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« Tiger King » : si vous deviez voir un seul documentaire Netflix en confinement, ce serait celui-ci

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Si Joe est le personnage le plus rocambolesque de l'aventure, avec sa coupe mulet peroxydée et ses chemises à strass, ses compatriotes n'ont souvent rien à lui envier. | © Tiger King / Netflix.

Séries télé

Cette mini-série « true crime » de 7 épisodes d’environ 45 minutes s’avère aussi repoussante qu’addictive, et c’est maintenant sur Netflix.

 

Tiger King, c’est l’histoire vraie d’une éternelle rivalité entre deux propriétaires de zoo. D’un côté, Joseph Maldonado-Passage alias « Joe l’Exotic », gardien de tigres dans l’Oklahoma. De l’autre, Carole Baskin, la propriétaire de Big Cat Rescue, pseudo-militante du bien-être animal qui se soucie autant de ses gros félins que de la fortune qu’ils pourront lui rapporter.

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Cette rivalité – orchestrée le plus souvent par réseaux sociaux interposés – sert en réalité de toile de fond à une histoire à la fois loufoque et sordide aux enjeux puissants : le trafic d’animaux exotiques aux États-Unis, la misère sociale liée au chômage et à la drogue dans les endroits les plus reculés, le deuxième amendement,…

 

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On y découvre ainsi un casting haut en couleur. Si Joe est le personnage le plus rocambolesque de l’aventure, avec sa coupe mulet peroxydée et ses chemises à strass, ses coéquipiers n’ont souvent rien à lui envier. Repris de justice, jeunes totalement paumés et visionnaires mégalos dangereux se côtoient dans un cirque très loin du rêve américain.

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Dans cette misère sociale, l’incroyable bêtise de Joe inspire autant le mépris que la sympathie, jusqu’à finir par réellement faire peur. On découvre le caractère borderline du personnage jusqu’à douter d’une véritable mise en scène tant c’est gros. Pourtant, les vidéos sont là, réelles et tangibles. Et, bien que surjouée amplement par le narcissisme de Joe, chaque scène est bien réelle, puisque le producteur Rick Kirkham a disséminé des caméras un peu partout dans le zoo dans le but d’enregistrer une télé-réalité sur ce « héros des temps modernes ». Résultat ? Un véritable Strip-tease belge à l’américaine, avec des félins menaçants traités comme de gros ours en peluche en prime.

Bientôt, la folie de Joe le pousse à élaborer les plans les plus sournois pour abattre Carole, son éternelle rivale. De plus en plus obsédé par l’idée de se débarrasser de sa concurrente – alors qu’il gère en même temps sa campagne burlesque pour devenir Gouverneur de l’Oklahoma mais aussi le drame lié au suicide de son mari – Joe commence une lente descente aux enfers. Finalement, on se demande si Joe n’aurait pas été plus heureux dans la chanson… pour laquelle on se surprend honteusement à lui trouver un certain talent.

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