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Twin Peaks saison 3 : Retour aux sommets d’une série culte

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La mère de toutes les séries, celle à qui on doit pas mal de nos fictions télévisées actuelles, revient après 25 années d’absence. Alors, vous reprendrez bien un peu de tarte à la cerise avec une tasse de café ?

 

Le compte à rebours est lancé : dimanche 21 mai seront diffusés les deux premiers épisodes de la tant attendue saison 3 de Twin Peaks. Dans un style quasi lynchien, un voile de mystère enveloppe la suite des investigations de l’agent Dale Cooper, tellement peu de choses ont été dévoilées sur le contenu de cette suite. Ceci dit, quelques informations ont fuité de l’impénétrable binôme que constituent les créateurs de la série, David Lynch et Mark Frost.

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Durant les trois années pendants lesquelles ces deux derniers ont co-écrit le scénario, ils ont envisagé cette suite comme un long métrage de 18 parties. 18 épisodes où l’on retrouvera presque tous les personnages majeurs de Twin Peaks et leurs névroses contemplatives. De l’Agent Dale à Audrey Horne en passant par Andy ou Lucy. Tous sauf Donna, le Shérif Truman, Josie Packard et Catherine Martell.
Qui dit nouvelle saison dit aussi nouvelles têtes, et on peut dire que le petit monde d’Hollywood a fait du forcing pour essayer de se faire une place dans la série-évènement. Ainsi nous pourrons apercevoir dans les contrées brumeuses de Twin Peaks : Monica Belluci, Naomi Watts, Michael Cera, Tim Roth ou encore Laura Derm.

© Showtime

Une bande-son aussi au rendez-vous

Le compositeur américain, Angelo Bandalamenti, raccroche les synthés pour cette nouvelle saison. Une des forces majeures de la série résidait dans sa musique qui arrivait à faire passer des scènes de prime abord désuètes pour de vrais moments de contemplation.
En témoigne la musique du générique ou encore simplement le thème de Laura Palmer, magnifique ode analogique à la mélancolie.

Une saison prophétique ?

Les fans les plus chevronnés voient dans cette troisième saison le spectre d’une prophétie énoncée il y a 25 ans par le fantôme de Laura Palmer à l’agent Dale Cooper dans le final de Twin Peaks en 1991 : « Je vous reverrai dans 25 ans », lui dit-elle, avant de le laisser sur un énigmatique « en attendant…« . Ce dimanche 21 mai, cela fera 25 ans que les doubles rations de café et les tartes à la cerise auront délaissé nos écrans, alors difficile de ne pas croire en cette prophétie.

 

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Pourquoi une série culte ?

Dès les années 90, Twin Peaks est vite apparue comme étant une série culte, mais elle est surtout considérée comme la matrice des séries que nous connaissons actuellement. De Breaking Bad à Desperate Housewives en passant par les Sopranos ou True Blood, la série de David Lynch a redéfini l’art du petit écran, mais comment et pourquoi ?
Le 8 avril 1990 était lancée cette simple question : qui a tué Laura Palmer ? Une question qui inspirera la pop culture comme la série True Detective ou encore le film français Mais qui a tué Pamela Rose ?.

© Showtime

Le tour de force de la série réside dans la lente dissipation de cette première question. À l’époque, c’était une obsession nationale (il se dit que Bush et Gorbatchev étaient fascinés par cette question), le récit est construit pour que ce soit une question tendue chargée d’un mystère qui se dissipe progressivement pour laisser place à une question sous jacente plus triviale, qui s’intalle discrètement et grandit pour devenir la principale interrogation : mais que se passe-t-il à Twin Peaks et qui sont ses habitants ?

Au milieu de nulle part avec des personnages atypiques

David Lynch et Mark Frost ont rompu avec Los Angeles ou New York pour planter leur caméra au milieu de nulle part, dans la ville imaginaire de Twin Peaks. Cette ville est un monde dans le monde, tout le long de l’intrigue, jamais le téléspectateur est entraîné hors de la paisible ville. Cette impression est renforcée par des éléments de réalisation qui magnifient cette impression que la ville évolue dans un autre paradigme.

 

Une ville constituée très exactement de 51 201 habitants. Des habitants qui marquent par leur spécificité. Déjà, l’agent Dale Cooper qui incarne une sorte d’humain idéal pétri de vertu, d’empathie et de talents, sans oublier son goût imodéré pour le café et la tarte aux cerises. Les habitants ne sont pas non plus en reste : la femme se promenant inlassablement avec sa bûche qu’elle croit être son mari, l’ancient agent du FBI Denis, devenu Denise ou encore Nadine, qui porte un cache-œil et est obsédée par la draperie. Les personnages de Twin Peaks, « méchants » compris, avec leur obsessions et traits de caractères éxagerés parviennent à retranscrire une humanité dans ce qu’elle a de plus sincère.

Une série pour redéfinir la série

À terme, les personnages, l’atmosphère flottante qui favorise l’exposition du mystère, la bande son iconique d’Angelo Bandalamenti et le travail de réalisation de David lynch et Mark Frost ont fait que Twin Peaks a permis à la télévision d’être prise au sérieux et d’être artistique à une époque où les œuvres télévisuelles n’étaient que des soaps interchangeables.
Au fond la marque de Lynch et Frost sont sur toutes les séries actuelles. Dès qu’un drama marque une pause un peu trop longue, s’attarde sur un détail étrange, plonge dans le surréalisme, ou montre une scène de violence à la fois choquante et bizarre, les deux comparses sont présents.

Il ne manque plus qu’à ne pas manquer le rendez-vous le 21 mai pour voir si la série s’inscrit dans la continuité.

 

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