Paris Match Belgique

Excellence belge : Ionnik, le cadre magique

ionnyk galerie

La communauté d’abonnés peut se laisser guider par la galerie en suivant les thèmes et les collections, découvrir un nouvel artiste ou même se connecter aux « stories » de la galerie. Ici, deux œuvres 
de Gaetan Caputo. | © DR.

Art et Scène

Cette galerie d’art connectée, qui permet d’accrocher au mur des photographies d’art mobiles, vivantes et même capables d’évoluer au jour le jour comme dans une histoire, est une première mondiale.

Par Philippe Fiévet

 Souvenez-vous de Harry Potter et de son école de magiciens, dans laquelle les tableaux représentent des portraits qui bougent, se penchent ou s’épanchent. Une lubie de scénariste, un fantasme d’écrivain ? Pas du tout, car trois trentenaires bruxellois sont parvenus à reproduire ce genre de prouesse qui projette l’art dans un monde nouveau, propice à des expériences inédites. Mathieu Demeuse, un as du monde digital, son épouse Charlotte Dubois et leur associé Antoine Baudoux ont en effet réalisé ce tour de force dont seuls les magiciens étaient capables jusqu’à présent. Mais dans leur cas, nul besoin de baguette magique : le miracle du digital suffit, à partir de la technologie du papier électronique dont on connaît l’application dans les liseuses. Les écrans de celles-ci sont constitués de millions de capsules d’encre chargées positivement ou négativement, ce qui permet de les modifier. 

Durant plusieurs années, nos pionniers ont planché pour trouver comment appliquer une recette comparable aux photos dans un rendu qualitatif exceptionnel, sans câble, sans dégagement de chaleur, sans émission de lumière et sans consommation électrique excessive, avec une autonomie allant jusqu’à douze mois grâce à une seule charge de batterie de quatre heures. Après avoir déposé leur brevet, les compères lancent donc leur entreprise en 2019, Ionnyk, un nom dans lequel se retrouvent à la fois le mot « iconique » (icône, en grec, signifie image) et la mise en valeur du I et du O, c’est-à-dire du 1 et du 0, bases binaires du monde digital. « Ionnyk est une première mondiale qui propose une expérience artistique unique et étonnante. Désormais, l’art devient muable, l’œuvre photographique prend vie. Il s’agit d’une nouvelle manière de consommer l’art chez soi, en s’offrant le luxe du changement à tout instant », explique Mathieu.

Les tableaux représentant des portraits qui bougent, se penchent ou s’épanchent ne sont plus une lubie de scénariste, un fantasme d’écrivain: c’est le miracle du digital

Pour avoir accès à ce nouveau modèle de galerie d’art connectée, il faut bien sûr s’équiper. L’achat du cadre, contrôlé depuis une application mobile, fait de vous un membre à part entière de la communauté, ce qui vous donne accès à un catalogue en constante évolution. Celui-ci compte actuellement un millier d’œuvres d’art peu communes d’une centaine d’artistes de plus de vingt pays. Une fois accrochées au mur du salon dans leur cadre magique, elles peuvent évoluer de différentes manières. « En fonction de votre humeur, de la saison ou de vos invités, vous pouvez changer de photos. Imaginez sur votre mur un lac africain paisible où, le soir venu, un couple de lions vient s’abreuver. À l’aube, il libère un envol massif de flamants roses. » 

ionnyk galerie
Mathieu Demeuse et Charlotte Dubois. DR.

Grâce à ces surdoués du monde digital, «l’art devient muable, l’œuvre photographique prend vie. Il s’agit d’une nouvelle manière de consommer l’art chez soi, en s’offrant le luxe du changement à tout instant»

La performance est aussi polyvalente : la communauté d’abonnés peut se laisser guider en suivant les thèmes et les collections, découvrir un nouvel artiste ou même se connecter aux « stories » de la galerie, qui donnent accès à des tirages iconiques de grandes maisons de presse telles que Paris Match. On peut être transporté à Woodstock, revoir de grands moments d’actualité ou plonger dans celle du jour, comme ce fut le cas au lendemain du décès d’Elizabeth II : une photographie de la défunte souveraine avait été proposée afin de permettre de lui rendre hommage directement dans son salon. Une autre initiative permettait de participer en direct au lancement d’Artémis à la seconde même où la fusée montait dans l’atmosphère. « Ainsi, le monde de la culture et de l’art se rejoignent comme par magie », explique le trio, dont la société draine aujourd’hui un chiffre d’affaires d’un million d’euros, emploie quinze personnes et travaille en collaboration avec des artistes belges, français et internationaux. Et ce n’est qu’un début, car les demandes affluent de toute la planète. Un contrat vient d’ailleurs tout juste d’être signé à Dubaï, alors que le Japon et les États-Unis sont déjà sur la liste d’attente. 

« Nous gérons toute la chaîne de valeur en Belgique : le software, la fabrication des cadres et tout le contenu de notre catalogue », précise Mathieu. Pratiquement, sachez encore que le cadre magique est vendu au prix de 1 350 euros le petit format « Jane » et 3 250 euros le grand format « Linn », chaque modèle pouvant être accroché en portrait ou en paysage. Et si vous souhaitez voir ces prouesses artistiques de plus près sans passer par Poudlard, il suffit de se rendre sur ionnyk.com ou, sur rendez-vous, dans le showroom situé à La Hulpe.

CIM Internet