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Comment les rires enregistrés des séries influencent les spectateurs

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Aussi irritants que le rire de Janice dans Friends. | © NBC

Séries télé

Aussi agaçants soient-ils, les rires enregistrés dans les sitcoms ont leur importance. L’ajout de ces rires en boîte après une blague rend le public plus réceptif à l’humour.

The Big Bang Theory, How I Met Your Mother, Mon Oncle Charlie, That ’70s Show ou encore Friends. Toutes ces séries américaines ont un point commun : l’utilisation de rires enregistrés. Si ces derniers proviennent d’un public bien réel, présent sur le tournage du show et guidé par un chauffeur de salle, ils peuvent rapidement irriter certains spectateurs. Mais ont-ils réellement une utilité ? La réponse est (malheureusement) oui. Des chercheurs de l’Institut des neurosciences cognitives de l’University College de Londres ont démontré que l’ajout de rires enregistrés rendait les blagues plus drôles. On comprend dorénavant pourquoi les mauvais sitcoms en rajoutent.

Pour arriver à une telle conclusion, les scientifiques se sont penchés sur 40 « blagues de papa », les classant de 1 (pas drôle) à 7 (hilarant). Un comédien professionnel a enregistré deux versions de chacune. L’une avec un bref éclat de rire en boîte (ou posé), l’autre avec des rires courts spontanés (ou réels). Deux groupes de participants distincts, des autistes et des neurotypiques (non-autistes), ont ensuite écouté ces deux versions. Résultat : celles et ceux qui l’écoutent avec un rire enregistré contrôlé rient plus à la plaisanterie qu’en l’absence de rire de fond, mais moins qu’avec un rire spontané.

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« Ce que cette étude montre, c’est que l’ajout du rire à une blague augmente la valeur de l’humour, quelle que soit sa drôlerie. Cela suggère également que nous répondons beaucoup mieux au rire sincère spontané plutôt qu’au rire posé ou en boîte », commente son auteure principal et professeure Sophie Scott, repérée par LCI.

La seule différence entre les deux groupes

La seule différence entre les deux groupes était que les autistes donnaient à l’ensemble des 40 blagues une note d’humour encore plus élevée quand les chercheurs ajoutaient des rires enregistrés. Selon les scientifiques, cela est peut-être dû au fait que les adultes neurotypiques sont plus conscients que ces ‘blagues de papa’ sont considérées comme puériles et ringardes, alors que les adultes autistes sont plus ouverts à de telles blagues. « Nos données suggèrent que le rire peut également influencer la perception de l’humour, et que les personnes atteintes d’autisme sont également sensibles à cet effet », ajoute Sophie Scott. « Cela pourrait suggérer que la comédie et les rires sont plus accessibles aux autistes qu’on ne le considère généralement. » 

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