indépendant, mais c’est aussi beaucoup de travail », nous accorde-t-il. « C’est très gratifiant quand tu as une équipe. Nous avons joué au Paradiso (ndlr, salle de concert à Amsterdam) il y a quelques jours, et après 7 ans de travail, j’étais très fier d’y arriver avec ma propre équipe. Nous sommes tous amis, c’est comme une famille. » Il nous explique qu’en étant responsable de tous les aspects de sa musique, il peut expérimenter plus de choses. « Je me sens libre, et c’est un sentiment très agréable ».

Un chanteur lié à son public

Durant le concert, on ne peut que constater l’alchimie qui s’opère entre Thomas Azier, ses musiciens et le public. On le voit très complice notamment avec son guitariste, Obi, un ami de longue date. « J’avais 18 ou 19 ans quand j’ai vu une annonce très drôle qui disait « guitariste expérimenté recherche un chanteur », donc j’ai postulé. » Pendant plusieurs années, ils ont mené leurs projets chacun de leur côté, et après 10 ans, ils ont « enfin trouvé le temps de se retrouver et de faire un disque ensemble ».

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Thomas Azier et ses musiciens. © Elodie Métral / Paris Match Belgique

La lumière change de couleur, et la scène s’enflamme dans un rouge très vif. La mélodie commence et les quelques notes répétitives annonce le morceau « Red Eyes » que le public reconnaît instantanément. La musique très profonde embarque la salle qui danse au rythme des basses et chante à l’unisson. Pour cette tournée, Thomas Azier a voulu un spectacle « plus énergique » que son précédent album. « J’avance de plus en plus en profondeur vers ce que je veux faire » nous confie-t-il. « J’aime jouer en live car au fur et à mesure de la tournée, les musiques changent. Après, j’ai envie de retourner en studio pour les enregistrer de nouveau. Donc peut-être que je ferai ça ! La musique pourrait devenir comme une application qu’on met à jour. »

Thomas Azier est assez partagé concernant l’utilisation massive du streaming. Bien qu’il en soit lui-même friand, il estime que « c’est un problème » car les gens « ne vont plus en profondeur dans un album ». « Je pense qu’on ne peut plus vraiment avoir de longues chansons, parce que les gens passent vite. » En tout cas, pas question de changer sa manière de créer sa musique, même si ça a pu l’influencer par le passé. « Les gens veulent que ce soit rapide, et je comprend ça, mais j’essaye de trouver ma propre voie. Je crois que si tu arrives à amener la personne qui écoute ta musique à s’investir émotionnellement, tu les as pour la vie parce qu’ils ont une connexion émotionnelle, un sentiment, une expérience et peut-être même un souvenir avec la musique. Et ça, c’est de l’or. C’est difficile à recréer. »

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Le concert se termine sous l’ovation du public. © Elodie Métral / Paris Match Belgique

Le concert se termine, et des dizaines de personnes attendent avec impatience dans la serre du Botanique de pouvoir discuter avec le chanteur qu’ils sont venus écouter. Au vu de sa popularité, on ne peut que constater la fidélité de son public belge. À son arrivée, il se prête au jeu des photos et des autographes. Face à tant de monde, on se demande si c’est le public qui est le plus inspiré par l’artiste ou l’inverse. « J’aime observer les gens, regarder à l’intérieur depuis l’extérieur, donc j’écoute toujours les gens et leur situation social. La beauté dans la vie, la vraie beauté des choses. »

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