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3 bonnes raisons de regarder Dérapages sur Netflix avec Eric Cantona

Fatigué, humilié, harassé de toute part... Alain Delambre (Eric Cantona) va se laisser aller à de la violence non contenue... | © Arte

Séries télé

L’ancien footballeur magique de Manchester United nous emmène dans un drame haletant et plutôt bien ficelé, Dérapages. Immersion dans la vie d’un quinqua qui va basculer et descendre toujours plus bas…

 

Par Laurent Depré

Depuis le début de sa seconde carrière, entamée il y a déjà plus de vingt ans, Eric Cantona nous a habitué au bon, voire très bon, et au moins bon ou disons un peu plus entendu… Il nous revient dans une mini-série de 6 épisodes produite par la chaîne ARTE et réalisée par Ziad Doueiri (Baron noir, L’attentat…). Et c’est pour le meilleur !

Alain Delambre (Eric Cantona) est déprimé et un peu hargneux du sort qui est le sien à cinquante balais bien tassés. Ejecté de son poste de DRH voilà déjà six ans car sa date de péremption était atteinte selon son ancien employeur, il vogue de jobs en jobs. Son appartement sent le moisi et craque de partout mais lui et sa femme n’ont pas les sous pour rénover et s’offrir mieux. « Je me rendais compte que les filles amenaient le vin, le dessert et les entrées… Je guettais le moment où l’une d’elle laisserait un billet sur la commode… »  dit le personnage principal dans l’épisode 1. Fatigué, humilié, harassé de toute part… Il va se laisser aller à de la violence non contenue. Coup de boule à son contremaître et coup de boule à son beau-fils…

La chute s’amorce. D’autant que Delambre reçoit une drôle de proposition d’embauche dans les ressources humaines, son domaine d’expertise. S’il est enrôlé, il devra participer à une fausse prise d’otages pour tester les capacités de résistance des cadres supérieurs d’une gigantesque entreprise française active dans l’aéronautique. Voilà qu’il passe les étapes et se retrouve dans la carré final des candidats retenus…

1. Cantona en super forme

Il incarne par sa présence, son jeu, sa puissance cet homme complètement dépassé dont les actions pour se rattrapper ne servent en réalité qu’à le faire glisser un peu plus loin des siens. Pas mal de spectateurs vont sans doute se retrouver dans ce personnage déboussolé par un licenciement et le manque de perspective au jour le jour. Par cette incapacité à se remettre en selle, meurtri par le regard des autres bien installés dans leur situation professionnelle confortable. La terrible sensation de ne plus faire partie de cette vie. Cantona excelle dans ce rôle sans en rajouter une miette et porte cette histoire de descente en enfer sur ses larges épaules, sans sourciller. Alex Lutz, Gustave Kervern et Alice de Lencquesaing sont également très bien dans leur rôle respectif.

2. Le système qui broie

Dérapages montre aussi un système cynique sans merci, odieux à certain égard. Vous avez d’un côté des hommes et des femmes bons pour la casse dès la barre fatidique des 50 ans dépassée. Mais à qui on demande encore et toujours de rembourser, de payer factures après factures… De l’autre côté, une multinationale qui n’hésite pas à traumatiser ses maillons les plus solides pour ne garder que le top du top. Un CEO qui n’hésite pas à licencier 1 250 personnes au pas de charge pour sauver ses fesses à la tête de l’empire… Et au milieu, une justice qui broie autant qu’elle ne répare. Delambre va ainsi apprendre ce qu’il en coûte de toucher à la hiérarchie d’une société, tout au moins à son symbole.

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3. To the point

On apprécie de plus en plus ce format de mini-série composé de moins de dix épisodes par saison. Cette fulgurance implique un scénario sur le fil qui ne laisse rien dépasser de superflu. Tout comme les acteurs qui n’ont pas besoin de trois épisodes pour commencer à se dévoiler. Plus simple, plus direct, plus lisible !

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