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On sait (peut-être) enfin pourquoi Van Gogh s’est tranché l’oreille

On sait (peut-être) enfin pourquoi Van Gogh s'est tranché l'oreille

"Autoportrait a l'oreille bandée", de Vincent Van Gogh. | © FRANCOIS GUILLOT / AFP

Art et Scène

Le célèbre peintre souffrait peut-être d’un grave trouble de la personnalité « borderline ».

 

23 décembre 1888. Vincent Van Gogh reçoit une lettre qui va profondément le bouleverser. Son frère Théo lui annonce qu’il va se fiancer. Dans la même journée, il se dispute violemment avec son ami peintre Paul Gauguin. Ce dernier décide de quitter Arles et remonte sur Paris. Van Gogh se sent plus seul que jamais. Souffrant déjà d’hallucinations visuelles et auditives (comme le rappelle Le Parisien), le peintre se tranche l’oreille gauche dans des conditions encore mystérieuses.

Si certains parlent d’une dispute qui aurait mal tourné avec Gauguin, il semblerait que la réalité soit bien différente. Des chercheurs du Centre médical universitaire de Groningen, aux Pays-Bas, pensent avoir trouvé la véritable explication après avoir décortiqué la correspondance du peintre (il a écrit plus de 800 lettres à sa famille) et des milliers de documents. Ces dernières recherches lèveraient le voile sur l’état mental du peintre, révèle Futura Sciences.

Un trouble psychiatrique additionné à un sevrage et à de la malnutrition

Selon les chercheurs, Vincent Van Gogh souffrait d’un grave trouble de la personnalité « borderline ». Ce trouble reposerait sur l’angoisse de perte d’objet, et se traduirait par une insécurité interne constante et des attitudes de mise à l’épreuve de l’entourage incessantes. Les relations interpersonnelles sont particulièrement instables et intenses, pouvant facilement passer de l’idéalisation à la dévalorisation de l’autre. Les réactions de la personne atteinte de ces troubles sont souvent impulsives voire agressives, et peuvent mener à de l’automutilation ou tentatives de suicide. Cette pathologie psychiatrique aurait été aggravée par une forte addiction à l’alcool, dont le sevrage, couplé à un état de malnutrition, aurait entraîné une crise de délire. Le peintre se serait alors tranché l’oreille durant un épisode psychotique.

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« Par la suite, il aurait développé deux délires probablement liés au sevrage alcoolique, suivis d’une aggravation de sa condition mentale avec des épisodes dépressifs sévères (dont au moins un avec des caractéristiques psychotiques) dont il ne s’est pas complètement remis, ce qui aurait finalement conduit à son suicide », écrivent les chercheurs dans l’étude, rapporte Futura Sciences.

La méthode n’est évidemment pas tout à fait exacte, sachant qu’elle se base uniquement sur des documents historiques écrits. « Dans ces lettres, il décrivait ce qu’il vivait, y compris ses problèmes mentaux, bien qu’il faille aussi savoir que Van Gogh n’écrivait pas ses lettres pour ses médecins, mais pour son frère Théo et d’autres parents, pour les informer ou les rassurer », affirment-ils dans l’étude.

Si les chercheurs penchent pour un grave trouble de la personnalité « borderline », le diagnostic n’est bien sûr pas définitif. Avant cette étude, d’autres historiens ou chercheurs parlaient de schizophrénie, de trouble bipolaire ou d’une épilepsie du lobe temporal.

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