Deux ans après sa sortie, 13 Reasons Why suscite toujours le malaise et les soupçons

Deux ans après sa sortie, 13 Reasons Why suscite toujours le malaise et les soupçons

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13 Reasons Why est parvenue à toucher des millions d'ados et de jeunes adultes, bouleversés par le sort tragique d'Hannah Baker, personnage principal de la série. | © Netflix

Séries télé

Une nouvelle étude pointe une « hausse marquée » des suicides d’adolescents américains, dans les mois qui ont suivi la mise en ligne de la série.

La série 13 Reasons Why a-t-elle provoqué des suicides chez les jeunes ? Deux ans après la diffusion de sa première saison sur Netflix, la question continue de se poser, notamment depuis la publication d’une nouvelle étude sur le suicide des adolescents américains.

Forte de son succès auprès des jeunes, la série adaptée du roman de Jay Asher a rapidement suscité le débat autour des thèmes abordés dans la série. Harcèlement scolaire, violences sexuelles, dépression, suicide ; en quelques épisodes, 13 Reasons Why est parvenue à toucher des millions d’ados et de jeunes adultes, bouleversés par le sort tragique d’Hannah Baker, personnage principal de la série, avant d’attiser de nombreuses polémiques.

Avertissements

Saluée pour sa plongée sensible et réaliste dans la détresse adolescente, la série co-produite par Selena Gomez a été accusée de rendre le suicide « glamour » et de le montrer « sans filtre » dans la scène finale de la première saison. Certains se sont notamment inquiétés des conséquences néfastes que pouvait avoir le programme sur des jeunes sensibles, témoins de séquences parfois choquantes.

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Juste avant la sortie de la saison 2, les acteurs de la série avaient donc pris la précaution d’avertir leurs fans, leur indiquant qu’elle n’était pas faite pour tout le monde. « Nous espérons que le fait d’aborder les sujets tels que le viol, le harcèlement ou le suicide permette d’ouvrir le dialogue », expliquait l’actrice principale Katherine Langford. « Mais si vous luttez vous-mêmes contre ces problématiques, cette série pourrait ne pas vous convenir », ajoutait Alisha Boe, qui lui donne la réplique.

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13 Reasons Why. © Netflix

Conséquences positives, puis négatives

Alors qu’une étude, réalisée en 2018 par le Centre des médias et du développement humain de l’université Northwestern de Chicago, témoignait des conséquences positives de la série sur les jeunes américains, assurant pour la plupart être « plus à l’aise à l’idée d’aborder ces thématiques sensibles », d’autres chercheurs se sont penchés sur l’impact – à plus long terme – de la série populaire. Et les résultats sont moins réjouissants.

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Des scientifiques de l’université de Vienne (Autriche) et de Wayne State (Michigan) ont étudié les suicides chez les jeunes aux États-Unis pendant les trois mois suivant la sortie de la série. Elle les a comparés aux données équivalentes pour la période allant de début 1999 à fin 2017, explique l’étude récemment publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) Psychiatry. D’après leurs recherches, les suicides auraient augmenté de 13,3% d’avril à juin 2017 chez les 10-19 ans, soit immédiatement après la mise en ligne du programme, la hausse étant beaucoup plus marquée chez les jeunes filles que chez les garçons.

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13 Reasons Why. © Netflix

Études contradictoires

Une première étude, publiée début mai, témoignait déjà d’une hausse des suicides de près de 29% chez les 10-17 ans entre le 1er avril et le 31 décembre 2017. À la différence de celle publiée ce mercredi, cette étude observait que cette surmortalité avait essentiellement touché les garçons. Dans une réaction transmise à l’AFP, Netflix a estimé que les deux études étaient « en contradiction l’une avec l’autre ». « Les experts s’accordent sur le fait qu’il n’y a pas de raison unique au passage à l’acte et que le taux de suicide des adolescents est tragiquement en hausse depuis des années », a écrit un porte-parole de la plateforme.

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De manière générale, le Centre de contrôle des maladies (CDC), agence gouvernementale dont les données ont servi aux deux études, a enregistré, depuis 2007, une hausse continue de la fréquence des décès par suicide. Mais une autre étude parue dans le JAMA Internal Medicine, et datant de juillet 2017, avait constaté un accroissement de 19% des recherches sur le suicide et les modes de passage à l’acte après la diffusion de la série.

 

Avec Belga

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