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La série « Suburra » séduit l’Italie

La mafia et le Vatican complotent dans Suburra. | © Flickr, Giampaolo Macorig.

Séries télé

La série produite par Netflix a été lancée le 6 octobre. Elle parvient à transcender les clichés inhérents au traitement médiatique de la mafia italienne, mettant la presse de la Botte à ses pieds.

Elle donne son nom un quartier de la Rome antique mal famé où régnaient la crasse et les coups bas, Suburra est la nouvelle série de Netflix. Et pour cause : intrigues à l’ombre du Vatican, règlements de comptes entre fratries opposées et autres pots-de-vin sont au menu. Rien de nouveau sous le soleil ? Si, estiment des médias italiens enthousiastes.

La mafia et le règne du doute

En Italie, le lancement de cette nouvelle production exclusive de Netflix était attendu de pied ferme. La mafia, éternelle rengaine dans la culture populaire italienne, n’est pas exempte de clichés dans son traitement par les films et les séries. Lors de l’avant-première des deux premiers épisodes à la Mostra de Venise, le doute planait alors. « Le choix de se lancer en Italie avec une histoire fondée sur la sainte Trinité Mafia-État-Église est tout sauf audacieux si l’on songe que les principales séries locales des dernières années sont ‘Gomorra’, ‘Commissaire Montalbano’, ‘Romanzo criminale’ et ‘The Young Pope’ [qui toutes traitent de sujets similaires]. L’impression domine que la plateforme de streaming s’aventure sur un terrain déjà amplement labouré, perdant ainsi une occasion […] de donner une nouvelle direction à la production italienne », expliquait-on, inquiet, dans Wired Italie.

« Les acteurs sont excellents »

Mais Suburra semble déjà tirer son épingle du jeu. C’est l’avis unanime des médias locaux, rapportés dans un article de Courrier International.

C’est en tant que récit d’apprentissage et de maturation que la série brille

Le destin croisé de trois malfrats aux profils radicalement opposés (mafia traditionnelle, mafia gitane, fils de flic), réunis pour 10 épisodes, a enthousiasmé les critiques. C’est en tant que récit d’apprentissage et de maturation que la série brille – et ce de façon éclatante”, peut-on lire dans les journaux qui saluent la performance des acteurs. Ils sont « excellents » et les rôles sont « bien écrits ».

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Une Rome hyperréaliste

La technique est aussi célébrée dans les colonnes de la presse italienne, donnant à Rome une image nouvelle et unique en son genre. « La façon dont Rome est filmée est à la fois rare et originale, sans la dimension touristique ou le recours systématique à ces éléments de décors classiques reconnaissables partout dans le monde. La Rome de ‘Suburra’ est au contraire une ville hyperréaliste, dont les plans semblent sortis d’un tableau d’Edward Hopper. Une Rome dont les personnages criminels agissent sans se soucier des traces du passé. Dans certaines séquences, les décors et les arrière-plans sont vides. Rome n’est plus la ville du chaos et de la circulation. Les ambiances glaciales, impersonnelles, font souvent penser au peintre américain”, détaille Il Giornale. Le journal Il Foglio rassure les plus frileux en insistant sur le fait que la série « mérite d’être regardée ».

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