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Vincent Londez (Into the night) : « Cette série Netflix est une grande fierté pour la Belgique »

Vincent Londez a vécu une super expérience de tournage dans Into the night ! Il espère que la saison 2 verra rapidement le jour. | © Netflix

Séries télé

Confiné également comme des millions de personnes, l’acteur français Vincent Londez de la série belge de Netflix Into the night attend avec impatience de pouvoir tourner la seconde saison tout en ne sachant pas quand cela aura lieu…

 

Laurent Depré

Dans le paysage des nouvelles séries sur Netflix, c’est l’engouement autour de Into the night produite par la société belge Entre chien et loup et réalisée par le duo noir-jaune-rouge Inti Calfat et Dirk Verheye. Netflix poursuit ainsi sa volonté d’offrir des productions locales avec des acteurs et des équipes de tournage du cru. Tournée en Bulgarie entre juillet et octobre 2019, achevée en post-production un fifrelin avant le début du confinement et apparue dans le catalogue Netflix début mai, les premiers retours sont bons !

« En tout cas, nous recevons des messages d’encouragements et de remerciements des quatre coins de la planète. On sait que la série à intégrer le top 5 des titres les plus populaires sur Netflix dans beaucoup de pays. C’est incroyable, c’est la première fois qu’un tel phénomène m’arrive en vingt ans de carrière… » explique Vincent Londez joint par téléphone. « En ce qui concerne le possible tournage d’une saison 2, c’est encore le flou. Netflix est très discret sur les chiffres de diffusion et sur sa volonté pour le futur. Je ne sais donc pas vous dire si il y aura une suite et quand nous pourrons la tourner. Mais les voyants sont plutôt au vert ! »

Parismatch.be. Vincent, première question : comment vivez-vous à titre personnel et aussi en tant qu’artiste cette période de confinement ?
Vincent Londez.
« C’est évidemment une période très particulière durant laquelle absolument tout est à l’arrêt. En tant qu’acteur, on a plutôt l’habitude de beaucoup bouger et de voir des choses diverses. Tout cela n’existe plus pour le moment. L’attente est une sensation fort étrange… Il faut la gérer, l’apprendre. J’ai un enfant de deux ans qui structure mes journées. On s’occupe beaucoup de lui. Un moindre mal par rapport à ceux qui sont au front de la maladie, avouons-le. »

Into the night est une série réalisée et produite par des Belges avec un casting européen international, tournée en Bulgarie… Elle est diffusée dans 200 pays. Est-ce une manière de présenter l’Europe au reste du monde ?
« Dans mon esprit, cela a été complètement fabriqué comme cela. L’idée de Jason George (Ndlr: scénariste et showrunner Netflix) de démarrer le projet et la série à Bruxelles est de proposer un véritable ADN européen au public. Je pense que c’était l’envie du créateur de la série, un vrai projet européen avec toute sa dimension multiculturelle. »

Vous avez découvert des acteurs européens que vous ne connaissiez pas auparavant ? 

« Rien que pour les acteurs belges présents dans la série, il y a le flamand Jan Bevoet. Il est vraiment incroyable et impressionnant à regarder travailler. Presque inconnu dans le sud de la Belgique alors qu’il a gagné beaucoup de prix en Flandre. Il a même joué dans plusieurs épisodes des Peaky Blinders ! On partageait la même loge sur le tournage et nous avons noué une très chouette relation. L’acteur Nabil Mallat est également très bien. Tout comme Mehmet Kurtulus qui est allemand d’origine turque et Ksawery Szlenkier qui est Polonais… Ce sont des ponts vers des cultures diverses au travers d’acteurs qu’on ne connaît pas forcément en France ou en Belgique. Ces univers ne se croisent pas du tout. »  

Comment s’est déroulé le tournage, avec une multitude de langues parlées sur le plateau ?
« C’était assez drôle comme situation en fait. La langue principale était l’Anglais suivi du Français et puis, intiment, chacun dans sa langue maternelle. L’équipe technique en Bulgarie imposait l’Anglais comme première langue. Sur le plateau, avec les deux réalisateurs belges flamands, on parlait majoritairement le Français. Cela permettait aux acteurs non francophones de s’exercer et de réaliser la gymnastique de la langue. Et dans les moments de tensions et d’énervement, le casting reparlait dans sa propre langue. C’était une vraie tour de Babel ! »

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Vincent Londez est un acteur français déjà aperçu dans de nombreux films et séries. ©DR

Quels sont les points forts des deux réalisateurs belges, Inti Calfat et Dirk Verheye ?
« Ils ont été très forts dans leur gestion de la machinerie Netflix et des enjeux qui l’entourent. On a pas l’habitude de filmer ce genre de scénario d’action dans un avion en Europe de l’Ouest malgré toute l’expérience cumulée sur le plateau de tournage. Ils étaient sans expérience à ce niveau-là et les réalisateurs ont pris le genre cinématographique à bras-le-corps sans se planter. »

Comparé aux autres personnages de ce huis clos, le vôtre (Horst) semble pour le moment le plus propre, le moins rattrapé par un passé trouble ou douloureux…
« Tout à fait. C’est le problem solver de la bande (rires). Il est là pour trouver des solutions : il répare le wifi, il résout le souci du carburant, il sait comment contourner le fait qu’une barrière soit électrifiée… C’est vraiment le scientifique du groupe. Horst n’est pas le meilleur scientifique de la terre mais c’est le seul survivant sur la planète à priori,donc il fait de son mieux et les autres le suivent. 

« Coup de chance » ce scénario inévitablement confiné de Into the night qui colle à la situation engendrée par la pandémie mondiale ?
« Incroyable coup de chance… Mais n’oublions pas que le huis clos est une technique de fiction qui existe depuis longtemps. Clairement, c’est un totale métaphore de ce qui nous arrive aujourd’hui. C’est assez fou lorsqu’on y pense. » 

Est-ce qu’on peut y voir un crédo anti-populiste avec cette absolue nécessité de passer outre la langue, l’origine, la religion pour sauver le monde…
« Par rapport à la situation actuelle de la pandémie globale, c’est très intéressant comme série. On voit bien que les décisions nationales n’ont que peu de sens vue l’étendue de la maladie sur le monde. Le virus ne connait pas les frontières et il est curcial de travailler ensemble, d’échanger les informations pour le vaincre. Nous sommes interdépendants pour de nombreuses choses. Dans l’avion d’Into the night, tous ces gens n’ont rien en commun mais leur survie dépend de leur capacité de s’entendre et de travailler ensemble. Impossible de survivre seul et obligation d’apprendre à connaître l’autre…. Cela va totalement à l’opposé des replis identitaires que l’on a pu voir  se développer un peu partout en Europe et ailleurs sur la planète ces dernières années. J’ai l’impression qu’en ce temps de crise sanitaire le repli national voire communautaire passe plus mal. Une autre question qui vient e transparence dans Into the night, c’est de savoir comment va-ton vivre désormais ? Va-t-on recréer ce qui existait avant purement et simplement ? Ici aussi cela fait écho à notre situation actuelle… »

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Ce côté tribu qui apparaît à l’écran au fil des épisodes s’est-il aussi développé entre vous durant le tournage ?
« Oui, nous sommes restés en contact très régulièrement les six derniers mois qui ont suivi l’arrêt du tournage. Il n’y a quasiment pas un jour sans un message envoyé sur le groupe WhatsApp que nous avons constitué. Franchement, cela fut un tournage assez fusionnel. Déjà le côté exigu du lieu de tournage à forcément accélérer le processus. Le groupe fonctionne très bien, c’est un grand plaisir de bosser sur Into the night. »

Quels sont vos autres futurs projets ?
« Je fais partie du casting d’une autre série Netflix qui est Arsène Lupin avec Omar Sy dans le rôle principal. Les cinq premiers épisodes sont dans la boîte et on attend de pouvoir tourner la suite. J’y campe un capitaine de police qui voudrait bien mettre la main sur le cambrioleur ! »

 

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