Paris Match Belgique

Itziar Ituño (Lisbonne): « La Casa de Papel permet de lutter contre le pouvoir »

Si la quatrième saison est annoncée pour ce 3 avril sur Netflix, Itziar Ituño assure ne pas savoir si des cinquième et sixième volets sont en cours. | © DR

Séries télé

La quatrième saison de la désormais célèbre série de Netflix débute ce vendredi 3 avril ! L’occasion d’en parler avec la policière devenue complice de la bande du Professor… 

Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. La quatrième saison de La Casa de Papel , qui débute ce 3 avril, est attendue dans le monde entier. Vous êtes devenue une star et le masque de Dalí connaît une popularité sans précédent. Avec le recul, comment analysez-vous ce phénomène ?
Itziar Ituño. Ce masque est simplement devenu un phénomène social, un peu comme le carnaval de Rio de Janeiro. C’est aussi une forme de protestation contre le système. Il a pris un sens politique. Salvador Dalí était un artiste anticonformiste. Il a toujours refusé de se plier aux normes sociales et aux codes de moralité. Le masque à son effigie est donc un parfait exemple de la lutte contre le pouvoir établi prôné dans la série.

Tout cela fait sens, tout comme le fait que dans la série, l’inspectrice Raquel Murillo, l’héroïne que vous incarnez, est tombée amoureuse du Professeur, le cerveau du casse de la banque, avant de faire de sa bande de braqueurs d’étonnants complices.
Si je les considère comme des héros, c’est parce qu’ils se battent contre le système, tout simplement. Je comprends Raquel sur ce point-là.

Cette série a-t-elle changé votre vie ?
Complètement. Je suis actrice depuis longtemps mais, maintenant, c’est vraiment complètement différent. La Casa de Papel est devenue un succès mondial et celui-ci rejaillit sur tout qui y participe. Les gens m’arrêtent dans la rue pour prendre une photo ou parler avec moi. Des fans d’Amérique du Sud traversent même l’Atlantique pour me rencontrer. Sur le plan personnel, je ne suis plus du tout une anonyme. Et professionnellement, je peux aujourd’hui choisir ce que je veux. Je ne suis pas obligée de ne faire que des choses commerciales, je peux aussi aller vers des histoires profondes, qui peuvent nous apprendre des choses. Je ne veux plus me diriger vers des blockbusters, mais plutôt vers des films puissants.

Lire aussi > La Casa de Papel s’offre une première bande annonce explosive pour la partie 4

Vous n’êtes pas seulement une héroïne de La Casa de Papel , mais aussi une chanteuse très demandée. Vous avez d’ailleurs tourné un clip à Bayonne sur les violences sexuelles et racistes.
On ne peut pas parler de carrière dans la chanson, car je chante plus par passion. Je ne me vois pas comme une chanteuse, mais dès que j’ai l’occasion de participer à un projet qui me tient à cœur, je le fais. Quant au clip que vous mentionnez, je suis de très près toutes les mobilisations de femmes. Je les soutiens, c’est pour moi essentiel.

 

La Basque de 45 ans est aussi une chanteuse très appréciée dans son pays. ©Rui M Leal/WENN.com

Vous ne fantasmez pas sur une carrière de chanteuse, comme de nombreux acteurs et actrices ?
Pas vraiment. Le milieu de la chanson est plus dur et compliqué que celui du cinéma. L’industrie de la musique est plus complexe à intégrer que le 7e Art. En Espagne, si vous n’êtes pas déjà connu ou une star de la scène, vous ne pouvez pas faire de la musique de manière sérieuse. J’ai des amis musiciens et ils ne sont pas bien payés. Même quand ils débutent, les acteurs sont mieux payés qu’eux.

Lire aussi > La Casa de papel : trois choses à savoir sur Álvaro Morte, alias le Professeur

L’équipe de « La Casa de Papel » (avec, au centre, Itziar Ituño, alias l’enquêteuse Raquel Murillo devenue la révolutionnaire Lisbonne dans la série, désormais l’un des plus gros succès de ces dernières années en télévision).©DR

Craignez-vous que l’étiquette Casa de Papel  vous colle à la peau toute votre vie ?
Je n’ai pas peur de cela, même s’il arrive que des gens me prennent pour Raquel Murillo et non pour la femme que je suis. Ils pensent même que le Professeur et moi, nous vivons ensemble dans la vraie vie ! (Elle rit) Je vous rassure, ce n’est pas vrai, on n’a pas de relation. Je suis mariée (NDLR : avec Juan Fernández, l’acteur qui incarnait le colonel Alfonso Prieto dans la série), Alvaro Morte (qui incarne le Professeur) aussi. Il a même deux enfants, des jumeaux. Pour moi, Raquel Murillo, qui est devenue Lisbonne depuis qu’elle a rallié la bande du Professeur, c’est juste un personnage. Je suis consciente d’être complètement différente d’elle. A moi de me défaire de cette image.

Alvaro Morte a-t-il les mêmes tics de lunettes du Professeur dans la vraie vie ?
Non, il n’en a pas. C’est cela qui est incroyable avec Alvaro : il a vraiment construit son personnage par ces fameux tics et la manière de se tenir courbé (elle imite sa posture). Sinon, il est tout ce qu’il y a de plus normal, je vous rassure !

Etes-vous négociatrice dans la vraie vie, comme l’est votre personnage dans la série ?
Je suis en effet très diplomate. En général, j’évite les conflits. Mais j’ai aussi un caractère fort. Donc, si vous me cherchez, vous allez me trouver !

La saison 3 de La Casa de Papel avait surpris par ses nouveaux personnages, comme avec l’arrivée de Palerme et Marseille. Mais aussi de la nouvelle inspectrice un peu garce Alicia Sierra, ou encore du footballeur Neymar en guest star. La saison 4 risque-t-elle de faire pareil ?
Je ne peux pas vous dire qui apparaîtra mais oui, il y en aura d’autres. Mais je dois me taire, sinon Netflix me tue ! Je peux juste vous dire que cela va être encore plus spectaculaire qu’avant. La tension ira crescendo, avec plein d’action, de rebondissements inattendus. Les confrontations et les duels entre femmes vont être très importants. Quant à Berlin, déjà présent en flash-back dans la saison 3, il sera cette fois encore présent sans être vraiment là. Il fera une petite apparition, mais je ne me souviens plus sous quelle forme. C’est une série chorale, donc on aura tous notre moment central, une fois de plus. Je suis très satisfaite de cette quatrième saison, vous ne serez pas déçus ! Mon rôle de Lisbonne est plus important et va encore évoluer. J’ai adoré travailler avec les nouveaux acteurs, comme Luka Peros, qui incarne Marseille.

Lire aussi >Helsinki (La Casa de Papel) : « Les vrais méchants habitent Bruxelles »

Y aura-t-il prochainement un nouveau personnage avec le nom d’une ville belge ?
Non, pas pour le moment. Il n’y aura pas de villes belges comme Bruxelles. Je suis désolée.

Vous connaissez la Belgique ?
Pas suffisamment, car après avoir vécu une telle affluence au Carré, je peux vous dire que je l’aime déjà ! Je n’y suis venue qu’une seule fois, à Gand, une très belle ville d’ailleurs. Mais j’y reviendrai volontiers. Ne fût-ce que pour ce que ce pays représente pour moi : frites, bières et gaufres ! (Elle sourit)

 

CIM Internet