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History’s Creed : Quand jeu vidéo rime avec Histoire sur Arte

« History’s Creed » est une série en 10 épisodes servie par une esthétique 8 bits qui nous met parfaitement dans le thème. | © PEXELS

Séries télé

Arte et le youtubeur Nota Bene s’unissent pour une nouvelle mini-série qui explore les liens entre les jeux vidéo et les événements historiques.

Explorer Jérusalem à l’époque des Croisades, se confronter aux impitoyables Borgia pendant la Renaissance, assister aux balbutiements de la Révolution française et de l’âge d’or de la piraterie ou encore comploter avec Cléopâtre durant l’Égypte Antique… Voici le programme haut en couleur de la série Assassin’s Creed. Depuis 10 ans, la saga vidéoludique d’Ubisoft propose aux joueurs un tourisme historique à travers une lutte millénaire (et fictive) entre les Assassins et les Templiers. « L’histoire est notre aire de jeux », avance la compagnie bretonne.

Arte en 8 bits

Ce slogan représente bien la relation particulière que le jeu vidéo – média devenu surpuissant ces dernières années – entretient avec l’Histoire. Stéréotypes en tous genres voire propagande, anachronisme, uchronie ou reconstruction… Arte Creative a fait appel à Ben, alias, Nota Bene, pour explorer toutes ces facettes. À la tête d’une page YouTube forte de 600 000 abonnés et de 40 millions de vues cumulées, ce passionné de jeux vidéo et d’histoire était l’homme idéal pour le job. Ainsi est né « History’s Creed », une série en 10 épisodes servie par une esthétique 8 bits qui nous met parfaitement dans le thème.

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Les stéréotypes au service du gameplay

« Je suis fan de jeux vidéo depuis tout petit, mais maintenant j’ai les outils critiques pour déconstruire tout ça », confie-t-il à France Inter. Extraits et bande-son de jeux divers et variés à l’appui, chaque épisode propose une analyse qui fait mouche à l’aide d’historiens et de concepteurs. Le premier épisode est par exemple consacré aux stéréotypes dont souffrent les jeux vidéo, qu’ils dépeignent systématiquement les Vikings avec un casque à cornes (comme dans Skyrim) ou un Moyen-Âge toujours sanguinaire (comme dans For Honor). Ces stéréotypes existent et sont entretenus, car ils permettent aux joueurs de se sentir en terrain connu. Ce contexte familier servirait la narration et privilégierait le gameplay. En tant que médium, le jeu vidéo est pensé par des entreprises aussi passionnées que commerciales avant d’être mis dans les mains des joueurs. Leur plaisir prime au même titre que le profit. 

Révolution et polémiques

Si l’Histoire est un terrain de jeu, il reste un terrain de jeu sensible. Miné même. Les jeux vidéo souffrent toujours d’une mauvaise réputation et les polémiques sont légion. Ainsi, au moment de sortir son épisode consacré à la Révolution française en 2014, l’équipe d’Assassin’s Creed Unity a été pointée du doigt par certains politiques. Avec Jean-Luc Mélanchon en chef de file. On ne badine pas avec l’héritage de Robespierre.

« On travaille avec les traces du passé », explique-t-on du côté d’Ubisoft. L’Histoire regorge en effet de zones d’ombres dans lesquelles les développeurs et les créatifs de tout poil s’engouffrent pour proposer une expérience unique à leur public. Des avancées technologiques comme la motion capture – qui est également utilisée dans le cinéma – permettent « un hyperréalisme qui brouille les pistes » concède volontiers Nota Bene. Le jeu vidéo, en plantant un décor certes subjectif, peut pourtant susciter de la curiosité vis-à-vis d’époques historiques. « Lorsqu’Assassins Creed Origins (le dernier épisode en date, ndlr) est sorti, les pages Wikipédia consacrées à l’Égypte Antique ont connu un pic de consultations », remarque le youtubeur au micro de France Inter. La preuve que, malgré tout, l’Histoire et les jeux vidéo sont faits pour s’entendre ?

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