Paris Match Belgique

Ad Vitam sur Arte : La série qui tue la mort

ad vitam yvan attal

Yvan Attal dans le rôle de Darius dans "Ad Vitam". | © Arte / Ivan Mathie.

Séries télé

Après Trepalium et Transferts, Arte diffuse à partir de jeudi Ad Vitam, sa nouvelle série d’anticipation intelligente et intrigante primée au festival Séries Mania. Entre science-fiction et polar, elle nous plonge dans un univers où l’on peut vivre à tout jamais et nous interroge sur notre rapport à la vie, à la mort ou encore à la parentalité. 

Si l’on vous proposait un voyage pour la vie éternelle, prendriez-vous un billet ? C’est la question qui revient à l’esprit en boucle devant Ad Vitam, la nouvelle série dystopique d’Arte signée Thomas Cailley (Les Combattants) et Sébastien Mounier (Trepalium). Dans ce monde où les gens ont appris à tromper la mort, la vie ne connaît plus de limites, l’ambition la barrière du temps : un individu peut embrasser toutes les carrières qu’il désire, acquérir les compétences et savoirs de ses envies.

Lire aussi > « Bodyguard » : La série phénomène de la BBC débarque sur Netflix

La planète, elle, semble embouteillée par la surpopulation, le manque de ressources et les désastres écologiques qui guettent ces humains rendus ivres par la vie éternelle et qui cherchent à limiter les naissances par un référendum. Parce que si la vieillesse et la mort ne sont plus une préoccupation pour les vivants, l’avenir des jeunes, dont la majorité légale a été repoussée à 30 ans, n’est plus non plus source d’inquiétude pour leurs aînés. Pourtant, certains mineurs qui rejettent la régénération et le modèle de vie imposé par leurs aînés ont du mal à trouver leur place dans cette société qui les délaisse et les suicides collectifs ne sont pas rares chez cette jeunesse.

La série débute avec la découverte de jeunes morts sur une plage le soir où la doyenne de l’humanité fête ses 169 ans. C’est un vieux flic de 119 ans, Darius Asram (Yvan Attal), qui est chargé de mener l’enquête et de nous faire découvrir son univers à la fois intrigant et angoissant à cause de sa proximité avec le nôtre. « Ce n’est pas tout à fait notre monde, mais ça y ressemble beaucoup. C’est une série qui n’a pas besoin d’être très loin du réel et de tout réinventer », a affirmé à Paris Match la productrice Katia Raïs qui cite la série Black Mirror en référence. « Les scénaristes ont lu beaucoup d’articles sur le transhumanisme, ils se sont renseignés sur le système de régénération de la méduse, qui existe véritablement. Ils sont partis aussi de l’obsession actuelle de certains qui ne veulent plus vieillir. Il y en a qui payent des fortunes pour trouver la solution du mystère de la vie éternelle ».

Garance Marillier dans le rôle de Christa.
Garance Marillier dans le rôle de Christa. © Arte / Ivan Mathie.

Un duo d’acteurs remarquable

La productrice explique encore que la série ne se veut pas moralisatrice. « C’est une réflexion, un voyage à travers divers univers et différents points de vue. C’était important de ne pas dire ‘ceux-là ont raison à ce propos et ceux-là ont tort’. On ne tranche jamais », déclare-t-elle, soulignant que ce sont avant tout les personnages qui sont au coeur du récit. Il bat grâce au duo formé par le charismatique Yvan Attal et la bluffante Garance Marillier. Tout oppose le flic torturé et Christa, une jeune fille de 24 ans qui était prête à en finir avec la vie dix ans plus tôt et qui va aider la police à faire la lumière sur le phénomène des pro-suicide. Une relation presque filiale va se créer entre le policier qui a tout vu et la jeune femme qui cherche une raison de vivre. « Une fois l’écriture du scénario terminée, on cherchait un acteur avec une présence physique pour incarner Darius. On a tout de suite pensé à Yvan, se rappelle Katia Raïs. Ça a tout de suite marché entre Garance et lui aux essais. Ce sont deux familles d’acteurs qui se rencontraient, ils ne jouent pas de la même manière ».

Lire aussi > Breaking Bad va (enfin) débarquer sur grand écran

Avec son pantalon noir trompette, sa chemise blanche et ses lunettes noires vissées sur le nez, Darius est un hommage aux flics de Takeshi Kitano. L’inspiration asiatique se ressent aussi dans l’esthétique soignée de certaines scènes très colorées, illuminées par des néons fluorescents, incandescents comme les jeunes dans la série, avant qu’ils ne se muent en adultes glacials et blasés par une vie sans fin.

Ad Vitam, à partir de ce jeudi 8 novembre à 21h sur Arte et déjà disponible en ligne.

CIM Internet