Hector Langevin, le dandy élégant

Hector Langevin, le dandy élégant

Hector Langevin

Génération no limits : Télévision, cinéma, réalisation, musique. À 24 ans, Hector Langevin embrasse son futur. (Jean Diesel, t-shirt American Vintage, bague Isabelle Lenfant). | © GANAELLE GLUME

Séries télé

Le héros de la série Demain nous appartient prend la pose pour Paris Match et adopte des allures à la James Dean ou Delon. Le jeune comédien vit des débuts très exposés mais compte bien s’essayer également aux platines pour faire danser les foules.

Il lui restait 2 semaines d’études au Cours Florent quand il a été repéré pour le casting de Demain nous appartient, la série de TF1 que les spectateurs de la RTBF connaissent également. Le jeune homme, visage fin et regard clair, a le physique des jeunes premiers mais une soif d’explorer propre à sa génération, passant derrière la caméra pour tourner des courts-métrages ou rêvant de rejoindre les plus grands DJs.

Hector Langevin
Dès son plus jeune âge, ses parents ont tenu à développer son sens artistique : cinéma, théâtre, expos… (Pantalon A/MG Suits, pull AMI , veste Eden Park). ©GANAELLE GLUME

Paris Match. Quel regard portez-vous sur Bart, l’un des héros de la série préférés du public ?
Hector Lanvin. Bart est un adolescent qui a beaucoup mûri, peut-être trop, il faut que je lui insuffle à nouveau une juvénilité. Il faut dire qu’il est assez tourmenté, il vit un passé familial lourd. J’ai envie qu’il exprime désormais des états d’âme divers, pour sortir d’un jeu trop monolithique. Je grandis en même temps que lui, même s’il a 18 ans et moi 24. Le retour de Hugo, son petit copain dans l’histoire, va apporter des opportunités de nuances dans mon interprétation. Je vous avoue que jouer ma première vraie scène de larmes a été très puissant et révélateur, j’ai réussi à aller chercher en moi l’énergie et les émotions nécessaires, un très grand moment ! Chaque comédien a sa méthode de concentration, se référant ou non à son vécu personnel. Pour ma part, je m’isole avec de la musique, du type nocturne de Chopin, et je me projette dans la scène à jouer. J’ai hâte de savoir ce que je vais devenir. Les scénaristes ont déjà terminé d’écrire les épisodes d’octobre. Mais je ne les découvre que 2 semaines à l’avance. Ce rôle est arrivé par hasard, j’ai eu droit à un coup de pouce du destin, de la vie, je ne sais pas comment le nommer. Cette série m’apprend mon métier, je peux me réjouir de deux formations : celle du cours Florent et celle de Demain nous appartient.

Lire aussi > Le succès des webséries belges à Hollywood

D’où vous vient cette passion du jeu ?
Mes parents ont tenu à développer mon sens artistique dès le plus jeune âge en m’emmenant au cinéma, au théâtre, voir des expos… J’ai un souvenir très précis où, vers l’âge de 6 ans, j’ai assisté à une représentation du Malade imaginaire. J’ai passé plusieurs jours à rejouer des scènes chez moi, à mimer ce que j’en avais retenu, j’étais ébloui. Comme je passais mon temps à me déguiser, l’envie d’être comédien s’est vite affirmée. Mes parents ont subi mes multiples spectacles d’enfant dans lesquels j’enrôlais mes deux sœurs.

Avez-vous développé votre passion pour la musique en parallèle ?
Elle a toujours fait partie de ma vie. Mon père et ma grande sœur jouaient de la trompette en amateur, du coup je m’y étais mis aussi. Quand mon prof a quitté l’académie, j’ai opté pour la batterie, avec la découverte du rythme. Au même moment, un cousin m’a offert une platine de DJ et j’ai pu développer ce goût pour les arrangements. Je mixe plutôt de l’électro et du funk, même si les playlists de mon téléphone sont d’une très grande variété. J’écoute aussi bien Jacques Brel qu’Henri PFR, à qui j’ai remis récemment un D6bels Music Award, Johnny Hallyday que Duke Ellington. Je vais sur Spotify et je découvre, sans arrêt, j’explore le champ des possibles musicaux. De toute façon, un DJ se doit d’être à l’affût des nouvelles sensations. Je m’amuse, avec un ami, à miser sur les prochains tubes et nos pronostics sont plutôt bons. Notre dernier coup de cœur ? « Calma » de Pedro Capó. Et je parie sur le nouveau single de Lost Frequencies !

Hector Langevin
Il découvre sans arrêt des nouvelles tendances sur Spotify. (jeans WW chez Orlanda, polo Cesar Casier, chaussures Bowen). ©GANAELLE GLUME

Pour vous aussi ce sera le grand bain bientôt. Comment se prépare-t-on à un concert dans le même festival que Bob Sinclar en juin à Dijon ?
Je compte bien le faire le plus élégamment possible et espère me produire souvent cet été. Pour la première fois, je vais me retrouver face à un public. Je passe beaucoup de temps en studio, quand je ne tourne pas, et une partie de mon équipe se trouve à Los Angeles pour y enregistrer des voix. Il existe une part de travail en solitaire, nombre de vidéos sur mon compte Instagram en attestent, mais j’ai surtout tout un ensemble de managers, de compositeurs et de musiciens qui collaborent avec moi. Ça va, à 24 ans je peux me permettre de bosser la journée et la nuit. Mon hygiène de vie ? Faire du sport et dormir. J’ai longtemps réfléchi à un nom de scène. Pour finir, Hector, ce sera très bien.

Lire aussi > Façon Jacmin : Les nouvelles expertes belges du denim se lancent dans l’upcycling

 

View this post on Instagram

 

Marrakech Style 🎧🔥

A post shared by Hector Langevin (@hectorlangevin) on

7 milliards d’humains… et Hector Langevin

Quel est votre besoin le plus viscéral ? Celui de créer ou de vous exprimer ?
Sans doute celui de m’exprimer à tout prix. Mais seul le chemin de la création me permet de le faire, il m’apporte une libération, un moyen de dédramatiser certaines situations, que ce soit en jouant, en réalisant des courts-métrages ou dans la musique. Le fait d’écrire trois scénarios format court, d’imaginer des histoires et des personnages, a été une véritable échappatoire pour transcender des douleurs, familiales ou amoureuses. L’amour est au centre de mon processus créatif. Avec plus de 7 milliards d’habitants sur terre et une moyenne de deux histoires d’amour par vie, j’ai de quoi écrire !

Quel est votre rêve réalisable ?
Tout simplement avoir une petite maison au calme. Je me partage aujourd’hui entre Paris, Sète pour le tournage de la série et Londres, pour sa beauté et sa richesse culturelle.

Hector Langevin
Le titre de la série dont il est le héros lui va comme un gant : Demain nous appartient. (Costume A/MG SUITS, chemise Nouveaux Ateliers NA, boutons de manchettes, David Gotlib). ©GANAELLE GLUME

Comment contrôler son image quand on est un jeune comédien dont le physique de jeune prince occupe les écrans, et les pensées des fans ?
Je fais très attention, depuis longtemps, à mon style, je veille à me montrer élégant. La mode, au sens large, m’a toujours intéressé, c’est une question de bien-être personnel mais aussi d’image justement. Depuis le début de la série, j’ai appris combien le vêtement pouvait vous aider à créer un personnage. Au cours Florent, mon professeur m’a dit : « Pour trouver ton personnage, trouve-lui des chaussures ». Je me suis vite rendu compte de la justesse de cette remarque, les chaussures vont influencer votre démarche, votre posture, votre aisance ou votre mal-être. D’ailleurs, je me suis beaucoup préparé à cette série de photos pour Paris Match, j’ai recherché des looks très cinéma, comme celui de James Dean que j’adore, donné mon avis sur l’un ou l’autre vêtement. Le rapport à la mode est de plus en plus présent dans ma vie du fait de ma petite notoriété qui commence, certains créateurs me proposent leurs tenues et leurs conseils.

“Le sommet de l’élégance se situe, à mon avis, chez les dandys des années 30”

Quels sont les créateurs qui vous inspirent le plus ?
Yves Saint Laurent, pour la perfection de ses lignes et je porte de nombreux accessoires de sa maison. On verra plus tard, quand j’aurai plus de sous, pour les costumes !

Qu’évoque pour vous le mot « élégance » ?
Le sommet de l’élégance se situe, à mon avis, chez les dandys des années 30 avec leurs costumes bien coupés, très travaillés, dans des tissus et des tons parfois très particuliers. Je trouve que Woody Allen arrive à rendre cette élégance chez quasi tous les personnages masculins de ses films. Je ne suis pas contre une paire de baskets défoncées qui peuvent créer un style, enfin très peu pour moi, mais ça ne vaut pas une paire de très beaux mocassins en cuir.

Hector Langevin

©GANAELLE GLUME

Quelle est la place de l’homme de 2019 dans un monde où la femme ose enfin s’approprier la sienne ?
J’ai posté une citation sur Instagram : « Tous les hommes devraient être féministes. Si les hommes se souciaient plus des femmes, le monde serait un meilleur endroit ». C’est incroyable que nous devions, encore aujourd’hui, s’interroger sur la place des femmes et l’égalité de leurs droits. Mais il en va aussi de la place de l’homme. Dans la série, mon personnage Bart vit une histoire homosexuelle, ce qui a suscité une multitude de réactions. Je trouve cela incroyable. Avec les réseaux sociaux, la parole raciste se libère. Mais la parole solidaire et les consciences aussi. Je pense qu’on est sur la bonne voie de la tolérance. Quand j’ai vu le film Green Book, que j’ai beaucoup aimé, parlant d’un musicien noir américain homosexuel en 1962 en tournée dans le Sud des USA, j’ai longtemps pensé à une de ses phrases : « Je ne suis pas assez noir pour les Noirs, pas assez blanc pour les Blancs et pas assez homme pour les Hommes ». Aujourd’hui, il y a encore du chemin à faire mais on y arrivera. J’espère que mes enfants n’auront plus à se poser de questions sur la place de l’homme et de la femme.

Comment imaginez-vous votre homme moderne ?
En costume et baskets, nœud papillon, un iPhone dans la main et un journal dans l’autre ! Je trouve que la mode actuelle est très stylée. Heureusement, on a réchappé au chaussettes/claquettes de l’été dernier, une catastrophe.

Lire aussi > Deux artistes belges feront vibrer Coachella, qui a (encore) dévoilé une incroyable affiche

Crédits. Vêtements : A/MG Suits (22 Avenue Jean Volders 1060 Bruxelles – amgsuits.com/men). Jean Paul Knott (jeanpaulknott.com.American Vintage(fr.americanvintage-store.com). Diesel (be.diesel.com). NA Nouveaux Ateliers (Bruxelles Square Frère-Orban 7, 1040 Bruxelles, Belgique). Bijoux : Bague Isabelle Lenfant (i-l.be). Boutons de manchettes : David Gotlib (davidgotlib.com). Orlanda (45-47, Rue François Stroobant, 1050 Bruxelles). Eden Park. Chaussures : Bowen.
Remerciements. Maquillage – Coiffure : Hicham Saghrou pour le Salon Velasquez 38 rue des chapeliers 1000 Bruxelles. La Cabane de Poupette, cabane de luxe face au lac de Beersel (www.pepitesdamour.com/la-cabane-de-poupette).

CIM Internet