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« Insatiable » : La nouvelle série Netflix (déjà) accusée de grossophobie

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Debby Ryan, dans le rôle de (Fatty) Patty dans Insatiable. | © Netflix

Séries télé

Dévoilée le 19 juillet, la bande-annonce de Insatiable a été vivement critiquée par les internautes, accusant la nouvelle série Netflix de grossophobie.

En produisant des séries à la pelle depuis plusieurs années, Netflix ne peut pas forcément se tenir à l’abri des polémiques. La dernière en date, Insatiable. Le pitch ? Patty, une étudiante en surpoids interprétée par Debby Ryan subit quotidiennement les insultes et moqueries de ses camarades. Jusqu’au jour où elle est frappée au visage par un inconnu qui lui brise la mâchoire. Incapable de manger durant tout l’été, celle qui était surnommée « Fatty Patty » est métamorphosée. De retour à l’école, elle va utiliser son nouveau corps admiré de tous pour se venger.

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Si cette comédie teenage sort le 10 août sur Netflix, sa bande-annonce fait déjà débat. Le scénario à priori cliché de « la grosse moche qui devient mince et populaire » ne plaît pas aux internautes qui accusent la série de grossophobie et de fat-shaming.

Traduction : C’est un bon exemple de pourquoi j’ai grandi peu sûre de moi et j’ai pensé que je ne serais jamais aimé à cause de ma taille. donnez-nous une histoire où la grosse fille reste grosse, se bat, mais apprend à accepter son corps et surmonte les normes sociétales.

Traduction : « Une ado arrête de manger, perd du poids et une fois qu’elle est « conventionnellement attirante » se venge de ses camarades ? C’est toujours dire aux enfants de perdre du poids pour « gagner ». Le fat-shaming est inhérent et assez énervant ».

Traduction : « Vous avez une chance de faire des contenus créatifs, engagés et originaux par des gros à propos de la vie de personnes en surpoids et vous choisissez de… mettre une mince dans un costume de gros et de faire des blagues à propos de sa triste vie ainsi que sur la folle qu’elle est devenue. C’est paresseux et pathétique« .

D’autres internautes ont tout de même conseillé d’attendre l’entièreté de la série avant de la juger.

Autre problème que le poids

Mais en montrant une jeune adolescente qui se goinfre dans son canapé à la crème glacée, la bande-annonce de la série Netflix qui utilise encore une fois une actrice mince avec un costume pour paraitre grosse ne passe pas. En plus d’encourager, sans le vouloir, les troubles alimentaires, Insatiable stigmatise encore davantage des personnes déjà marginalisées.

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Au-delà du fat-shaming, la série semble susciter un autre problème : la banalisation du bullying et l’incitation à la vengeance. Fallait-il vraiment répondre à la violence par la violence ? La morale de l’histoire est déjà toute trouvée et ne mérite donc aucun spoiler : la vengeance ne servira à rien, et Patty réalisera qu’elle n’est pas plus heureuse avec ce nouveau statut social.

Alyssa Milano défend la série

Plusieurs internautes ont interpellé les acteurs de la série, dont Alyssa Milano, l’un des visages des mouvements MeToo et Time’s Up aux Etats-Unis. Traitée d’hypocrite, l’actrice de Charmed a répondu sur Twitter : « Nous ne discriminons pas Patty. Nous abordons (par le biais de la comédie) les dégâts causés par la grossophobie ».

En guise de réponse aux critiques, l’actrice principale Debby Ryan a simplement partagé un extrait d’un article du magazine Teen Vogue : « Quand elle retourne à l’école, tout le monde est stupéfait par son changement physique. Problématique ? Pas qu’un peu. Après tout, si la façon dont on vous traite est basée sur votre apparence, cela en dit long sur eux, pas sur vous« .

« Juger sans aller plus loin »

Scénariste et productrice de la série, Lauren Gussis s’est inspirée de sa propre vie pour pondre Insatiable. « La série est un avertissement sur les dommages que peuvent causer le fait de croire que les apparences sont plus importantes – de juger sans aller plus loin« , écrit-elle sur Twitter. « Juger par l’apparence », cela correspond également aux nombreuses critiques adressées à la série, qui n’en est qu’à une bande-annonce et qui bénéfice par le biais de cette polémique d’une bonne publicité. Alors, pour pouvoir juger en connaissance de cause, rendez-vous le 10 août prochain.

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