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4 bonnes raisons de se réjouir de la fin de Game of Thrones

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Enfin. | © HBO

Séries télé

Ça y est, on va enfin nous foutre la paix. (Humeur)

 

PS : Cet article a été écrit par une personne qui n’a rien suivi de la course au Trône de fer (qui s’en tamponne d’ailleurs le coquillard) et par conséquent ne contient aucun spoiler. Promis, juré, bordel de m****.

Au diable la phobie des spoilers

Lundi matin, arrivée des collègues au bureau, H-10 avant d’avoir visionné le dernier épisode : « Cette journée va être horrible. » « Je me mets en mode œillères sur Facebook, je ne veux rien voir passer. » « Mer…, j’ai vu une image, je suis foutu. » « Ferme-la ! Dis rien ! » Toutes les cinq minutes, chacun y va de son petit commentaire, les uns tirant la grimace devant leur écran, les autres bouchant carrément leurs oreilles. De quoi inquiéter (et rassurer) les quelques quidams épargnés – quoique témoins – de ce triste spectacle.

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Depuis plusieurs semaines, on les voyait assis à leur bureau ou sur le canapé, à l’affût d’un nouvel ennemi redoutable : le spoiler. Consulter ses notifications sur Twitter ou Instagram était pour les fans devenu une véritable source de stress, provoquant à certains des spasmes, à d’autres des sueurs froides. Il était temps que ça s’arrête, vraiment. Car « si tu regardes Game of Thrones juste pour savoir ce qu’il va se passer dans l’épisode, où c’est que Game of Thrones ne te mérite pas, ou ça veut dire que tu ne mérites pas Game of Thrones », disait l’écrivain spécialisé en pop culture Pacôme Thiellemant, estimant qu’une grande série n’est jamais spoilable, dans la mesure où « les spoilers ne lui retirent jamais rien ». Et pourtant.

On va enfin pouvoir parler d’autre chose

En plus de provoquer l’hystérie sur les réseaux, la dernière saison de GOT aura surtout fait vivre de nombreux moments de solitude à tous ceux qui n’étaient pas dans le Game. À la cafèt, au bureau, en soirée ; ceux qui se sont sentis exclus des conversations palpitantes, évoquant des scènes mémorables aux détails croustillants, vont enfin pouvoir retrouver le sentiment d’exister. « Qu’il s’agisse d’un hasard ou d’une conviction, chacun devrait avoir le droit de scroller son fil d’actualité Facebook ou d’aller boire un verre en terrasse sans finir harcelé par Daenerys et ses dragons ou le reste de leurs potes qui se battent pour savoir qui posera ses fesses sur une chaise en fer », protestait-on (légitimement) chez nos confrères de Moustique. On a tellement parlé de Game of Thrones que certains prennent désormais des cours de haut valyrien, une langue inventée pour la série, juste au cas où.

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Alors oui, on va enfin pouvoir parler d’autre chose et le monde va pouvoir recommencer à tourner. C’est à se demander sur quelle actualité vont bien pouvoir surfer les médias – nous compris – maintenant que le Trône est conquis. Après avoir fait les gros titres de la presse planétaire pendant des semaines (qu’on a pris pour des années), Arya, Tyrion, Brienne et compagnie disparaissent définitivement de la circulation et risquent de laisser un énorme vide dans les kiosques et sur les réseaux. Sans compter quelques millions d’âmes déprimées et mélancoliques à l’idée de dire adieu à leur série préférée.

La dernière saison, ou celle de trop

Ceux qui s’étaient arrêtés à la première saison ou qui n’ont tout bonnement jamais regardé la série avaient jusqu’à présent plutôt bien supporté la fièvre Game of Thrones. Certes, l’envie leur est parfois venue de succomber à la tentation mais ils s’étaient chaque fois débrouillés pour se tenir à l’écart du brouhaha généré par la guéguerre du Trône de fer. On l’avait senti venir avec la saison 7 : d’infernal, l’engouement suscité par Daenerys et toute sa clique est devenu carrément insupportable.

La faute à deux longues et interminables années d’attente avant le dénouement d’une ultime saison sur-teasée. « Des articles par milliers. Des analyses à la pelle. Des commentaires dans tous les sens. Deux, trois fois par jour. Semaine après semaine. Aucun moyen d’y échapper. Même mon chat a dû en entendre parler », s’inquiétaient les ignorants, les exclus, les ratés. Pour eux, l’ultime saison de Game of Thrones leur a tout bonnement ôté toute envie de la regarder, même après tout le monde. Sans les avoir vu à l’écran, les trois lettres « G.O.T » nous sortent déjà par les trous de nez. Nous voilà désormais gavés, dégoûtés, saoulés. Trop, c’en a été trop. Merci du cadeau.

La fin est naze, de toute façon

Ce n’est même pas nous qui le disons, mais les fans (et même les acteurs) de la série tant vénérée. On pouvait s’y attendre. Un tel tapage social, médiatique et publicitaire ne pouvait que déboucher sur une pétition réclamant de refaire l’ultime saison avec « des écrivains compétents ». Au moment d’écrire cet article, le compteur comptabilise déjà 1 178 409 signatures… euh, pardon, 1 178 410. Avec un nouveau signataire toutes les secondes. C’est de la pure folie. Jugé décevant, bâclé et dépourvu de sens, le huitième volet de la saga n’est clairement pas à la hauteur des sept saisons précédentes. Quant au sixième et dernier épisode, même Kit Harington alias Jon Snow l’a estimé « décevant… ou épique, l’un des deux ».

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Sans trop savoir quoi en penser, finalement. C’est dire si le suspense n’a plus vraiment lieu d’être, tué dans l’œuf par les trop nombreuses (et hautes) attentes du public condamné à rester sur sa faim… douce, mais cruellement amère. Heureusement pour lui, HBO a souhaité faire durer le plaisir avec un documentaire inédit retraçant – sans prétention – les coulisses de « la plus grande série du monde ». Sortez les mouchoirs, car cette fois-ci, ce sera bel et bien fini. Du moins on l’espère.

 

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