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Boiler Room s’invite au crépuscule de la nuit bruxelloise

La Boiler Room bruxelloise aura lieu ce jeudi 26 octobre 2017. | © Boiler Room

Scène

Le concept Boiler Room s’invite à Bruxelles, avant une tournée européenne qui amorce le lancement de son dernier projet baptisé « Into the dark ».

2 jours, 7 heures et 54 minutes. Le décompte de la page qui clignote est formel : ici, sous une url mystérieuse, il se prépare un projet énigmatique qui n’entrera dans la lumière que ce jeudi 26 octobre. Deux indices ont empoigné la curiosité des quelques 3 500 « intéressés » d’une page Facebook qui porte le même intitulé : « Into the dark » et « Bruxelles », accolés à « Boiler Room ». Déjà un évènement en soi, et ce même bien avant de disposer de la moindre information sur la rencontre.

C’est que Boiler Room, une chaine qui retransmet en direct les sets des artistes techno les plus underground comme la fine fleur du hip-hop mondial, a bâti sa réputation sur le mystère et une certaine forme d’exclusivité. Ses soirées, toujours données en petits comités, ont participé à asseoir la réputation de bien des DJ’s – quand ce ne sont pas eux qui viennent confirmer la réputation du concept. Un plan fixe, un son unique et des chanceux qui s’amusent, c’est tout ce que demandait la toile pour élever la Boiler Room au rang d’indispensable de la scène. Drapée de secret, l’annonce d’un évènement bruxellois a donc tout pour faire vibrer les noctambules de la ville.

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©Boiler Room

Mais pour eux, il reste tout à deviner. Comment assister à l’évènement ? Qui y jouera ? Dans quel lieu inédit de la ville la fête aura-t-elle lieu ? Et surtout, que se cache-t-il derrière la fusion entre la chaine underground 2.0, née à Londres en 2010, et le concept « Into the dark » ?

Retour en terre underground

La plupart de ces questions ne toruveront de réponse que la veille de l’évènement. Mais ici, on sait. Avant toute chose, que Bruxelles constitue une première, qui fera des septuplés : huit soirées techno labellisées « Into the Dark » dans huit villes européennes, ambiancées par (plus de) huit DJ’s de renommée mondiale. De la plus petite des capitales de la fête aux plus grands DJ’s, le concept avalera les kilomètres avec plus de puissance frappe que le loup qui partage l’affiche. Les invités seront triés sur le volet, tandis que les « refoulés » pourront toujours suivre le spectacle de leur écran, comme le font chaque mois un sérieux paquet d’internautes.

Ensuite, qu’il ne s’agit que d’un prélude à une nouvelle plateforme night life lancée en partenariat avec Eristoff. Même assis sur le trône de la retransmission live « de tous les genres de musique à travers le monde », « là d’où on vient – le coeur de Boiler Room – c’est la sombre et suante techno d’Europe », décrypte l’Anglais Dean Bryce, l’un des responsables de Boiler Room. Et pour retracer l’histoire de la techno et la remettre sur le devant de la scène, les deux partenaires s’apprêtent à balancer une longue série de vidéos revisitant les clubs les plus pointus, les sets oubliés et les icônes d’un genre européen qui ne s’illustre plus en Belgique qu’en de rares occasions. Les portraits d’artistes rivaliseront avec des formats pensés pour les réseaux sociaux comme un voyage à travers « les meilleurs dancefloors pleins à craquer et suants, partout à traver le globe ». Et tagline oblige, le contenu ne sera accessible, dans un premier temps, que la nuit.

L’intrigue est donc limpide : Boiler Room semble vouloir revenir à son ADN ancré dans les sous-cultures musicales – et plus généralement, artistiques. Faire émerger les talents qui opèrent « sous le manteau de la nuit » et les mettre en pleine lumière, comme à l’origine. Quoiqu’il en coûte. De quoi faire rêver les Bruxellois qui ont entamé il y a longtemps déjà leur divorce avec la vie nocturne, à coup d’arrêtés et de fermetures de clubs. Si une soirée ne pourra suffire, en un coup de projecteur, à faire retrouver à la capitale l’esprit de ses nuits les plus sauvages, elle pourra peut-être lui rappeller que tout n’est pas – encore – perdu. La nuit palpite toujours sous ses lampadaires blafards.

 

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