Paris Match Belgique

Quentin Mosimann : « Quel stress à Tomorrowland »

"À Tomorrowland, il y a deux ans. J’avais peur mais j’étais excité en même temps"... Le DJ a déjà fréquenté plusieurs festivals en Belgique; | © Paris Match

I like Belgium

L’ex-membre du jury de The Voice Belgique connaît la Belgique comme sa poche !

 

Un entretien réalisé par  Marc Belmond

Paris Match. Vous travaillez comme DJ dans le monde entier, mais la Belgique semble être votre port d’attache. Pourquoi ?
Mosimann. Parce qu’il y règne une magie inexplicable. Les Belges ont cette qualité d’apprécier la musique et de savoir faire la fête. Sans compter qu’on trouve plusieurs univers musicaux 
différents dans les festivals. C’est particulièrement propre à la Belgique.

à quand remonte ce coup de cœur ?
À la « Star Academy 8 » en 2008 : les Belges m’ont tous soutenu. Et bien évidemment, ensuite, à l’émission « The Voice », diffusée à la RTBF. Je dis d’ailleurs toujours que je suis un franco-suisse avec le cœur belge. Mon dernier single, « Forever », est le fruit d’une collaboration avec le DJ Henri PFR. C’est un peu mon petit frère belge.

Vos plus beaux souvenirs au Plat Pays ?
À Tomorrowland, il y a deux ans. J’avais peur mais j’étais excité en même temps. Je devais me produire vers 17 heures. Et, comme à mon habitude, j’y suis allé un peu en avance. Il n’y avait personne ! Quinze minutes avant le début du show, toujours personne. Et puis, cinq minutes avant d’entrer en scène, j’ai vu venir des foules avec des drapeaux. Des Belges, des Français, des Suisses. En quelques minutes, c’était sold out, si l’on peut dire ! Quel stress…

Lire aussi > Le gouvernement fête le bouclage du budget à Tomorrowland

La vie de DJ fait rêver de nombreux jeunes. Pourtant, vos débuts d’artiste ne manquent pas d’interpeller.
Exact : j’ai commencé ma carrière en assurant des animations dans les maisons de retraite. Ont suivi des cérémonies de mariage et des anniversaires. Juste pour vous dire qu’il ne faut pas faire ce métier pour de mauvaises raisons. Notamment celle qui fait croire à la célébrité garantie !

Aujourd’hui, on vous imagine mal jouant dans des maisons de repos…
Et pourtant, c’était exceptionnel ! J’avais toujours peur quand j’y allais. Peur de jouer trop fort, de faire trop de bruit et de ne pas jouer les bons morceaux. Mais le fait de venir voir ces gens les rendait heureux. Au final, ce n’était que du positif.

Le DJ est en proie à de nombreuses tentations. Sans compter la pression qui finit par tuer, comme pour Avicii, star mondiale qui a choisi de se suicider à 28 ans. Un DJ mène une vie tumultueuse et il brûle la vie par les deux bouts, non ?
L’essentiel est d’éviter les pièges. Tout dépend de vos objectifs. Si vous voulez vous amuser et faire la fête, être DJ est très dangereux. En revanche, si vous travaillez pour la musique et le partage avec l’envie de progresser et d’avancer, vous aurez assez de volonté pour passer à travers les pièges de la nuit. Pour nous, David Guetta est un exemple. C’est quelqu’un de très sain.

Comment arrive-t-on à se protéger ?
Tout est une question d’éducation. Moi, mes parents m’ont construit. Et je suis heureux d’avoir eu des parents comme eux. Par exemple, ma maman ne travaille plus aujourd’hui car elle souffre d’un handicap et, pourtant, elle s’occupe des SDF, des sans-abri ou encore des chiens en fin de vie. Ils viennent à la maison pour terminer leur existence, entourés de plein d’amour. Bref, quand vous avez une mère comme la mienne, vous avez envie d’aider votre prochain, pas de brûler la vie par les deux bouts.

Lire aussi > Christophe Willem : « Maurane est sans hésitation la plus belle voix francophone »

Puisque vous adorez la Belgique, vous avez un plat belge préféré ?
Oui, les boulettes liégeoises. J’aime aussi les gaufres.

Votre péché mignon belge ?
La Kriek framboise.

Votre expression ou mot belge préféré ?
Le « Oui » que les Belges disent « Ouai ».

Qu’aimeriez-vous que votre pays emprunte à la Belgique ?
Votre sens de l’accueil.

Qu’est-ce que vous ne comprenez pas en Belgique ?
La petite guerre entre les Flamands et les Wallons.

CIM Internet