Paris Match Belgique

ALIS, le spectacle des fêtes : « Nous montrons au public ce dont le corps humain est capable ! »

Un spectacle qui prendra ses quartiers à Bruxelles en cette fin d'année ! | © DR

Art et Scène

Le cirque World’s Top Perfomers débarque fin décembre à Bruxelles pour quatre représentations d’ALIS. La troupe, composée d’artistes iconiques du Cirque du Soleil et du Nouveau Cirque, plongera le public dans une expérience riche en émotions et en surprises.

 

Par L.Dp

Le spectacle ALIS se produira donc pour la première fois en Belgique au Cirque Royal de Bruxelles les 29, 30, 31 décembre 2022 ainsi que le 1er janvier 2023 pour la Saint-Sylvestre. ALIS transporte le public dans un voyage imaginaire par le biais d’atmosphères inspirées du chef-d’œuvre de Lewis Carroll « Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles ».

Pour l’occasion, nous avons rencontré deux protagonistes de ce spectacle:  Asia Tromler (le personnage principal Alis) et Gianpiero Garelli (le fondateur de la compagnie). Ils étaient de passage avant le coup d’envoi des quatre représentations de la fin du mois de décembre. En piste !

Parismatch.be. À quel genre de spectacle le public belge va-t-il assister dans quelques semaines ?
Gianpiero Garelli. « Nous avons remis au centre de la scène les artistes ! Notre démarche est différente de ce que le cirque contemporain a offert sur la dernière décennie. On s’éloigne des effets spéciaux, d’une grande machinerie voire de constructions dantesques. C’est une question de budget mais aussi une approche autre. Le spectacle et les numéros des artistes sont bien entendu soutenus par de la musique originale, des projections, des lumières, des chorégraphies… Mais le focus est mis sur la performance des hommes et des femmes qui composent le spectacle. C’est le top mondial du cirque. »
Asia Tromler. « L’investissement a plutôt été placé sur un grand nombre de numéros réalisés par des artistes très talentueux. Si vous comparez avec ce que le Cirque du soleil propose, vous avez surtout entre trois et cinq numéros forts. Le reste se trouve davantage dans l’émerveillement de ce qu’il y a autour. Pour ALIS, les quatorze numéros sont forts avec un fil conducteur. Nous montrons au public ce dont le corps humain est capable ! »

Le spectacle Alis raconte une histoire ou on est plutôt dans le divertissement pur ?
Asia Tromler. « Le personnage central de Alis découvre les sentiments, les émotions et les interactions humaines. C’est davantage une proposition poétique. Alis raconte l’être humain ! Les clowns sont par exemple plus dans l’interaction avec le public afin de faire pénétrer les gens dans notre bulle. C’est un show de deux heures mais les spectateurs nous disent souvent qu’une fois emportés, ils n’ont pas vu le temps passer… »

La troupe se veut également solidaire avec l’Ukraine prise dans un conflit armé avec la Russie…
Gianpiero Garelli. « Au total, nous accueillons beaucoup d’artistes ukrainiens et nous leur permettons de continuer à s’entraîner en Italie notamment. Nous avons même un numéro partagé par un couple dans ALIS. Il est Ukrainien et elle est Russe. Nous le disons à chaque représentation, c’est tellement symbolique. »

C’est quoi le cirque en 2022 ? 
Gianpiero Garelli. « Les cirques très traditionnels il en reste peu dans le monde comme le cirque Knie en Suisse qui fonctionne très bien. Il y a le cirque moderne comme le Cirque du Soleil mais qui selon moi a atteint ses limites avec ‘Toruk’ inspiré par le film Avatar. Les gens l’ont un peu rejeté en disant ‘nous ne voulons pas aller au cinéma, nous voulons aller au cirque’…  Notre compagnie trace son propre chemin et le mot d’ordre est de mettre le contenu des numéros le mieux en avant possible. Le cirque, ce sont les artistes. »
Asia Tromler. « Nous avons créé une ligne parallèle et on essaie d’emmener le public avec nous sur le chemin des émotions vraies. »

La situation va mieux pour le monde du spectacle, vous en êtes la preuve. Mais la pandémie mondiale a-t-elle eu des conséquences durables sur le monde du cirque ?
Gianpiero Garelli. « On laisse derrière nous ce très mauvais contexte pour le cirque… Je peux vous dire que le public a répondu très favorablement à ce spectacle et que les salles sont bien remplies. Avec les nombreux reports que nous avons connu entre 2020 et début 2022, les spectateurs ont été courageux de nous suivre. Moi-même je n’aurais pas acheté de ticket (rires). Par contre, je n’oublierai jamais cette période. Vous savez… des artistes que nous connaissions se sont suicidés durant la pandémie. C’était terrible… Il n’y a pas de mot pour l’expliquer. »

Le monde du cirque attire-t-il encore aujourd’hui de nombreuses vocations ? Il ne semble plus très populaire auprès des jeunes…
Asia Tromler. « J’enseigne dans une école qui affiche toujours complet. D’après moi, il s’agit d’un endroit où les jeunes peuvent être eux-mêmes à 100%. Le cirque m’a permis d’enlever le masque à 14 ans. J’y ai trouvé ma place, une capacité de m’exprimer à travers mon corps alors que j’étais très introvertie. C’est vraiment une bulle au sein de laquelle il n’y a pas de compétition. Le seul problème que je perçois est, au niveau européen surtout, que l’image du cirque se résume aux animaux, aux clowns et au jonglage pour caricaturer. Mais le cirque est beaucoup plus riche… Ceci dit sur des réseaux comme Instagram, on voit apparaître de plus en plus de groupes consacrés à l’acrobatie aérienne par exemple et le monde du cirque en général. J’ai un compte que j’alimente régulièrement. »

Un petit mot pour Franco Dragone qui nous a quitté il y a deux mois et qui a fort influencé le cirque moderne ?
Gianpiero Garelli. « J’ai croisé Franco avant sa mort… Il m’avait dit ‘ton spectacle est fou, je n’ai jamais vu un casting pareil‘. Dragone est l’icône absolue de l’évolution du cirque contemporain. Je ne suis pas loin de penser qu’il a eu une illumination pour le cirque. Nous devons tous le remercier pour cela. »
Asia Tromler. « Forcément, j’ai grandi avec les spectacles Saltimbanco, Alegria… Il a été une grande source d’inspiration pour moi. Le Cirque du soleil au travers de Franco Dragone m’a apporté une approche différente du cirque classique, de jouer beaucoup plus avec les émotions. Et j’ai eu la chance de le rencontrer ! »

 

CIM Internet