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La véritable histoire qui a inspirée la série Netflix « Maid »

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Extrait de la série "Maid". | © Netflix.

Séries

La série américaine Maid, sortie le 1er octobre sur Netflix, rencontre un immense succès auprès des internautes. Mais beaucoup ignorent que le scénario a été inspiré d’une histoire vraie.

D’après un article Paris Match France de Léa Bitton

Maid raconte l’histoire d’une mère célibataire qui se bat pour subvenir aux besoin de sa fille. Alex Russel, interprétée par la brillante Margaret Qualley dans cette série Netflix de dix épisodes, est une femme de 25 ans qui vient de se séparer de son petit ami abusif. Après avoir passé trois mois dans la rue, elle devient femme de ménage pour offrir une meilleure vie à son enfant, Maddy. Le scénario bouleversant a soulevé beaucoup d’interrogations auprès des internautes qui se sont demandés si la série, dévoilée le 1er octobre sur la plateforme de streaming, était inspirée d’une histoire vraie…

… et la réponse est oui. Stephanie Land, aujourd’hui âgée de 43 ans, a raconté dans Maid : hard work, low pay and a mother’s will to survive [Femme de ménage : Travail acharné, bas salaire et volonté de survie d’une mère] sa « success story ». À sa sortie en janvier 2019, le livre devient un best-seller et même le « livre préféré » de Barack Obama. L’ancien président voit dans le récit « un regard implacable sur la fracture sociale aux Etats-Unis ».

Bien que les noms ont été modifiés pour la série, l’intrigue reste la même. Comme Alex Russel, Stephanie Land a commencé à travailler comme femme de ménage pour subvenir à ses besoins et à ceux de son enfant après avoir fui une relation tumultueuse. Luttant pour trouver du travail, l’Américaine a passé 90 jours dans un refuge pour sans-abri avec sa fille, Story, avant de devenir femme de ménage, gagnant parfois moins de 8 euros par heure.

« J’adorerais lire d’autres histoires venant de milieux plus difficiles »

« Parfois je regardais des clients du même âge que moi et j’avais l’impression d’avoir échoué parce que ma maison n’était pas aussi grande que la leur, parce que je n’avais pas assez travaillé. Tout cela découle de l’ « American Dream » : « Si tu travailles dur, tu réussiras dans ce pays ». Ce n’est tout simplement plus vrai. Je ne savais pas qu’il existait des tremplins invisibles : des parents qui paient les frais de scolarité, la maison ou qui gardent les enfants », a déclaré Stephanie Land en janvier 2020 sur la chaîne américaine C-SPAN.

À 32 ans, sa vie est alors bouleversée après avoir décroché une bourse universitaire. Elle obtient le diplôme de ses rêves, arrête les ménages et devient journaliste pigiste. En 2015, elle écrit un article pour Vox : « J’ai nettoyé des maisons pendant 2 ans et ce que j’ai vu m’a fait passer l’envie d’être riche ». Le succès est immense. Une maison d’édition la contacte et publie ses mémoires.

« J’espère que mon histoire en inspirera un million d’autres. J’espère que le livre attirera l’attention du public pour qu’il comprenne la situation. Je suis une femme blanche, d’un milieu privilégié, donc mon histoire en découle. J’adorerais lire d’autres histoires venant de milieux plus difficiles », a poursuivi la quarantenaire qui a rappelé que « 90% des personnes des travailleurs domestiques aux Etats-Unis sont des personnes racisées », selon le Seattle Times.

Stephanie Land est aujourd’hui mariée et travaille sur un nouveau roman intitulé Class, qui devrait sortir en 2022.

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