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Punk Graphics : Une exposition qui montre sous un nouveau jour le mouvement punk, engagé au-delà de la musique

L'exposition PUNK GRAPHICS. TOO FAST TO LIVE, TOO YOUNG TO DIE est présente pour la première fois en Europe à Bruxelles

Cette salle est la seule à avoir les murs entièrement peints en noir, et aucun cartel. | © ParisMatch.be / Elodie Métral

Art et Scène

Plus de 500 pièces de collection revisitent le mouvement punk dans son aspect graphique. L’exposition Punk Graphics. Too fast to live, too young to die est actuellement visible au musée ADAM à Bruxelles.

 

Quand on parle du punk, on pense souvent aux guitares électriques criantes et aux habits cloutés. Les Sex Pistols, The Cure, Joy Division, The Clash… Des groupes totalement cultes. Derrière leur musique, ces artistes engagés n’hésitent pas à utiliser les arts graphiques pour faire passer leurs messages. Des affiches et des flyers légendaires sont présentés à partir d’aujourd’hui au ADAM – Brussels design museum, avec la ferme intention de prouver que le visuel du mouvement punk est aussi important que le son. L’exposition Punk Graphics. Too fast to live, too young to die n’aborde donc pas la question de la musique mais bien celle des œuvres graphiques du mouvement.

L'exposition PUNK GRAPHICS. TOO FAST TO LIVE, TOO YOUNG TO DIE est présente pour la première fois en Europe à Bruxelles
Une vidéo est projetée dans la première salle, seul élément de la visite qui rappelle l’aspect musical du mouvement. © ParisMatch.be / Elodie Métral

Dans le hall du musée, une caisse remplie de vinyles et un tourne-disque nous offrent la seule occasion d’écouter des œuvres cultes du punk. La suite de la visite s’admire uniquement avec les yeux, une manière plutôt originale d’aborder le sujet. Hormis une vidéo qui tourne en boucle sur un projecteur, les objets de collection sont principalement des affiches et des flyers, avec également des habits symboliques de ce mouvement. De salle en salle, notre découverte du punk ne s’effectue pas de manière chronologique mais thématique, l’occasion d’en découvrir davantage sur les techniques spécifiques du mouvement comme l’appropriation (emprunter des images connues), le « do it yourself » ou encore le collage (les graphistes punk coupaient des lettres dans les journaux).

L'exposition PUNK GRAPHICS. TOO FAST TO LIVE, TOO YOUNG TO DIE est présente pour la première fois en Europe à Bruxelles
© ADAM / Vincent Everarts

Ce n’est pas moins de 500 pièces qui sont à découvrir dans cette exposition. C’est la première fois qu’elles sont visibles en Europe, ici à Bruxelles. Elles ont déjà été présentées au Michigan (haut lieu de l’édition punk), et au Museum of Arts and Design de New York. Toutes les pièces exposées ont été précieusement conservées depuis les années 70 et 80 par Andrew Krivine. Ce passionné de la culture punk, new wave et post-punk possède une collection de plus de 3 000 objets. Dès son adolescence, il commence à amasser des T-shirts, des affiches, des couvertures d’album, de fanzines… appréciant aussi bien l’art graphique du mouvement que sa musique. « Je n’aurais jamais cru en mettant ça dans ma chambre avec de la patafix que ça finirait dans un musée », nous confie le collectionneur new-yorkais amusé.

Andrew Krivine présentant ses affiches punk
Andrew Krivine présentant ses affiches. © ParisMatch.be / Elodie Métral

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Un mouvement engagé, pas juste provocateur

Prenant naissance au milieu des années 70, le punk est avant tout une réaction à une industrie du rock de plus en plus conventionnelle. « Avec le mouvement punk, l’industrie musicale comprend qu’elle a moins de pouvoir, et laisse ainsi les artistes designer leurs affiches et leurs pochettes de vinyles », détaille Andrew Krivine. Jamie Reid a ainsi réalisé pour les Sex Pistols une affiche reprenant l’iconique typographie de Disney pour dénoncer ce symbole de l’industrie américaine, ou encore une autre titrant « chair jeune requise », une manière de faire « un tutoriel sur la façon dont les artistes se font entuber », explique le collectionneur.

Affiche des Sex Pistols, Young Flesh Required
Affiche des Sex Pistols, Young Flesh Required, réalisée par Jamie Reid en 1979. © DR

Au-delà de sa musique et de son graphisme, le mouvement punk consiste surtout à s’engager et revendiquer des idées fortes. Alors que la Grande-Bretagne est dirigée d’une main de fer par Margaret Thatcher et que les États-Unis s’enlisent dans une guerre froide, le punk compte bien montrer son désaccord. Le mouvement aborde notamment des questions raciales, de genre, et d’orientation sexuelles. Passé la barrière de la provocation et du désir de choquer, les artistes veulent faire passer un message. The Crass le montre avec ce poster « Your Country Needs You » en 1981, faisant référence au célèbre slogan de propagande de la Première Guerre mondiale.

L'exposition PUNK GRAPHICS. TOO FAST TO LIVE, TOO YOUNG TO DIE est présente pour la première fois en Europe à Bruxelles
L’affiche « Your country needs you » est une manière de dénoncer la guerre en faisant référence à un slogan de la Première Guerre mondiale. © ParisMatch.be / Elodie Métral

Pour son passage chez nous, l’exposition s’enrichie de plusieurs œuvres afin d’apporter une touche belge. Bien que le mouvement ait une mauvaise image à l’époque, notamment véhiculée par les médias mainstream, le punk a aussi eu un impact sur notre manière de penser. « Déjà à l’époque, ils questionnaient la société. Ils abordaient des sujets précurseurs comme l’écologie par exemple », explique le commissaire belge de l’exposition, David Vermeiren.

L'exposition PUNK GRAPHICS. TOO FAST TO LIVE, TOO YOUNG TO DIE est présente pour la première fois en Europe à Bruxelles
La collection s’agrandit pour cette version belge, avec des affiches de grands groupes qui sont passés par chez nous. © ParisMatch.be / Elodie Métral

Punk Graphics. Too fast to live, too young to die
Du 20 novembre 2019 au 26 avril 2020.
ADAM – Brussels design museum, Place de Belgique, 1. 1020 Bruxelles

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