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10 ans de Musée Magritte : un succès surréaliste

La scénographie, réalisée par Winston Spriet, s’est attachée à reproduire l’ambiance décalée de l’univers de vie de René Magritte : un décor élégant et discret ainsi que la poésie de ses œuvres. | © Charly Herscovici c/o SABAM-ADAGP /ENGIE

Art et Scène

Avec ses 2500 m2 de salles, le musée Magritte réunit pourtant la plus grande collection d’œuvres de Magritte au monde et a attiré, depuis sa création en 2009, un total de trois millions deux cent mille visiteurs. Michel Draguet, Directeur général des Musées royaux des Beaux-arts de Belgique, explique cette succès story culturelle, sociale et économique, fruit d’un partenariat innovant entre pouvoir public et privé.

 

Paris Match : Dans quel contexte le musée Magritte a-t-il vu le jour ?
Michel Draguet. Nous avions, au départ, la volonté d’éclaircir les idées du visiteur. Quand celui-ci se rend dans un musée d’art moderne, il a pour référence le musée Pompidou à Paris et le musée MoMa à New-York. Or l’art moderne a sa spécificité à Bruxelles, celle-ci étant liée à notre culture bourguignonne. Notre collection a été construite sur base de ce point de vue, avec, schématiquement, les primitifs flamands, les peintres baroques protestants et la scintillante période de Bruxelles fin de siècle. Dans un tel contexte, Magritte était une personnalité incontournable qui accaparait la notion de surréalisme à lui tout seul, mais qui, en même temps, représentait aussi une « marque » identifiable et connue du public mondial. Nous avons donc extrait les 256 œuvres de Magritte (la collection comprend des legs importants de proches de Magritte, tels que les Scutenaire-Hamoir ou les Gillion Crowet) qui se trouvaient dans nos collections d’art moderne pour en faire un récit particulier et emblématique. Ce redéploiement des collections a permis au musée Magritte de vivre sa vie propre, et de raconter à la fois la vie du peintre, son œuvre et sa pensée, mais aussi d’imposer Bruxelles sur la carte des villes musées d’Europe.

Coup de maître ! Le Musée Magritte s’est vu rapidement propulsé sur la scène internationale.
En effet, outre son rayonnement sur le plan national et international, durant les années écoulées, le musée Magritte a collaboré à 23 expositions internationales, dont les emblématiques expositions du MoMA New-York, de la Menil Collection de Houston, du Art Institute de Chicago et du SF MoMA San Francisco. La plus grande rétrospective jamais consacrée à Magritte a été organisée par le Musée Magritte au Japon et a attiré 533.354 visiteurs, un record ! Même performance pour l’exposition « La trahison des images » du Centre Pompidou à Paris en 2017 et son affluence record de plus de 600.000 visiteurs alors que le Musée Magritte en était le plus important prêteur. Notre collection étant la première au monde, nous participons à toutes les manifestations internationales et nous avons des projets pour l’Australie et Singapour ainsi que dans d’autres pays où Magritte n’a jamais été exposé. Par ailleurs, de nouveaux prêteurs, toujours plus séduits par le rayonnement du Musée, confient leurs précieux Magritte à l’institution : plus de 165 nouvelles œuvres ont été prêtées et exposées au musée en dix ans.

Au terme de ces dix années, il apparaît qu’Engie et sa Fondation ont joué un rôle capital dans ce projet, en apportant également sa propre pierre à l’édifice.
Oui, dès le début, Engie a été le grand partenaire des 10 ans du Musée et nous a accompagné à travers ce qui a été le premier mécénat de compétence en Belgique. Dans un premier temps, son personnel est venu travailler avec nos équipes pour réaliser les travaux du musée, à l’exception de l’ascenseur et des peintures de façades. Force est de reconnaître que la Fondation Magritte et celle d’Engie ont fortement contribué au succès du musée. Dès 2009, Engie a également soutenu le développement de programmes d’inclusion sociale par la culture au sein des Musées royaux des Beaux-Arts en Belgique dont fait partie le Musée Magritte, comme par exemple le projet « Musée sur Mesure ». Il permet aux visiteurs fragilisés (résidents de maisons de repos, élèves de l’enseignement spécialisé, primo-arrivants, …) ou en situation de handicap d’avoir accès aux collections et aux expositions temporaires, notamment grâce à des accès privilégiés et des logiciels d’enseignement adaptés spécialisés.

 

©J-Pierrard

Vous évoquiez également des retombées économiques appréciables et une carte de visite unique pour Bruxelles.
Au niveau national, les retombées économiques se ressentent directement à travers la fréquentation du Musée et l’activité de ses nombreux partenaires et fournisseurs. Les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ont accueilli 680.089 visiteurs en 2018, dont 67% venus du monde entier et 1,1 millions visiteurs en 2019. Cette progression garantit une richesse incontournable à la Région de Bruxelles et à la Belgique. Le Musée Magritte est également le cadre choisi de nombreux grands événements VIP qui impliquent d’importantes retombées, comme par exemple la visite des First Ladies en mai 2017 avec, entre autres, Mélania Trump et Brigitte Macron, diffusée sur les télévisions du monde entier.

Pour ses dix ans, le musée met les petits plats dans les grands et propose un nombre inédit de manifestations et de découvertes. Par où commencer ?
Extérieurement parlant, les fenêtres du Musée Magritte ont été revêtues de nuages et de plusieurs symboles emblématiques de René Magritte. Avec cet habillage festif, le bâtiment néo-classique sur le Mont des Arts s’orne ainsi d’une touche surréaliste inattendue. Quant au musée, les visiteurs pourront évidemment redécouvrir les tableaux, gouaches, dessins, sculptures, objets peints, mais aussi affiches publicitaires, partitions de musique, photographies et films de René Magritte en plus d’une toute nouvelle sélection d’œuvres. De nombreux spectacles, ateliers et performances sont proposés au public ; nous organisons des visites guidées en dix langues et, première européenne, nous disposons de tablettes tactiles destinées aux personnes sourdes et malentendantes. Le Musée Magritte tient à son image de musée tout public !

La Régie des Bâtiments a restauré la façade de l’hôtel Altenloh, ses châssis, et remplacé l’ascenseur. Sa participation s’élève à plus d’un million d’euros.

Que retenez-vous de la décennie écoulée et quel regard portez-vous sur l’avenir du Musée Magritte ?
Dix années permettent d’avoir suffisamment de recul sur la manière dont on a mené le projet à terme. Cette célébration est aussi l’occasion d’accroître notre visibilité et d’affiner un outil de développement touristique dont Bruxelles profite pleinement. Ce succès devrait d’ailleurs pousser les politiques à investir davantage dans nos musées et nous permettre de développer de nouveaux outils à la fois dignes de ce nom et dignes de la capitale de l’Europe. Nous espérons pouvoir encore accroître le confort du visiteur et développer des activités de recherche sur Magritte avec la participation d’autres musées dans le monde. Par ailleurs, ce que je retiendrai, c’est l’excellence scientifique et le merveilleux outil de développement que représente le musée pour le tourisme, mais aussi en tant qu’outil de développement de l’identité belge dans le monde. Magritte incarne la liberté de pensée, mais aussi des valeurs fortes à laquelle s’identifie pleinement la Belgique.

ENGIE et sa Fondation – pionnier en matière de mécénat

En partenariat avec les associations et centres sociaux soutenus par la ville de Bruxelles, la Fondation Engie a permis d’offrir à des jeunes la visite du Musée Magritte.©ENGIE

Avec la création du Musée Magritte, ENGIE a mené un mécénat de compétences qui est une première en Belgique. Mobilisant les savoir-faire de sa branche Services à l’énergie et notamment de ses filiales belges, qui compte 17.000 experts dans l’efficacité énergétique, l’innovation technologique, ENGIE a réalisé une grande part du musée pour un investissement évalué à 6,5 millions d’euros, et a placé il y a 10 ans la question du développement durable au cœur de son projet. Innovant ce partenariat l’a été par une coopération entre Fondation Magritte, Régie des Bâtiments, Musées royaux et Ministères.

Engie et sa Fondation d’entreprise font vivre ce partenariat innovant depuis 10 ans en soutenant les programmes d’inclusion sociale et d’intégration par la culture. Dans cette optique, le projet « Sésame » s’adresse à des jeunes fragilisés et leur ouvre les portes du Musée, jeunes d’associations sociales ou communautaires de même qu’aux jeunes ou enfants fréquentant une maison de quartier, une école des devoirs ou un centre d’alphabétisation. Depuis près de 10 ans, ce sont 1500 enfants de Bruxelles et d’ailleurs qui ont bénéficié chaque année de cet outil d’inclusion sociale.
Actif depuis plus de 100 ans sous différentes formes en Belgique, ENGIE agit depuis 2013 localement via sa Fondation. La Fondation ENGIE encourage l’inclusion de l’enfance et de la jeunesse par le biais du sport, de l’éducation et de la culture. A ce jour, ce sont plus de 55 projets et plus de 67 000 enfants qui ont été soutenus directement dans l’une des trois régions du pays. La Fondation ENGIE crée également un maillage entre mécènes et entre associations bénéficiaires pour augmenter, localement, l’impact des projets et encourager l’émancipation des jeunes.

INFOS

Musée Magritte
Place royale, 1 à 1000 Bruxelles
Ouvert 7 jours sur 7

 

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