Notre top des 10 meilleures nouvelles séries qui ont fait 2018

meilleures séries 2018

Pour sa première apparition sur nos petits écrans, Julia Roberts brille dans "Homecoming", thriller psychologique des plus captivant. | © Amazon Studios.

Séries télé

La fiction télévisuelle n’a jamais été aussi foisonnante et créative que cette année. Ou quand quantité rime de plus belle avec qualité.

Le renouveau des séries ne date pas de 2018, on est bien d’accord. La première décennie des années 2000 aura vu l’émergence d’un genre à part entière [Les Soprano, The Wire, Breaking Bad], qui dans bien des cas a surpassé un cinéma parfois bien trop redondant et avide de remakes vus et revus. Depuis, l’âge d’or de la fiction sur petit écran n’a pas faibli et, au contraire, rencontre son apogée. Les plateformes de streaming ont récemment changé la donne et laissé place à une liberté de création peut-être encore jamais vue auparavant. Une créativité foisonnante qui va de pair avec une multiplication des programmes : comme nous le rappelle FX dans sa traditionnelle analyse de l’année écoulée, 495 séries originales ont été diffusées en 2018 rien que sur les écrans américains, tous canaux confondus. Il s’agit tout simplement d’un record historique. La fiction télé visuelle se porte bien, merci pour elle. Paris Match Belgique a donc tenté, dans la multitude de scénarios allant du thriller névrosé à l’horreur revisitée, de garder dix nouvelles créations originales qui sont sorties du lot. Notre sélection dans le désordre.

Pose – FX

Pose, c’est la nouvelle série du prolifique Ryan Murphy [Nip Tuck, Glee, American Horror Story], co-créée avec Brad Falchuk et Steven Canals. Un show ô combien salvateur car pour la première fois à la télévision, une fiction suit uniquement les vies de personnes transgenres et de jeunes homosexuels de couleur dans le New York des années 80. Réaliste, humaine et touchante, l’histoire de Pose nous fait suivre les pas de Blanca, qui poursuit le rêve de devenir la queen du voguing, style de danse alors à son zénith. Outre le casting trans le plus large jamais vu dans une série télévisée, la grande majorité des scénaristes eux-mêmes sont aussi transgenres. Une véritable authenticité se dégage ainsi du récit. Transparent avait déjà ouvert la voie que Pose prend à son tour : nous faire découvrir un monde méconnu à travers des questions majeures comme le VIH, la prostitution ou encore la jeunesse gay sans abri. Un véritable show coloré et musical à souhait qui fait du bien au cerveau.

Lire aussi > The Looming Tower, ou comment le 11 septembre aurait pu être évité

The Haunting of Hill House – Netflix

Le scénariste et réalisateur Mike Flanagan a rafraîchi le genre de la maison hantée cette année, en dressant le portrait d’une fratrie traumatisée par la mort de leur mère. Très libre adaptation de La Maison Hantée, un roman de Shirley Jackson paru en 1959, et considéré par Stephen King comme un des livres les plus terrifiants de l’histoire, The Haunting of Hill House se révèle être un drame psychologique d’une efficacité redoutable (le binge-watching est presque assuré). On suit ici les cinq enfants de la famille Crain, qui ont grandi dans un vaste manoir qu’ils ont précipitamment quitté la nuit où leur mère y est morte. Trente ans plus tard, ils sont toujours hantés par ce souvenir … Les codes de l’horreur comme le parquet qui grince ou les portes qui claquent sont là pour notre plus grand plaisir. S’y mêle le drame intimiste qui accompagne les malheurs (et quelques bonheurs) de nos héros à la psychologie plus que travaillée. « Hill House » est une série d’épouvante qui nage au fil des épisodes vers une profonde mélancolie. Un pari osé, et réussi.

Sharp Objects – HBO

Après le triomphe de Big Little Lies, Jean-Marc Vallée (The Dallas Buyers Club, Wild) renoue avec le format sériel dans Sharp Objects, mini-série en huit épisodes. Le récit de ce thriller hallucinatoire suit les déboires psychologiques d’une journaliste qui enquête sur une sombre affaire de meurtres en série dans son village natal. Notre héroïne n’est autre que l’envoûtante Amy Adams, glaciale et très instable dans le rôle de Camille, qui fait face à ses démons du passé. On plonge au plus profond dans l’intime pour s’éloigner de la trame thriller. Ici pas de cliffhanger et de suspense, mais plutôt un spleen permanent, une lenteur dépourvue de longs dialogues. Sombre et intriguante, Sharp Objects va vous hypnotiser sans même que vous le réalisiez.

The Looming Tower – Hulu

Plus de seize ans après les attentats du 11 septembre, l’ombre du World Trade Center plane toujours sur les fictions américaines. Au contraire de Homeland, toujours aussi contemporaine et centrée sur l’Amérique de Trump (la saison 7 s’est terminée le 29 avril sur Showtime), The Looming Tower revient 20 ans en arrière et nous plonge dans la guéguerre entre la CIA et le FBI à l’aube des années 2000. La série raconte à la sauce thriller comment les services secrets américains n’ont pas su déjouer les plans d’Al Qaeda. Inspirée par l’essai éponyme du journaliste Lawrence Wright (Prix Pulitzer 2007), elle se penche principalement sur l’enquête d’Ali Soufan, un jeune agent du FBI d’origine libanaise (Tahar Rahim) et de son supérieur, John O’Neill (Jeff Daniels). Deux personnages (réels) en conflit ouvert avec la CIA. Le duo d’acteurs est à l’image du show, impeccable sur tous les points. Suffisamment complexe pour ne pas paraître trop simplifiée, mais assez claire pour ne pas nous perdre, The Looming Tower n’a pas fait beaucoup parler en 2018. Elle est pourtant une des toutes meilleures créations originales de la fournée écoulée.

Bodyguard – BBC / Netflix

Phénomène dés sa diffusion sur la BBC en août (10,4 millions de britanniques étaient devant leurs écrans pour le premier épisode), Bodyguard est depuis disponible sur Netflix et a affolé les compteurs en cette fin d’année. Le récit suit le sergent de police David Budd, vétéran de guerre usé qui se retrouve promu à la protection de la ministre de l’Intérieur britannique Julia Montague. On ne vous en dit pas plus sur l’histoire tant les éléments surprises du récit font la saveur du show. À mi-chemin entre la fiction d’espionnage façon Homeland, où les enjeux politiques sont inexorablement mêlés aux dangers imminents, et le film culte des années 90 Bodyguard, avec qui elle partage plus qu’un titre, la série s’inscrit parfaitement dans notre époque paranoïaque et se révèle d’une intensité incroyable. Accrochez-vous.

Wild Wild Country – Netflix

Wild Wild Country vient donner ses lettres de noblesse à la production documentaire estampillée Netflix. La série de six épisodes revient sur un pan oublié de l’histoire récente américaine : l’édification spectaculaire au cœur de l’Oregon d’une ville censément utopique par une communauté religieuse aux allures de secte hindouiste, et les violentes tensions avec les locaux qui en découlèrent. Créée par les documentaristes Chapman et Maclain Way, et produite par Jay et Mark Duplass, Wild Wild Country exhume de manière passionnante une affaire ayant secoué l’État à priori tranquille d’Oregon dans un contexte proprement hallucinant. Au travers de témoignages fouillés et sans jamais prendre parti, le docu bénéficie d’une mise en scène extrêmement soignée, alimentée par d’incroyables images d’archive au cœur de Rajneeshpuram, et portée par une bande son de haut vol.

Barry – HBO

C’est la comédie de l’année. Portée par le talentueux Bill Hader, qui est aussi cocréateur de la série, elle mêle une bonne dose de cynisme à une étonnante tendresse. On suit les

pérégrinations de Barry, un tueur à gages qui s’ennuie et qui va retrouver un semblant d’intérêt à la vie quand il tombe sur une classe de théâtre. Entre la froideur et la noirceur du tueur et les sentiments exacerbés d’un acteur, Barry navigue entre ses deux côtés diamétralement opposés. Une double vie dangereuse qui le mènera on ne sait pas encore de quel côté. Remarquable, Bill Hader est sans conteste la révélation de 2018 tant le show tragi-comique est marqué de son empreinte. 

The End of the F***ing World – Netflix

Adapté d’une BD, ce petit bijou de comédie noire narre le road trip initiatique de deux ados – une extravertie borderline et un Dexter en puissance. Ces Bonnie et Clyde post-punk vont développer une attirance bancale touchante durant leur irrésistible virée, rythmée par une BO signée Graham Coxon (Blur) et à des chansons qui vont de la rage des Buzzcocks à la douceur mélancolique de Françoise Hardy. Une belle manière d’en finir avec le monde.

Killing Eve – BBC America

Concentré d’espionnage pur jus saupoudré d’humour noir, Killing Eve est une adaptation du roman Codename Villanelle du britannique Luke Jennings. Phoebe Waller-Bridge, créatrice anglaise de l’acclamée Fleabag, nous livre ici une adaptation réussie et pointée par nombre d’observateurs comme la meilleure série de l’année. Elle raconte le jeu du chat et de la souris auquel vont se livrer deux femmes espionnes, aussi intrépides et intelligentes l’une que l’autre. Sandra Oh (Grey’s Anatomy) incarne Eve Polastri, une employée de bureau au MI5 obsédée à l’idée d’attraper une tueuse à gage psychotique, nom de code Villanelle, qui opère à un niveau international. Un face-à-face 100% féminin rafraîchissant qui fait du bien. Le must-see de cette année 2018.

Lire aussi > « Bodyguard » : La série phénomène de la BBC débarque sur Netflix

Homecoming – Amazon Prime

Reprenant l’intrigue d’un podcast créé par Eli Horowitz et Micah Bloomberg (notamment avec les voix d’Oscar Isaac et David Schwimmer), Homecoming est portée par l’incroyable Julia Roberts, qui campe une assistante sociale travaillant à Homecoming, un centre de Floride qui vient en aide aux soldats vétérans pour les réintégrer dans la société civile. Un plan machiavélique a été mis en place par les autorités et s’en prend directement aux soldats, mais on ne vous en dira rien tant l’écriture travaillée donne sa force au récit. Haletant, déstabilisant (les questions s’accumulent au fur et à mesure), le show à l’image lêchée (le showrunner n’est autre que Sam Esmail, le créateur de Mr Robot) nous hypnose par son mystère permanent. Et la galerie de personnages présentés éblouit l’écran tant le casting est cinq étoiles. Bobby Cannavale (Boardwalk Empire), Shea Wigham (Fargo), Sissy Spacek (Carrie), Stephan James (Race) et Jeremy Allen White (Shameless) viennent donner la réplique à une Julia Roberts qui a récemment confié « n’avoir jamais autant bossé sur un projet ». Une implication qui se ressent, l’actrice déployant tout son talent (on pense à Erin Brokovitch plus d’une fois tant la prestation est un sans-faute) au service d’un show rôdé à la perfection.

 

 

CIM Internet