Paris Match Belgique

Armando : L’impro dont on profite loin des matchs

La ligue d'impro présente son spectacle Armando

Six comédiens se relaient sur scène. | © LIP

Art et Scène

L’impro, ce n’est pas que les matchs, c’est aussi des spectacles construits de manière bluffante.

 

Oubliez ce que vous pensiez connaître de l’improvisation. Cette fois-ci, il n’y aura pas de mini-patinoire (le genre de ring sur lequel se confrontent les joueurs), ni tenue réglementaire, ni arbitres, ni affrontements, ni votes, ni pantoufles. Avec son spectacle Armando, la ligue d’improvisation professionnelle (la LIP) vous construit une longue pièce de théâtre avec des scènes, des personnages, de la musique live (improvisée, elle aussi) et des changements de décor à la seule force des effets de lumière. À la rencontre de l’improvisation théâtrale et du théâtre improvisé.

Lire aussi > Il est désormais possible de suivre des cours d’acting avec Natalie Portman

Dans l’intimiste salle du Marni, le long du bar, les comédiens se préparent à entrer en scène. Le trac monte pour certains, d’autres prennent ça très sereinement. Après tout, on a face à nous des comédiens professionels habitués. Dans la salle : un invité. Cathy Thomas, Stéphanie Van Vyve ou encore Baptiste de Saule sont au programme de l’une des soirées prévues dans le théâtre bruxellois de la place Flagey. Si le spectacle s’appelle Armando, c’est pour la simple et bonne raison que ce type de représentation a été créée par Armando Diaz, un professeur d’improvisation new-yorkais de renommée.

La ligue d'impro professionnelle propose des spectacles improvisés
Les comédiens sont accompagné d’un guitariste qui joue de la musique en live. ©LIP

Le concept est simple : le public, lance des mots au hasard pour challenger l’invité. Lorsqu’un mot lui parle, le flux de propositions s’arrête et l’invité choisit de raconter une anecdote le concernant autour de ce mot choisi. Ensuite, pendant une heure, les six comédiens et comédiennes qui se trouvent sur scène devront improviser une histoire construite autour de cette anecdote. Commence alors une heure de scènes plus farfelues les unes que les autres. Pour les accompagner, un musicien gratte sa guitare en live. Tantôt joyeuse, tantôt mélancolique, la mélodie apporte une touche d’émotion à ce spectacle dont on a tendance à oublier qu’il est improvisé. Pour envelopper la joyeuse bande, l’ingénieur lumière joue avec le récit de manière étonnamment naturelle. Nous voici dans un film. Ou presque. 

L’impro non compétitive

« Souvent drôles, toujours sincères, parfois étranges ou inattendus, ces spectacles uniques nous replongent vers l’essence du théâtre : partager un moment de vie singulier entre comédiens et spectateurs », rappelle la LIP. Depuis sept ans, la Ligue propose des spectacles d’improvisation théâtrale exclusivement non compétitifs, « dirigeant toute l’énergie, la spontanéité et la créativité des improvisateurs vers la construction des histoires et des personnages ».

« Le match d’impro est un concept que j’adore et qu’on est plusieurs à adorer, on en fait encore de temps en temps. Mais quand il y a de la compétition comme ça, il y a instinctivement des réflexes qui arrivent. Déjà, ce sont des impros plus courtes. Et il arrive que, par exemple, une impro se passe bien, on est en train de raconter quelque chose et, arrivé à 4 minutes 30, d’un seul coup, il y en a un qui vient sortir une blague, comme ça il sait que les gens vont voter pour lui. Nous on avait envie de quitter ce genre de compétition », raconte le comédien David Macaluso. Le plus difficile pour lui ? Le trac de ne pas savoir ce qu’on va raconter. Même les pros en souffrent, donc.

La ligue d'impro propose spectacle improvisé armando
Plusieurs scènes improvisées s’enchaînent pour créer un seul grand spectacle. ©LIP

Et on le comprend. Car voir la pièce se créer sous nos yeux est bluffant. Plusieurs petites impros que rien ne relie de prime abord se croisent et s’entrechoquent pour construire et épurer, au fur et à mesure, la construction du spectacle. « Ce n’est jamais la même construction. Si une petite impro ne mène à rien, on peut ne pas y revenir. Il n’y a pas de règle ». Toujours présents sur scène, même lorsqu’ils ne tiennent pas le crachoir, les comédiens ne se parlent jamais, ou presque. « On essaye d’éviter le plus possible de parler. Cela arrive parfois, mais avec des petites infos. On ne dit jamais ‘viens, je vais faire ça et tu me réponds ça’. Par contre on peut lancer une idée et puis on le suit mais on ne sait pas ce qui va se passer ». « Ce que j’aime bien, c’est que contrairement aux matchs où c’est beaucoup d’impros courtes, ici, je sais que j’ai 1h10 pour développer mes idées. Je sens moins que je vais devoir être efficace et que je n’ai que 3 minutes pour boucler mon thème et donc que je n’ai que 3 minutes pour tout balancer. Ici, je sais que je peux développer quelque chose, que je peux le laisser respirer 10 min et puis revenir dessus. Disons que je trouve cela plus relaxant de jouer un spectacle comme celui-ci en tant qu’improvisateur », explique Thomas, un autre comédien qui joue durant certains soirs de spectacle. 

La ligue d’improvisation professionnelle propose son spectacle Armando (et bien d’autres) tous les dimanches et lundis jusqu’au 24 février.

CIM Internet