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Vive Bouchon lance la saison au TTO : et c’est très drôle !

Thomas Demarez , Jean-François Breuer et Amélie Saye sur les planches du TTO jusqu'au 12 octobre avec Vive Bouchon ! | © Photo Aude Vanlathem

Art et Scène

Le théâtre de la Toison d’or, à Ixelles, démarre sa saison 2019-2020 avec une comédie de boulevard qui sonne plutôt juste en cette période de Brexit.

 

Par Laurent Depré

Imaginez un bled paumé, perdu… Un trou où jamais rien ne se passe, où la population locale fond comme neige au soleil. Ajoutez un maire qui est prêt à tout pour maintenir en vie sa bourgade. Et surtout à profiter des larges et généreux subsides de l’Union européenne en mentant sur à peu près tout. Des perfusions qui reposent sur le vide… Et vous obtenez Bouchon, c’est le nom du hameau, qui veut poursuivre son grand rêve d’amener l’autoroute jusqu’à elle. Enfin, c’est le rêve du maire surtout. L’Europe ne pourrait refuser d’ailleurs de nouvelles subventions pour y arriver. Mais voilà que débarque un fonctionnaire européen de Bruxelles en quête de réponses au milieu de ces trois résistants « bouchonnais »… S’ensuivent délires et situations hilarantes à la pelle.

La pièce de Jean Dell et Gérald Sibleyras, créée il y a une bonne dizaine d’années, est emmenée par des habitués du TTO :  Jean-François Breuer, Thomas Demarez, Xavier Elsen et Amélie Saye. On peut d’emblée écrire que la sauce prend et qu’on rit (beaucoup) du début à la fin. Cette comédie suit un rythme élevé, tonique sans jamais s’éssouffler. Les comédiens mouillent le maillot.

Entre burlesque pur et non sens british, moments où le surréalisme s’invite, running gag, délires et blagues potaches, les quatres comédiens s’amusent, prennent du plaisir et cela se ressent sur scène. Mention spéciale pour Jean-François Breuer qui campe un maire agité avec quelques accents « chaplinesques » dans ses mouvements.

Les quatre comédiens qui tiennent la pièce Vive Bouchon ©TTO

Le décor, pour le moins sommaire, reproduit à merveille cette impression de trou perdu, de vide interscidérale. L’espace est volontairement réduit pour mettre en avant des personnages certes caricaturés au maximum mais pas moins touchants. Une pièce française mais qui, à l’autopsie, se révèle très « belge » dans l’âme aussi.

Vive bouchon vaut le déplacement. Rien que pour le détournement d’un tube de pseudo hard rock mélodique kitschissime des années 80…

La pièce est jouée au TTO jusqu’au 12 octobre prochain. 
Du mercredi au samedi à 20h30.

 

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