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Popcorn Match : Pourquoi il faut absolument regarder « The Confession Tapes »

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Passée complètement inaperçue, la nouvelle série de Netflix « The Confession Tapes » pourrait bien être le digne successeur de « Making a Murderer ». Affaires criminelles, fausses confessions et témoignages du présent, tout est réuni pour nous faire pousser des cris d’injustice et nous rendre addictif. 

Netflix ne s’arrête plus. Ces derniers temps, le géant du streaming balance des nouveautés à la pelle : la saison 3 de Narcos sans Pablo Escobar, le petit nouveau Atypical qui dédramatise l’autisme, le très réussi Ozark un peu plus tôt… Difficile alors de s’y retrouver et de savoir quelle série vaut la peine d’être binge-watchée. Perdue dans ce catalogue de plus en plus fourni, The Confession Tapes est définitivement la nouvelle pépite de Netflix.

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Près de deux ans après le succès monstrueux de Making a Murderer, The Confession Tapes se dévoile, comme son prédécesseur, sous forme de série-documentaire relatant non pas une véritable affaire criminelle, mais six. Chaque situation est différente mais le résultat est toujours le même : après plusieurs heures d’interrogatoire, une personne avoue être coupable d’un crime qu’elle n’a pas commis. Et tout cela sous l’objectif d’une caméra. La seule preuve que le juge aura besoin pour les condamner à vie.

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Qu’injustice soit faite

À l’aide d’images d’époque et de témoignages du présent, The Confession Tapes nous emporte sept fois dans 50 minutes d’incertitude et de révolte. Les suspects sont-ils vraiment innocents ? Le doute subsiste, au début, en tout cas. La police présente des hypothèses qui tiennent la route, rapidement démenties pour la simple et bonne raison que chaque situation peut être interprétée d’une manière différente, qu’on la regarde d’un point de vue de défense ou d’accusation.

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Afin de résoudre l’affaire (ou plutôt pour atteindre un certain quota d’affaires résolues), la police cherche à tout prix un coupable, souvent proche des victimes. Quitte à utiliser des moyens manipulateurs et parfois illégaux dans leur pays. Mensonges, promesses de liberté, preuves inexistantes… les méthodes sont multiples mais toutes poussent la personne à passer à l’aveu.

Toute le monde craque

Mais pourquoi un innocent avouerait un crime qu’il n’a pas commis ? Si cela semble insensé, les faux aveux existent bel et bien. Le traumatisme et la fatigue dû à des interrogatoires pouvant durer jusqu’à 10 heures rendent le suspect dans un état second, prêt à tout pour être libéré, même à mentir. Certains investigateurs sont encore plus forts : ils arrivent à convaincre l’innocent qu’il est coupable.

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Les avocats le répètent assez souvent : « ça peut durer deux heures, comme une journée, mais nous avons tous notre point de rupture », ce moment où l’on craque et lâche prise. Les experts en fausses confessions existent et sont du même avis, mais ceux-ci sont souvent interdits lors des procès. Preuve que le système judiciaire a certaines limites.

Les prisonniers sont les narrateurs

En plus des témoignages des avocats, des procureurs, des proches et parfois même d’investigateurs manipulateurs, les faux coupables ont eux aussi leur mot à dire. De la prison où ils purgent une peine à vie ou de leur maison, après avoir été libéré, ils sont les mieux placés pour expliquer comment ils ont été piégés par ces méthodes douteuses et surtout à quel point ils le regrettent. Des interventions à la fois touchantes et révoltantes qui contrastent avec la froideur des affaires.

Loin de la fiction, The Confession Tapes relate la dure et cruelle réalité d’un monde où l’on ne peut plus avoir confiance en la police, ni en soi-même.

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