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Boulevard des airs : « Une expression belge préférée ? C’est fieu »

Boulevard des Airs vient de sortir l’album « Je me dis que toi aussi » et entamera une nouvelle tournée qui passera par Bruxelles, le 22 mars, à l’Ancienne Belgique. | © Paris Match

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Après leur tournée « Bruxelles », plusieurs disques d’or, un disque de platine, une nomination aux Victoires de la Musique et des millions de vues sur YouTube, Boulevard des Airs vient de sortir l’album « Je me dis que toi aussi ».

 

Entretien par Marc Belmond

Paris Match. Boulevard des Airs est né voilà plus de dix ans, mais c’est la chanson « Bruxelles » qui, en 2015, vous a propulsés en haut de l’affiche. Difficile de ne pas vous demander ce qui vous lie à la Belgique…
Sylvain. Effectivement. En dehors de ce tube, je garde un souvenir très fort de notre dernier concert. C’était au Brussels Summer Festival, il clôturait deux ans et demi de tournée. C’était beaucoup d’émotions. Cette année-là, nous avons également fêté le Nouvel An en Belgique, même si ce n’était pas très festif : c’était l’année des attentats de Paris. Nous étions extrêmement choqués par ce qui était arrivé. Nous sommes montés sur scène le 20 novembre, sept jours après la tragédie. Nous y pensions encore en permanence, complètement bouleversés.

Et aujourd’hui ?
Que vous dire, sinon qu’on espère ne plus jamais y penser, tout en sachant que cela peut encore arriver ?

Que penser de votre succès tardif ?
Florent. Nous sommes amis depuis qu’on est ados. Nous étions à l’école ensemble, nous avons grandi ensemble. Le succès n’est pas arrivé d’un coup, on a eu le temps de digérer les étapes les unes après les autres. Tout cela a forgé une amitié solide. Aujourd’hui, Boulevard des Airs n’est plus un groupe, c’est une famille. On se côtoie quotidiennement depuis quinze ans.

Les paroles de « Je me dis que toi aussi » touchent au cœur. Et le clip est magnifique.
Florent. D’une certaine façon, le message est universel : on parle d’une déception amoureuse. Mais cela peut être aussi un parent qui voit moins son enfant. Ou encore un grand-parent qui voit moins ses petits-enfants. La chanson évoque l’amour au sens large. La séparation. La distance. Ça parle à tout le monde.

Les jeunes vous adorent. Comment voyez-vous l’avenir de votre génération ?
Difficile de répondre. Nous avons déjà 30 ans. Tout ce que je dirai sera peut-être un peu cliché, mais j’ai peur en constatant l’omniprésence des écrans, des smartphones, des réseaux sociaux. Beaucoup de gens ne vivent qu’avec ça. Dans le métro, même des adultes ont en permanence le nez sur les écrans. Et ce pour consulter la vie des autres ! Je ne comprends pas comment on peut s’enfermer là-dedans. Et en être si dépendant. Mais j’ai confiance en la jeunesse. Elle est devenue complètement dépolitisée. Même nous, au bout d’un moment, on est lassés de voir toujours les mêmes personnages et les mêmes dérives, les promesses et les déceptions. Au bout d’un moment, on doit se poser la vraie question : « Qu’est-ce qu’on peut faire ? » J’espère donc que cette « nouvelle génération » va inventer une « nouvelle société ».

Pour un artiste belge, il est très important de se produire en France. Et pour des artistes français, est-il essentiel de se produire en Belgique ?
Florent. Nous sommes heureux d’y venir. Nous avons toujours été très bien accueillis. Des détails nous lient à ce pays.

Comme un plat belge ?
Sylvain. (Il rit) Peut-être. Moi, c’est le « moules-frites ».

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Un péché mignon belge ?
Sylvain. La bière.
Florent. Le chocolat.

Qu’aimeriez-vous que la France emprunte à la Belgique ?
Sylvain. François Damiens, Stromae… Mais, en même temps, ils sont trop bien chez vous. On n’a pas envie de les piquer.
Florent. Jean-Claude Van Damme ! Il est trop génial.

Qu’est-ce que vous ne comprenez pas en Belgique ?
Sylvain. On comprend tout.
Florent. Nous sommes tolérants !

Votre expression belge préférée ?
Sylvain. « Fieu ! » J’ai un ami belge qui m’appelait toujours « fieu ». Trop marrant.
Florent. Moi, c’est plutôt : « A tantôt ! »

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