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« Monet, l’expérience immersive » : Claude Monet comme vous ne l’avez jamais vu, à Bruxelles

Nous avons pu découvrir « Monet, l’expérience immersive », l'ambitieuse exposition consacrée au peintre impressionniste qui arrive à Bruxelles le 28 novembre. 

En immersion totale. | © DR

Art et Scène

Nous avons pu découvrir « Monet, l’expérience immersive », l’exposition innovante consacrée au peintre impressionniste qui arrive à Bruxelles le 28 novembre. 

« Ce que je ferai ici aura au moins le mérite de ne ressembler à personne parce que ce sera l’impression de ce que j’aurai ressenti moi tout seul. » Ainsi parlait Claude Monet dans une missive envoyée à son ami Frédéric Bazille en 1868. La formule n’est pas anodine puisqu’elle donnera naissance à l’un des néologismes les plus évocateurs qui soient : l’impressionnisme. Car chez le peintre français, dont c’était l’anniversaire ce 14 novembre, tout est question de ressenti.

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Une « irréalité » poétique et fugace qu’il captura aussi bien entre les trains fumants de la Gare Saint-Lazare, à Paris, que le long de la Tamise qui sillonne Londres avec paresse et, ou que devant ses nymphéas chéris. Des paysages envoûtants dans lesquels on pourra (littéralement) plonger à Bruxelles dès le 28 novembre. Mais avant de poser ses bagages chez nous, l’expo « Monet : The Immersive Experience » a d’abord pris ses marques dans le mythique cinéma IDEAL, à Barcelone. Paris Match Belgique y était.

Quand la peinture devient un voyage spirituel

La promesse est on ne peut plus explicite : s’immerger dans le travail du peintre comme jamais auparavant à l’aide de mapping diffusé par une soixantaine de projecteurs, d’une bande originale onirique signée par le Belge Michelino Bisceglia et de réalité virtuelle dépaysante. Le tour de force d’Exhibition Hub, encore à la manoeuvre après s’être frotté au génie de Van Gogh avec succès, c’est d’épouser le postulat de départ de Claude Monet. Sans complexe. On ressort de là avec une impression de son oeuvre, c’est le mot, bien aidé par des projections à 360 degrés qui prendront bientôt vie entre les colonnes de la Galerie Horta.

On vous le dit tout de go, les plus érudits d’entre nous, les passionné.e.s d’histoire de l’art, n’y apprendront pas grand-chose. L’information y est volontairement en retrait, minimaliste. Le but ? Faire la part belle aux univers successifs du peintre, des champs de coquelicots à la Norvège enneigée jusqu’au pont japonais de Giverny où, presque aveugle, il s’adonna corps et âme à ses pinceaux. Et c’est justement toute la force de ce parti pris : il s’adresse au grand public différemment.

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En ce sens, le premier volet de l’expo – le mapping dure environ 30 minutes – s’apparente davantage à de la méditation qu’à un parcours du combattant pour zigzaguer entre les hordes de smartphones qui pullulent dans nos musées. On entre bel et bien dans les célèbres instantanés du maître, et on y reste avec plaisir. « La couleur est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment », aimait dire Monet. Et c’est vrai que ça bouge, ça scintille, et ce flot coloré diffusé sur 1000m2 d’écrans devrait à coup sûr taper dans l’oeil des plus jeunes.

Profondeur de champ

L’émergence de nouvelles technologies tend à faire du passé table rase. Claude Monet ne le savait que trop bien. Au 19e siècle, on annonçait volontiers que la photographie allait sonner le glas de la peinture. Il n’en fut rien. Au contraire, elle la libéra, les peintres ne se sentant plus contraints d’être confinés au « représentatif ». Il semble en être de même pour la réalité virtuelle. La VR n’est pas une menace pour les musées et les expos traditionnelles, mais un excellent complément qui donne relief, voire profondeur de champ. « Monet : The Immersive Experience » nous l’a prouvé à sa manière.

Exhibition Hub.

Déjà parce que toute personne avec un léger mal de mer ne pourrait tenir une heure avec son casque Occulus sur la tête, motion sickness oblige. Ensuite, parce qu’on s’amuse vraiment à être baladé dans l’oeuvre du chef de file impressionniste. On entre d’abord par la porte de sa maison de Giverny, on y explore son atelier, on croise la « Femme à l’ombrelle », on surplombe les plages de Normandie… libre au visiteur de regarder en haut, en bas ou derrière lui en pivotant sur sa chaise avec un sourire de gosse. Tout est en mouvement. Comme dans ses toiles finalement. Selon les dires du fondateur d’Exhibition Hub Mario Iacampo , le travail de Monet et de Van Gogh, deux artistes friands de paysages, se prête d’ailleurs particulièrement bien à ces nouvelles expériences immersives. Et on ne dira pas le contraire après ce voyage d’une dizaine de minutes. La bonne nouvelle ? vous aurez bientôt l’occasion de le voir de vos propres yeux.

« Monet, l’expérience immersive », dès le 28 novembre 2019 à la Galerie Horta. Plus d’infos ici.

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