Entre féminisme et problèmes existentiels, « Girls », une série nécessaire

Entre féminisme et problèmes existentiels, « Girls », une série nécessaire

Amies à l'écran comme à la vie, les filles de Girls incarnent à merveille la Génération Y. | © Belga

Séries télé

Ce soir, dans la stupeur causée par l’overdose de chocolats de Pâques, une bande de filles tout sauf sucrées tirera sa révérence. Ces Girls s’appellent Hannah, Jessa, Marnie et Shoshannah et elles auront marqué les écrans pendant 5 ans. Provocante, engagée : pourquoi il faut absolument (re)regarder la série. 

 

Dès leurs débuts sur les petits écrans, les filles de Girls n’auront laissé personne indifférent. Dans un monde de poupées parfaites et de séries aspirationnelles, la cellulite, les situations financières précaires et les problèmes existentiels de ces copines de Brooklyn ont immédiatement suscité admiration fervente et critique virulentes. Le principal reproche : la nudité envahissante de Hannah Horvath alias Lena Dunham, la créatrice de la série, et son approche décomplexée de la vie sexuelle tout sauf photogénique de ses protagonistes. Des critiques dont Lena Dunham aura passé 5 ans à se défendre avec virulence.

Troublante de sincérité

« Nous utilisons toujours les scènes de sexe pour faire évoluer nos personnages. Ce n’est jamais gratuit, a-t-elle ainsi expliqué lors du PaleyFest en 2015On met beaucoup d’efforts et de détermination à faire la série la plus honnête et sincère possible ». Une sincérité qui n’a pas échappé à la Génération Y, qui a vu tous ses espoirs et ses peurs portés à l’écran. Impossible en effet de ne pas s’identifier aux anti-héroïnes de la série, leurs galère pour trouver du boulot, leurs peines de coeur, leurs difficulté à préserver de vieilles amitiés…

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Lena Dunham et ses Girls sont devenues la voix de leur génération – Belga

Révolution de la télévision

Selon le vénérable New York Times, la série n’a pas seulement contribué à donner une voix à la Génération Y, mais aussi à changer profondément l’univers de la télévision. Parmi ses apports révolutionnaires :  une nouvelle représentation du corps des femmes, le lancement d’un débat de fond sur la diversité à la télévision, mais aussi l’ouverture de l’industrie à une nouvelle génération d’auteurs plus jeunes que leurs prédécesseurs. Selon The Pool, si la série a pu devenir un tel phénomène culturel, c’est grâce à « sa capacité à provoquer des discussions et à continuer de le faire 6 ans après son lancement ».

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Temps de crise

Au moment où les Girls tirent leur révérence, leur génération se pose plus de questions que jamais. Un président qui polarise le pays, une crise financière dont la nation semble ne s’être jamais vraiment relevée et un futur plus incertain que jamais : il aurait été intéressant de voir comment la géniale Lena Dunham aurait porté à l’écran ce malaise national. L’artiste étant aussi engagée en scène qu’à la ville, on se console en suivant ses aventures sur Instagram. Bad hair days, conseils littéraires et posts à l’humour délicieusement mordant : c’est la copine virtuelle dont on a toutes besoin dans nos vies. Et un rappel nécessaire que celles qui run the world, ce sont les girls.

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