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Comment le casting de « Sex and the City » s’est transformé en « Mean Girls » (et a tué le projet de film)

Amies à l'écran, mais pas dans la vie | © Belga / EPA/DANIEL DEME

Séries télé

Bien qu’incarnant une amitié indestructible à l’écran, les héroïnes de Sex and the City avaient plus de mal à s’entendre dans la vraie vie. Tensions, cliques, et jalousie : un scénario catastrophe qui a précipité le troisième film de la franchise à sa perte. 

Et pourtant, les liens entre Carrie, Charlotte, Samantha et Miranda étaient on ne peut plus convaincants, incarnant une certaine forme de girl power et inspirant des femmes du monde entier à ne compter que sur elles-mêmes et leurs fidèles « girlfriends ». Après tout, quelle femme a besoin d’un homme quand elle vit déjà une histoire d’amour fulgurante avec la Grosse Pomme ? Car regarder la série, ce n’était pas seulement suivre les aventures des quatre amies mais aussi plonger en immersion dans les rues de New-York, où aujourd’hui encore, des touristes surexcitées se font prendre en photo devant « l’appartement de Carrie ».

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Un engouement resté intact malgré les années et l’arrêt de la série en 2004, notamment grâce au tournage de deux films mettant en scène la vie de Carrie et sa bande maintenant qu’elles sont mariées, mamans, et enfin (presque) devenues grandes. Malgré des critiques parfois sévères à l’encontre des scripts, les films avaient été un succès commercial, et un troisième épisode était attendu sur grand écran. C’était sans compter sur la tension entre ses quatre actrices principales, qui a eu raison du projet.

Comédie dramatique

Car une fois que les caméras s’arrêtaient de tourner, Sarah Jessica Parker (Carrie), Kristin Davis (Charlotte), Cynthia Nixon (Miranda) et Kim Cattrall (Samantha) ne continuaient pas de papoter devant un Cosmopolitan frappé. Que du contraire : selon Paula Froelich, éditrice de longue date de la Page 6, bible new-yorkaise des potins du showbiz, les relations entre les actrices se sont gâtées dès le début de la série. En cause, des égos compliqués à accorder.

Quand la série a commencé en 1998, contrairement aux trois autres, Kim Cattrall était déjà une actrice confirmée avec plusieurs grands rôles à son actif. Dès le début, des tensions se sont formées sur le plateau parce que Kim attirait toute l’attention sur elle. C’est une comédienne-née, et la caméra se dirigeait automatiquement vers elle. Ce qui a vite causé des problèmes, vu que c’est Sarah Jessica Parker qui était supposée être l’héroïne de la série.

De quoi pousser le reste du casting à choisir son camp, en l’occurence, celui de l’héroïne lésée, qui se serait rapidement retrouvée à la tête d’une clique dont Kim Cattrall était rejetée.

Belga / EPA/DANIEL DEME

Ambiance Mean Girls

« Sarah Jessica Parker et Cynthia Nixon se connaissaient depuis l’époque où elles faisaient du théâtre quand elles étaient adolescentes, et elles ont vite formé un groupe soudé avec Kristin Davis, se souvient Paula Froelich. La situation a dégénéré au point que vers la fin du tournage de la série, plus personne ne parlait à Kim, pas même quand elle se faisait maquiller. Elle était complètement isolée, et ça a été une grande source de souffrance pour elle. D’ailleurs, au moment du premier film, elle a hésité à participer au projet tellement elle en avait bavé pendant 6 ans ».

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Belga / EPA/JASON SZENES

Une narrative largement ignorée à l’époque. Pour les médias comme pour le public, Kim Cattrall est en effet indissociable de Samantha, le personnage de grande gueule croqueuse d’hommes qu’elle incarnait dans la série. Et si le tournage des films était retardé, cela ne pouvait être que parce qu’elle jouait la diva et réclamait un salaire plus élevé. Des rumeurs qui ont à nouveau enflé ces derniers jours quand Sarah Jessica Parker a annoncé via un communiqué que le tournage du troisième film n’aurait pas lieu.

On avait ce scénario magnifique, drôle, émouvant, dans lequel les gens pouvaient vraiment se reconnaître. Je suis déçue que le projet soit annulé.

24h après, Kim Cattrall faisait la une de la presse people qui l’accusait une fois de plus de s’être comportée en diva et d’avoir fait des demandes déraisonnables. Sauf que cette fois, l’actrice d’origine britannique ne comptait pas se laisser faire.

Belga / EPA/PETER FOLEY

Carrie c’est fini

Dégainant son clavier, Kim Cattrall a riposté sur Twitter :

Je me suis réveillée ce matin et j’étais au coeur d’une tempête de m***. La seule « demande de diva » que j’ai faite, c’est dire que je ne voulais pas faire de troisième film. Et je l’avais dit clairement dès 2016 déjà…

En effet, ainsi qu’elle l’a confié à Piers Morgan, pour Kim Cattrall, plus question de faire passer sa carrière avant son bonheur. « J’ai 61 ans, et c’est ainsi que je veux passer ces années : en prenant des décisions pour moi. Pas en fonction de ma carrière, mais pour moi. Et c’est incroyablement bon ». N’en déplaise aux fans qui voulaient replonger dans l’univers de Sex and The City : Carrie, c’est fini.

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