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The End of the F**king World : La fin du monde n'a jamais été aussi glauque et attachante

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Dans la nouvelle pépite produite par Netflix, The End of the F**king World, on embarque les yeux fermés dans la fugue mouvementée de deux ados dérangés. Lui est un psychopathe aux envies de meurtre. Elle, une rebelle auto-destructrice.

"Je m'appelle James. J'ai 17 ans, et je suis à peu près sûr d'être un psychopathe ». Le décor est planté. Dès sa première réplique, James montre toute l'étendue de son esprit dérangé. Ou presque. Après avoir aiguisé ses talents de tueur sur de nombreux animaux, du papillon au chat du voisin, le mini Dexter se sent prêt à s'attaquer à plus grand, beaucoup plus grand. Pourquoi pas Alyssa ? Autoritaire au vocabulaire fleuri, l'ado rebelle à la moue éternellement énervée semble être la première victime parfaite. Après des présentations plutôt froides, les deux ados perturbés décident de sortir ensemble. Alyssa embarque l'apprenti meurtrier dans une fugue à travers une Angleterre plus américaine que british. Elle y voit un moyen pour fuir sa banlieue mortelle (et un beau-père aux mains baladeuses). Lui, l'occasion pour assouvir ses pulsions meurtrières.

Avec huit épisodes de 20 minutes, The End of the F**king World se regarde en une seule soirée, comme un film indé de plus de 2h30, présenté à Sundance. Tout se passe très vite jusqu'à ce que James commence à "ressentir des choses » - autrefois il avait tenté de mettre sa main dans la friteuse pour finalement ne rien éprouver. Leur relation peu ordinaire évolue mais James garde toujours son objectif en tête : tuer quelqu'un.

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Bonnie & Clyde version ado

Si le trailer annonce de la violence et du sang (et il y en aura), la série ne tombe pas pour autant dans une histoire illogique et gore. Les deux adolescentes, magnifiquement interprétés par Jessica Barden, aperçue dans The Lobster, et Alex Lawther, vu notamment dans The Imitation Game et la saison 3 de Black Mirror, compensent cet univers macabre avec des personnalités attachantes et des passés tourmentés.

Lors de leur cavale, les jeunes Bonnie & Clyde volent des voitures, squattent dans une maison douteuse, braquent une station service mais tombent également sur un tas d'adultes lugubres qui dépeignent un monde bien plus glauque que les intentions de James. De la pédophilie au viol, en passant par le suicide, elle aborde une série de sujets lourds sans jamais tomber dans le côté moralisateur grâce à son humour noir. Ici, le problème ne vient pas des adolescents dérangés mais bien de la cause de leur perturbation : les parents et plus généralement les adultes.

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the end of the f**king world
Netflix

Road movie romantico-macabre

Inspiré d’un roman graphique du même nom signé Charles Forman, The End of The F**king World est sans conteste la bonne surprise de ce début d'année. Ne vous méprenez pas sur la censure du titre, cette fin du monde est bien brute et sans filtre, emmenée à la perfection par une bande originale vintage et décalée. Si la série peut sembler être au premier abord un ovni produit par Netflix, elle se place finalement davantage entre un roadmovie teenage et une comédie romantique d'un nouveau genre.

La fin ouverte annonce (un peu trop) une deuxième saison, mais le créateur et réalisateur de la série, Jonathan Entwistle, a affirmé que rien n’avait été commandé, ni même prévu. Pour le moment.

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