Paris Match Belgique

« Le Bazar de la Charité », 3 choses à savoir sur la nouvelle série qui cartonne

Le 4 mai 1897 à 4h30 de l'après-midi, à Paris, les flammes réduisent en cendres le Bazar de la Charité

Le 4 mai 1897 à 4h30 de l'après-midi, à Paris, les flammes réduisent en cendres le Bazar de la Charité | © TF1

Séries télé

TF1 a diffusé hier soir les deux premiers épisodes de sa série événement, Le Bazar de la Charité, co-financée par Netflix. Voici trois choses à savoir pour vous aider à mieux comprendre ce drame historique ou, mieux, pour vous donner l’eau à la bouche.

 

 

View this post on Instagram

 

A post shared by TF1 (@tf1) on

Qu’est-ce que le Bazar de la Charité ?

Le 4 mai 1897 à 4h30 de l’après-midi, à Paris, les flammes réduisent en cendres le Bazar de la Charité, qui abrite une vente de bienfaisance. Le feu a pris dans la cabine du cinématographe où la projection du film de Louis Lumière, l’Arrivée d’un train à La Ciotat, fait fureur. On dénombrera 120 victimes, pour la plupart des femmes de la haute société.

Lire aussi > La série The Crown critiquée pour avoir mis en scène un flirt de la reine Elisabeth II

Le Bazar de la Charité avait été fondé en 1885 par des membres de la haute société catholique. Chaque printemps, le Bazar rassemblait un certain nombre d’oeuvres de charité où des aristocrates s’affairaient à offrir aux visiteurs les objets récoltés par le comité. C’était le rendez-vous mondain par excellence. Le site de la revue l’Histoire rapporte les propos de l’Eclair à cette époque-là : « Sous le couvert de la charité, bien des choses étaient permises qu’en tout autre occasion prohibait le code mondain. Moyennant une poignée de louis, la jeune et jolie baronne de Z… laissait ses adorateurs déposer sur sa joue un baiser. “C’est pour mes pauvres”, disait-elle en rougissant de bonheur ». 

Cette année, le Bazar s’organisait sur un vaste terrain vague embelli pour l’occasion d’un décor moyenâgeux. L’attraction ce jour-là ? Un appareil de cinématographe dont on attend un grand succès. Paul Morand, qui assistera à la scène, consacrera à cet événement tragique l’une des plus saisissantes descriptions :

« Avant de comprendre qu’ils allaient être rôtis, avant de chercher une issue, ceux-ci reçurent l’averse de feu sur les épaules. (…) tous les tissus légers comme des vapeurs qui habillaient les corps des femmes, heureuses de s’abandonner à un précoce été, s’allumèrent comme des feux de joie, flambèrent dans l’air tiède, imprégné de parfums exquis et de lotions ambrées. »

La série se concentre sur le destin de trois femmes en particulier. Celui d’Adrienne (Audrey Fleurot), persécutée par un époux violent, d’Alice (Camille Lou), obligée de se marier pour renflouer la famille et de Rose (Julie de Bona), sa femme de chambre en partance pour New York.

 

 

View this post on Instagram

 

A post shared by Camille Lou Fan Compte (@justecamillelou) on

Qu’en ont dit les journaux de l’époque ?

La plupart des grands journaux de l’époque feront de ce fait divers leur Une pendant plusieurs semaines. Il s’agit non seulement de l’incendie le plus meurtrier de Paris mais ce sont des personnes issues de la haute bourgeoisie qui ont péri. “L’incendie de la rue Jean-Goujon”, titre Le Petit Parisien“La catastrophe”, expose sobrement Le Figaro; “La catastrophe du Bazar de la charité”, précise Le Matin.

Lire aussi > Les Diables rouges au générique d’une série documentaire sur Netflix

On relate les détails les plus intimes et les plus atroces. On retrouve dans les journaux de l’époque un sadisme directement lié au goût farouche et passionné pour les thèmes du romantisme de l’époque. La fatalité de la mort et l’amour du sacrilège sont des thèmes chers à l’époque et ils se développent aussi sous la plume complaisante des journalistes. Le Soleil du 6 mai fait la liste des ossements retrouvés : « 2 fragments de crâne, 2 fragments de côte, 1 fragment d’os long, l’apophyse épineuse de vertèbre, 1 fragment de peau et 3 paquets de cheveux.» Le 12, Liberté annonce que « le total des objets divers que le tri a fait découvrir se monte à 427. (…) ce matin, vingt-huit tombereaux à un cheval et trente et un à deux chevaux ont transporté quatre-vingt-dix mètres cubes de cendres, poussière et débris à la décharge publique, porte Brandon à Bagnolet ».

 

 

View this post on Instagram

 

A post shared by Julie de Bona (@juliedebona) on

La scène qui fait tant parler d’elle : les femmes ont-elles vraiment été poussées par les hommes ?

C’est la scène qui a le plus marqué dans la série (qui se veut la plus réaliste possible). Lorsqu’on fait le compte des victimes, 12 jours après l’incendie : 121 personnes ont péri dans les flammes. Sur 116 identifiées, 110 étaient des femmes et 6 seulement des hommes. La rumeur se propage que les hommes présents ce jour-là ont pris la fuite comme des brutes et ont tout mis en oeuvre pour échapper à l’incendie, n’hésitant pas à piétiner et jouer des poings.

La Libre Parole écrit ce jour-là : « C’est maintenant un fait malheureusement avéré que, dans la catastrophe du Bazar de la Charité, les hommes ont eu la plus déplorable attitude. Il n’est pas douteux que quelques-uns se sont, à coups de poing et à coups de canne, frayé un chemin à travers les groupes de femmes affolées. »

L’actrice Julie de Bona, qui joue l’un des personnages principaux dans la série, a expliqué à Femme Actuelle : 

“D’après les survivants, les femmes ont été piétinées par les hommes, qui les ont aussi frappées à coups de cannes. Ça a été ‘Sauve qui peut’, on n’a pas du tout dit ‘Les femmes et les enfants d’abord’ comme dans Titanic. Ils ont paniqué et se sont mal comportés, un comble pour des hommes de la Haute ! D’ailleurs, ce sont les ouvriers qui ont été les plus courageux.”

 

 

Les deux épisodes suivants seront diffusés sur TF1 le lundi 25 novembre prochain.

CIM Internet