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Grease : La comédie musicale qui a marqué toute une génération débarque en Belgique en novembre

Grease : La comédie musicale qui a marqué toute une génération débarque en Belgique en novembre

Fanny Delaigue reprend le rôle de Sandy et Julien Husser celui de Danny. | © DR

Art et Scène

La comédie musicale Grease sera en Belgique les 4, 5 et 6 novembre prochain. Nous avons rencontré pour l’occasion les deux comédiens qui incarnent Sandy et Danny.

 

C’est un film qui a marqué des générations entières. Grease raconte l’histoire d’amour entre Danny, leader de la bande des T-Birds, et Sandy, jeune étudiante douce et romantique. Un film culte porté par ses deux acteurs principaux Olivia Newton-Jones et John Travolta.

La comédie musicale Grease arrive en Belgique les 4, 5 et 6 novembre prochain. Retour dans les années 50 grâce à 22 artistes qui nous transporte dans un lycée américain, sous fond de rock’n’roll et boogie-woogie. On y retrouve toutes les chansons les plus célèbres du film, de « Greased Lightnin’ » à « Summer Nights », en passant bien évidemment par « You’re The One That I Want ». À l’occasion de leur passage par chez nous, nous avons rencontré Fanny Delaigue (Sandy) et Julien Husser (Danny).

Avant de jouer dans la comédie musicale, est-ce que c’est un film dont vous étiez particulièrement fan ?

Julien Husser : À un million de pourcent !

Fanny Delaigue : Ça fait partie des films qui nous ont donné envie de faire de la comédie musicale ! On l’a découvert avant de faire ce métier. Donc c’est vrai que quand on a été pris pour faire ce show, on connaissait déjà bien l’histoire.

Ça a dû être plutôt simple pour apprendre les paroles du coup…

J.H : Oui, complètement ! Surtout que nos chansons sont en anglais, donc on n’a pas mis longtemps. Mais parfois, on a quelques petites surprises quand même sur certains mots.

F.D : Une personne une fois m’a dit que dans « You’re The One That I Want », elle avait toujours cru que c’était « Oh yeah Sandy » au lieu de « oh yes indeed ». Donc parfois on croit connaître les paroles et on est surpris.

J.H : Pour moi, ce film ne vieillira jamais. Même si l’image et le message à l’intérieur ne sont plus les mêmes qu’aujourd’hui, ça évolue. On peut l’entendre et le voir différemment. Aujourd’hui, je le vois différemment d’il y a 20 ans.

 

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Récemment, le film a d’ailleurs été accusé de « sexisme » et de « misogynie ». Vous en pensez quoi ?

F.D : Les films sont toujours représentatifs d’une vision sur une époque. Après, on a essayé de moderniser le tout, surtout avec le personnage de Sandy, et d’en faire quelqu’un qui se révèle parce qu’elle sort de son éducation familiale très religieuse, très bridée. Et finalement, elle va se retrouver au contact de gens qui sont très libres et qui se sont déjà découverts. Elle va se poser la question de savoir qui elle est, et elle va juste se révéler et sortir quelque chose qu’elle avait déjà à l’intérieur mais qui était bloqué. Ce n’est pas juste : « je veux plaire à un garçon » ou « je vais m’habiller sexy ».

J.H : Ça peut paraître dingue, mais moi je n’ai jamais vu le film Grease de cette manière-là (en tant que garçon). Je n’ai jamais vu la fille qui change pour le garçon. J’ai toujours vu les deux personnages qui changeaient l’un pour l’autre. Sandy change pour elle, pour s’assumer telle qu’elle est. Elle ne devient pas une « Pink Lady », comme les autres. Elle ne rentre pas dans le moule. Elle développe sa propre personnalité.
Et Danny, il enlève son blouson des T-Birds, ce qui représente l’appartenance à un groupe et à son image. Il se rend compte qu’il a ce comportement uniquement pour garder sa réputation. Mais sinon, derrière, il est quelqu’un d’autre et c’est une vraie quête d’identité. C’est un peu plus profond que ce qu’on imagine de prime abord sur Grease, même si ça reste fun et léger. Ça, on ne l’a pas perdu, mais on a voulu travailler la quête d’identité de nos personnages. Et quand on a 17 ans, on est en plein dans cette recherche.

Comment vous vous êtes préparé pour ces rôles ? Comment vous avez fait pour vous détacher du jeu d’Olivia Newton-John et de John Travolta ?

F.D : On s’en détache forcément parce qu’on y met notre personnalité. Quand tu es comédien et qu’on te propose un personnage, tu vas forcément aller chercher quelque chose dans ton histoire personnelle. Et puis, on a tous une lecture différente du personnage. Sandy, elle va me toucher pour certains traits de son caractère, alors qu’une autre comédienne va être touchée par d’autres choses, parce que ça va résonner différemment chez elle. Du coup, je pense que ma lecture de Sandy est forcément différente de celle d’Olivia Newton-John. Après, je pense qu’il faut trouver l’équilibre entre s’inspirer du film (parce que c’est ce que les gens veulent voir aussi), et trouver ce que moi je peux rajouter.

J.H : De mon côté, c’est vrai que John Travolta ça reste une icône dans ce personnage. Il y a des gimmicks et des tournures de phrases où je ne pouvais pas passer à côté. Déjà parce que j’ai grandi avec ce film et que ce sont devenues aussi mes gimmicks (rires), mais aussi parce que le public doit retrouver le personnage qu’ils ont aimé dans le film.

F.D : Et puis il faut aussi dire que les personnages ont des traits très poussés quand même. Sandy, c’est vraiment la sainte nitouche ; Danny, c’est vraiment le kéké… Donc on est obligé d’aller un peu dans le même chemin qu’eux parce qu’on doit défendre des personnages un peu clichés, même s’ils sont plus profonds que ça.

J.H : Oui parce que même si on amène plus de profondeur aux personnages, dans l’écriture, ça reste une comédie. Les gens rient au spectacle parce qu’on y va à fond. C’est drôle à faire, on est des lycéens, on n’est pas censés réfléchir à certaines choses.

C’est un film qui a marqué plusieurs générations. Est-ce que ça vous a mis une pression quand vous avez obtenu ces rôles ?

F.D : Un peu (rires). On sait que les gens ont des attentes. Il y en a dans le public qui connaissent mieux le film que nous. Ça fait toujours bizarre quand quelqu’un te dit « tu fais comme Olivia Newton-John ? ». Même moi, je me demande ce qui s’est passé dans ma vie pour que j’en arrive là.

J.H : Ce sont des premiers rôles dans un gros show qui est connu mondialement, donc ça met forcément une pression. Mais franchement, c’est une grande fierté.

Comment vous avez fait pour passer au-dessus de cette pression ?

J.H : Ça peut paraître cliché, mais c’est parce que c’est notre métier.

F.D : J’allais dire pareil.

J.H : Quand on ne fait pas notre métier, on se dit qu’il y a quelque chose d’énorme qui nous dépasse. Mais on a des répétitions qui font qu’on se sépare très vite de tout ce qu’il y a autour du show, pour rentrer complètement en immersion dans l’histoire. Une fois sur scène, toute cette pression n’existe plus et on ne pense qu’à notre personnage. Moi, sur scène, je suis Danny.

Dans le spectacle, il y a quelques chansons qui sont adaptées en français. C’était nécessaire ?

J.H : Il y a eu quelques tentatives, en effet (rires). Certaines ont été gardées pour le public, parce que ce sont des chansons qui sont comiques donc on a besoin que les gens rient avec nous et comprennent les blagues.

F.D : Ce n’est pas forcément inné chez tout le monde de parler et de comprendre l’anglais. Durant la chanson de Rizzo, l’armure se brise et c’est l’un des rares moments émotion du spectacle. Mettre la chanson en français, ça permet d’avoir tout le monde qui partage la même bulle d’émotion qui est assez forte. En plus, Amélie (Amélie Munier, ndlr) fait ça très bien.

J.H : Il y a aussi eu des essais, comme avec la chanson d’ouverture « Grease » (qui est dans le générique du film) qu’ils avaient fait en français dans la comédie musicale de 2008. On a aussi essayé de la mettre en français, mais ça ne fonctionnait pas du tout. Pour moi, tous les solos sont des cassures, des moments très intimes, et ils pourraient être en français. Après certaines chansons sont trop cultes, donc on ne peut pas y toucher !

« Je suis beaucoup plus Chuck Berry que Aya Nakamura », Fanny Delaigue

Le film se passe dans les années 50 aux États-Unis. Est-ce que c’est une période qui vous fait rêver ? Vous auriez voulu y vivre ?

F.D : Je pense que j’aurais bien aimé, mais peut-être pas en tant que femme. Je ne sais pas trop… je dirais oui parce que j’adore le style vestimentaire, c’était hyper cool, très coloré. Mais surtout le style musical, j’adore ! Je suis beaucoup plus Chuck Berry que Aya Nakamura (rires). Et il y avait cette envie de profiter de la vie à fond dans cette période d’après guerre. J’ai l’impression que c’était un peu plus léger, en tout cas.

J.H : Alors c’est sûr qu’en tant que blanc, à cette période-là aux États-Unis, je dirais carrément ! Mais j’ai joué dans le spectacle « Hairspray », qui est juste quelques années plus tard, et on parle de la ségrégation. On ne pense pas à parler de ça généralement sur Grease, parce que ce n’est pas abordé dans le film.
Maintenant, pour nous, avoir 17 ans à cette époque, je dirais oui. La musique, je l’adore. Le style vestimentaire, je l’adore (et je le porte tous les jours). Les bananes, j’adore (même si ça devait prendre du temps le matin). Et puis fumer, boire, conduire sans ceinture des grosses bagnoles… C’était l’insouciance et rock’n’roll !

Quelle est votre chanson préférée dans la comédie musicale ?

F.D : Pire question (rires). Le tableau que je préfère faire, c’est « Summer Nights » au début, avec les garçons d’un côté et les filles de l’autre qui se racontent leur été. C’est hyper fun, la chanson bouge bien, on danse. Au niveau du théâtre, c’est chouette à jouer. On est tous sur scène… Moi, j’aime bien ce tableau.

J.H : Moi ce serait la chanson du drive-in, pour le solo de Danny. En plus, musicalement, on a rajouté du saxophone sur cette version. C’est un piano/saxophone plus lent, ce qui donne une version plus tranquille, plus intimiste, et qui colle pour le coup parfaitement à mon Danny. C’est un régal de chanter cette chanson. Quand on chante sur bande, c’est rare de pouvoir modifier ce genre de chose, ça n’arrive pas souvent, donc c’est un vrai cadeau.

La comédie musicale Grease sera le 4 novembre au Théâtre royal de Mons, le 5 novembre au Forum de Liège et le 6 novembre au Cirque Royal de Bruxelles.

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