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De « Star Wars » à « Mars Attacks! », une exposition en France dévoile les « coulisses » des effets spéciaux au cinéma

De "Star Wars" à "Mars Attacks!", une exposition en France dévoile les "coulisses" des effets spéciaux au cinéma

Les fans du film Aliens trouveront aussi leur bonheur. | © Brandywine Productions

Art et Scène

L’exposition Interstellaire. Cinéma et effets spéciaux se tient jusqu’au 8 avril au Centre des arts d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise).

 

De célèbres vaisseaux spatiaux, la tête d’un Ewok poilu de Star Wars et d’autres accessoires utilisés pour réaliser des films cultes de science-fiction sont exposés comme des « oeuvres d’art » depuis vendredi à Enghien-les-Bains, près de Paris. « C’est littéralement l’objet qu’on voit à l’écran ! », s’enthousiasme Alexandre Poncet, un des commissaires de l’exposition Interstellaire. Cinéma et effets spéciaux qui se tient jusqu’au 8 avril au Centre des arts d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise).

Devant lui trône un vaisseau spatial bien connu de l’histoire du cinéma. Blanc, de petite taille et à la ligne effilée, c’est lui qui valse sur les notes romantiques de Strauss dans 2001, l’Odyssée de l’espace (1968), chef-d’oeuvre de Stanley Kubrick.

Avant la révolution numérique au tournant des années 1990, mettre en scène ces épopées cosmiques et autres guerres intergalactiques demandait de redoubler d’ingéniosité, avec les moyens du bord. Spielberg a besoin d’extraterrestres pour Rencontres du troisième type (1977). Carlos Rambaldi, le « papa » d’E.T., crée des costumes d’enfant extraterrestre – dont l’un est présenté dans l’exposition – revêtus par des petites filles. La magie du 7e art fait le reste.

 

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L’importance des maquettes, même avec le numérique

« Ce sont de véritables oeuvres d’art. On n’a pas souvent la possibilité d’observer les objets créés pour les films, or un film génère énormément d’objets et de créations artistiques », souligne Julien Dumont, qui vient d’acquérir le musée privé Miniature et Cinéma à Lyon, dont sont issues les pièces exposées. Une fois le film en boîte, elles finissent pourtant le plus souvent « à la poubelle », alors qu’elles possèdent un « enjeu historique et patrimonial » qui raconte la construction d’un long métrage, assure ce collectionneur passionné.

« Comme pour un tableau », ces objets doivent être authentifiés, explique Alexandre Poncet : d’où proviennent-ils ? Avec quel matériau ont-ils été conçus ? Apparaissent-ils à l’écran ? Selon le but recherché, travail préparatoire ou tournage, leur design se révèle parfois très précis, en témoigne la maquette minutieusement travaillée d’un vaisseau pour Independence Day (Emmerich, 1996). D’autres procurent le même frisson qu’à l’écran comme ce crâne d’alien, mâchoires béantes, utilisé dans Alien la Résurrection de Jean-Pierre Jeunet, en 1997.

Malgré l’avènement du numérique qui a fait basculer les effets spéciaux dans une autre dimension, les maquettes n’ont pas complètement déserté les studios et servent notamment à concevoir des images de synthèse, note Alexandre Poncet devant la miniature d’un Martien de Mars Attacks ! (Tim Burton, 1996) qui a précédé le modèle 3D.

Derrière ces oeuvres se cachent des « architectes de l’ombre devenus mieux que des vendeurs de rêve » car ils ont créé « des effets dont plus personne ne peut se passer », rappelle Dominique Roland, le directeur du Centre des arts. Ces costumiers, prothésistes et fabricants de maquette demeurent des acteurs clés dans l’univers du cinéma. Le superviseur d’effets spéciaux américain Rob Legato (Apollo 13, Titanic) sera d’ailleurs l’invité d’honneur de PIDS, festival des effets spéciaux qui se teindra dans le même lieu du 26 au 29 janvier.

Avec Belga

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