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Stéfi Celma crève l’écran dans Dix pour cent : « Chaque rôle est comme une petite victoire »

Après avoir tourné dans 'Happy Times' du réalisateur américain Michael Mayer, Stéfi Celma commence 'Bout’chou' d’Adrien Piquet-Gauthier avec Carole Bouquet et Gérard Darmon. Après plusieurs autres projets les prochains mois, elle tournera la saison 4 de 'Dix pour cent' en septembre. | © DR

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L’une des grandes révélations de la série déjà culte ‘Dix pour cent’ est sans conteste cette jeune femme pétulante, solaire et au délicieux grain de voix. Et son agent de jongler avec les propositions qui se bousculent. Comme son personnage irrésistible, elle a la grâce des artistes qui excellent dans plusieurs registres et se découvrent un peu plus à chaque étape.

Dix pour cent n’a pas mis longtemps pour devenir addictive. La vie de cette agence de comédiens, où les déboires sentimentaux et les casse-têtes de planning de ses dirigeants aux prises avec la susceptibilité des plus grandes stars, est en effet une merveille d’humour, d’élégance et d’efficacité. Sur une idée de Dominique Besnehard, sous la plume de Fanny Herrero et devant la caméra de Cédric Klapisch, la série a servi d’incontestable accélérateur pour bon nombre de ses excellents comédiens, dont Stéfi Celma, drôle et lumineuse dans le rôle de Sofia, apprentie comédienne inénarrable en comparse de Julien Doré. Car la jeune femme chante aussi délicieusement qu’elle ne joue.

Quel couple ! Dans ‘Dix pour cent’, le duo Stéfi Celma/Julien Doré a marqué les premières saisons. Prouvant aussi les talents de chanteuse de la jeune femme.

Depuis, les projets s’enchaînent, lui permettant de tâter d’expériences très différentes qui passent parfois par la Belgique. « J’y ai notamment tourné le film de Jeanne Herry ‘Pupille’ près de Knokke. Et je reviens fin mars pour poursuivre le tournage du film de Ruben Alvez ‘Miss’ ». Son regard vert n’a pas fini de nous captiver…

Paris Match. Depuis quand avez-vous développé ce goût pour le jeu et la scène ?
Stéfi Celma
. Quand ‘Dix pour cent’ a débarqué dans ma vie en 2015, je faisais ce métier depuis 8 ans, j’ai commencé par le théâtre et la comédie musicale. Ma famille me rappelle souvent combien j’ai toujours aimé ça. Dès qu’il y avait des enfants à la maison, je les embarquais pour faire un spectacle, à tel point que mes cousins n’en pouvaient plus. J’élaborais des chorégraphies, des sketches ou des chansons, tout pourvu que je joue. J’ai cru au départ que ce serait la musique qui prendrait le dessus. J’ai fait un peu de piano puis me suis mise à la guitare. Malgré mes doutes, on m’a proposé de jouer dans un spectacle musical écrit notamment par Zazie ‘Sol en cirque’ où un directeur de casting m’a repérée. Du coup, j’ai participé à un autre spectacle « Je me voyais déjà » reprenant des chansons d’Aznavour. À nouveau repérée, on m’a proposé de jouer dans une série, ce à quoi je n’avais jamais pensé. Le simple fait de passer des essais était déjà à mes yeux une étape incroyable, j’étais sidérée d’apprendre que j’étais choisie ! Devenir comédienne était comme un rêve inaccessible, bien enfoui au fond de moi.

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Que vous ont appris vos premiers tournages ?
Je suis très curieuse, j’adore regarder les gens. Interpréter différents personnages m’a autant appris sur les autres que sur moi, mes limites, mes faiblesses mais aussi mes possibilités. Cette remise en question perpétuelle s’avère très stimulante et vous fait penser que tout peut arriver. Chaque rôle est comme une petite victoire. Quand je joue, je ne me pose pas beaucoup de questions, j’essaye juste de trouver ma vérité quant au personnage, de lui créer une sorte de parcours de vie.

Je ne suis pas du genre à mettre des points aux phrases. Je préfère les points de suspension.

‘Dix pour cent’ a chamboulé votre carrière comme celle des autres protagonistes. Comment faire face à un tel succès, dans une série aussi drôle et brillante ?
J’avais entendu parler du projet mais je ne suis pas du genre à harceler mon agent, justement ! Mais à l’idée d’une série initiée par Dominique Besnehard, et réalisée par Cédric Klapisch avec qui je rêvais de tourner, l’envie me titillait. La bienveillance de Cédric, son immense respect de l’humain, transparaît complètement dans tous les épisodes. Il existe un véritable esprit de troupe entre les comédiens récurrents de la série. Nous passons quand même 4 mois de tournage ensemble par an, sans compter la promo, et nous sommes ravis de nous retrouver. Vous ne trouverez aucun ego mal placé entre nous, on est dans le partage et l’envie de construire ensemble. Je suis absolument fan de tous ! Et j’ai aimé mon personnage dès les essais, en deux scènes je l’avais compris.

Que ce soit dans ‘Dix pour cent’ ou encore récemment aux Césars où vous avez rendu hommage à Michel Legrand avec Cécile Cassel, on met régulièrement en avant votre voix et votre musicalité.  Des projets ?
La musique c’est ma vie, j’en ai besoin au quotidien, pour le plaisir ou pour évacuer le stress. J’aimerais évidemment pouvoir allier musique et comédie mais de façon naturelle, selon mon inspiration, sans calcul. Je travaille actuellement sur des chansons mais en prenant mon temps. La notion d’album me semble un peu obsolète aujourd’hui, il existe différents canaux pour partager des moments de musique.

Le bureau d’agents de ‘Dix pour cent’ regarde avec confiance… vers la saison 4 !

Votre nom et votre visage évoquent une personne lumineuse, au sourire communicatif. Êtes-vous consciente de dégager cette image de jeune femme chaleureuse et est-ce ce que les réalisateurs viennent chercher chez vous ?
Je sais combien la vie est précieuse. J’ai la santé, mon noyau dur qui est ma famille et mes amis, il est important de profiter de chaque instant, d’autant quand la vie vous fait de beaux cadeaux comme en ce moment. Au tout début de ma carrière, cette apparente jovialité a pu faire penser que je n’avais pas assez de vécu pour jouer autre chose, j’ai même entendu que je n’étais pas assez trash ! Heureusement, j’ai pu dépasser ces idées reçues et prouver que je pouvais exprimer des sentiments différents, sans pour autant remiser ma gaieté.

Avez-vous vite trouvé votre style ?
Oh mais je l’étudie encore ! Je suis quelqu’un de nuancé qui n’aime pas les personnalités bien arrêtées. En mode, j’apprécie l’idée de mixer le masculin et le féminin. Les femmes les plus féminines sont celles qui arrivent à combiner harmonieusement ces deux aspects. Je pense que nous devons assumer ce côté féminin et masculin que nous avons tous. En termes de style, je recherche des vêtements confortables, bien coupés dans de belles matières. Je privilégie les chaussures plates, les derbys, les modèles de Roger Vivier, mais je peux aussi craquer pour des sneakers. Et j’ai un faible pour les jolis accessoires.

Comment s’exprime votre côté masculin ? Est-il vrai que vous aimez particulièrement bricoler ?
J’aime beaucoup retaper des objets ou des intérieurs, si je n’avais pas fait ce métier j’aurais pu travailler dans la rénovation. Plus jeune, j’ai fait un bac scientifique et j’étais dans des classes de mecs ! Ce qui m’allait très bien car je suis nana mais pas girlie ! J’ai horreur des extrêmes, les gens ‘trop’ me font peur. En fait, je ne suis pas du genre à mettre des points aux phrases. Je préfère les points de suspension. Je suis certaine que rien ni personne n’est arrêté, on évolue sans cesse.

Que gardez-vous de vos racines martiniquaises et comment vivez-vous cette double culture ?
J’ai vécu 4 ans en Martinique quand j’étais petite mais j’en garde des souvenirs très forts. Le fait de vivre en pleine nature, entre mer et campagne, entourée par ma famille, mes grands-parents, mes oncles et tantes, cueillant des mangues et des oranges selon les saisons, ne s’oublie pas. À mon retour en France, nous avons habité dans le 93 à Stains, en Seine-Saint-Denis, près de Paris, dans une petite cité. J’ai redécouvert la Martinique plus âgée, dans le sens où j’ai pris le temps de la visiter, une vraie rencontre. J’espère y retourner bientôt, bien qu’une année très chargée se profile.

Qu’aimez-vous faire quand vous avez un peu de temps ?
Mes proches m’aident à me ressourcer. Et j’écoute beaucoup de musique. J’ai un faible pour tout ce qui fait bouger le bas-ventre ! Même dans une chanson lente, il faut qu’il y ait du groove, j’aime beaucoup les basses qui font vibrer. J’ai craqué pour des titres de Melody Gardot qui donnent envie de chalouper, mais aussi pour un artiste nigérian, Funbi, dont le titre ‘Hallelujah’ me transporte. Et récemment, j’ai découvert une petite de chez vous, Angèle. Ah là là, elle est délicieuse et j’adore le titre ‘Tout oublier’ avec son frère Roméo Elvis. Avec tous ces artistes, je sens que nous sommes les enfants de la mondialisation et des mélanges, on écoute des musiques de partout et de tous les styles.

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