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Clap de fin pour la série The Big Bang Theory, qui diffuse son dernier épisode ce soir

The Big Bang Theory

De gauche à droite : Melissa Rauch, Simon Helberg, Johnny Galecki, Kaley Cuoco, Jim Parsons, Mayim Bialik et Kunal Nayyar. | © CBS

Séries télé

Aujourd’hui sera diffusé le tout dernier épisode de la série aux États-Unis après 12 saisons. L’occasion de revenir sur cette « success story » des plus étonnantes.

 

Série sur des physiciens, peuplée de « geeks » ringards, The Big Bang Theory semblait destinée à un public restreint mais s’est imposée comme l’une des plus regardées au monde. Que les deux héros Sheldon et Amy décrochent ou non leur prix Nobel, thème récurrent de cette douzième et dernière saison, « TBBT » raccroche au faîte de sa gloire.

La série a plané presque toute la saison au-dessus des 12 millions de téléspectateurs en direct (plus de 17 millions en comptant le différé), au même niveau que Game of Thrones et au sommet de la télévision américaine. Selon le cabinet Parrot, The Big Bang Theory figurait même, l’an dernier, parmi les cinq séries les plus populaires du monde. Le diffuseur, la chaîne CBS, aurait d’ailleurs volontiers poursuivi l’aventure mais l’acteur Jim Parsons, qui incarne le héros Sheldon Cooper, a dit stop, sonnant la fin de la partie.

The Big Bang Theory
Jim Parsons dans le rôle de Sheldon Cooper. © CBS

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Pour le producteur et scénariste Stephen Engel, qui a travaillé sur une trentaine d’épisodes durant les premières saisons, la série doit beaucoup de son succès à Sheldon. « C’était le mélange heureux d’un personnage et d’un acteur, qui était simplement magique », a-t-il indiqué dans un entretien à l’AFP. Aussi brillant scientifique qu’il était mal calibré pour la vie en société, Sheldon était « le mariage parfait d’un point de vue, de l’humour, d’une voix et d’un acteur qui faisait crever l’écran au personnage », dit Stephen Engel.

Mais Sheldon n’explique pas à lui seul comment une série qui ne figurait même pas dans le top 50 des audiences à la fin de sa première saison, et n’a jamais trouvé grâce aux yeux des critiques, a pu durer plus longtemps que Friends, le Cosby Show ou Seinfeld. De l’avis général, TBBT a su jouer la carte « geek », celle des passionnés de séries, de jeux vidéo et de sous-genres obscurs incarnée par Sheldon, Leonard, Howard ou Raj. Longtemps synonyme de marginalité, cette culture est devenue dominante à la faveur des sagas Le Seigneur des anneaux, Star Wars et Game of Thrones, élargissant l’audience de TBBT.

The Big Bang Theory
Preuve de leur succès, l’équipe a laissé son empreinte sur le Walk of Fame d’Hollywood. © DPA

« Dans la foulée de ‘Friends’, il y avait une tendance à mettre le plus possible de gens mignons dans la même pièce en espérant que les gens voudraient regarder », explique Stephen Engel. « ‘Big Bang Theory’ a décidé que parce qu’ils étaient des ‘nerds’ (passionnés par des sujets pointus), nous pouvions prendre les acteurs les plus drôles que nous pouvions trouver. Ils n’avaient pas besoin d’être beaux. » Bien que différente des grands sitcoms par sa distribution et son sujet, TBBT en respectait la forme : une série de gags (« punchlines »), un plateau avec plusieurs caméras et même des rires, pour partie rajoutés (le tournage avait lieu en public).

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La fin des sitcoms ?

La fin de la série, conjuguée à la fin prochaine de Modern Family, marque un tournant pour ce genre. Sur les chaînes traditionnelles, ne font plus des scores d’audience que Young Sheldon, tiré de TBBT, et Mom, également créé par Chuck Lorre, le père de The Big Bang Theory. Netflix a repris, un temps, ce format, avec La Fête à la maison : 20 ans après et Au fil des jours, mais aucune des deux séries ne survivra à l’année 2019. En 2020, le sitcom classique devrait ainsi être absent des grandes plateformes vidéo, Netflix mais aussi Amazon et Hulu.

« J’ai vécu plusieurs périodes dans ce métier durant lesquelles les gens disaient : le sitcom est mort. Et il est revenu à chaque fois », tempère Stan Zimmerman, producteur et scénariste qui a notamment travaillé sur la série Roseanne, en soulignant la bonne santé de nouvelles formes de comédie. Avec le déclin du sitcom traditionnel, la multiplication des supports et la fragmentation de l’audience, risque de disparaître aussi la notion de série universelle, capable de fédérer une large partie du public, comme The Big Bang Theory ou, dans un tout autre genre, Game of Thrones.

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« Je trouve ça formidable que la programmation soit devenue si diversifiée, avec des voix très différentes », s’enthousiasme Stan Zimmerman, qui travaille lui-même sur Silver Foxes, une série centrée sur un homosexuel âgé. Pour autant, il estime qu’ « il y a encore de la place pour une série de grande écoute, qui ferait rire et dont tout le monde parlerait le lendemain au bureau. Il y a la place pour tout, aujourd’hui ».

Avec Belga

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