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Pourquoi Bruegel a révolutionné la peinture au 16e siècle

L'expo dédiée au peintre Pieter Bruegel est comprise dans le prix d'entrée pour l'Atomium. | © L.Dp

Art et Scène

Dans le cadre du 450e anniversaire de la disparition de Pieter Bruegel l’Ancien, deux étages de l’Atomium proposent jusqu’en septembre 2020 une exposition immersive dans l’oeuvre du plus célèbre peintre belge de la renaissance. 

Par Laurent Depré

L’exposition intitulée Bruegel, a poetic experience. An innovative world and mind a démarré cette semaine. Elle reproduit toute une série d’oeuvres du peintre, à dimensions égales pour certaines. « La sélection des tableaux pour cette exposition permet au public de rentrer dans le monde de Bruegel. Il s’en dégage de la poésie, de l’humanisme, de l’humour aussi et une forme de nostalgie également. Il incarne parfaitement cette moitié du 16e siècle et la renaissance », explique à Paris Match Arnaud Bozzini, directeur de l’exposition.

Au premier niveau de l’exposition, le visiteur sera directement confronté à la déclinaison des Saisons du plat pays par Bruegel. Une excellente porte d’entrée qui permet de réaliser à quel point sa manière de peindre changeat la donne en Europe. Jusqu’à lui, le paysage était un élément secondaire des toiles, dans un contexte religieux principalement.

Dans ses six tableaux dédiés aux saisons, à l’époque on parlait davantage de six saisons que de quatre, la nature, le paysage est reproduit en grand format. Les personnages viennent raconter une scène, un mouvement, une histoire qui se déroule dans un cadre « naturel » de la campagne belge. Ils sont là aussi pour attirer le regard du public. C’est la première fois qu’une personne reproduite regarde droit dans les yeux le spectateur.

Les peintures de Bruegel sont quasiment scénographiques, c’est le peintre du mouvement. Sur l’oeuvre consacrée à l’été et aux travaux des champs (Ndlr : voir illustration principale de cet article), il donne l’impression que ses personnages bougent vers la gauche et vers la droite. Il est facile d’imaginer sans peine cette scène animée. Cela rejoint aussi une autre facette du peintre, ses talents d’illustrateur longtemps ignorés. Peut-on y voir des prémisses de la bande dessinée ? Sous certains aspects, la réponse est affirmative !

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Au second étage, comme l’explique encore Arnaud Bozzini, « on rentre dans la tête du peintre, dans toute son humanité. L’oeuvre majeure de Bruegel qui reste sans doute Le repas de noce montre une scène conviviale dans laquelle bourgeois et paysans sont mélangés. Il reste une place vide à table. Le peintre invite celui qui regarde la toile à s’asseoir et vivre le moment de fête… »

Reproduction et mise en scène du Repas de noces. ©L.Dp

On sait que Bruegel est baigné dans le siècle humaniste et qu’il est sensible à l’esprit d’érudits tel que Erasme. Le tableau Jeux d’enfants, reproduit pour l’expo de l’Atomium, en serait la démonstration. En effet, l’apprentissage par le jeu est au coeur de la pensée pédagogique humaniste. « Nous pouvons aussi dire merci au peintre, car ce tableau est aussi encyclopédique. Bruegel recense absolument tous les jeux enfantins de son siècle… »

©L.Dp

L’expo se visite rapidement. Elle propose en outre toute une série de pop up liés aux multiples personnages peints par Bruegel ainsi qu’un écran tactile et interactif. A ce niveau-là, l’évènement manque un peu de modernité, il faut le reconnaître.

 

Un pop up et une reproduction de Bruegel en tant qu’illustrateur. ©L.Dp

INFOS

Bruegel, a poetic experience
An innovative world and mind
18.09.2019 > 13.09.2020
Atomium, Square de l’Atomium, 1020 Bruxelles
atomium.be

 

 

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